26.09.2005

AU PAYS DE GANDHI !!!

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20.09.2005

candy en inde

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18.09.2005

Namaste !!!

Je rentre à peine d'un séjour de trois mois en Inde et ca fait vraiment bizarre.

Je me sens vraiment mal et je n'ai envie que d'une chose, c est d'y retourner tellement c est un endroit merveilleux.

J' ai rencontré des gens adorables qui m'ont vraiment appris sur la culture indienne.
Je suis tombée amoureuse aussi bien du pays que de la population.

Durant ces 3 mois , j ai écrit un journal de route qui fait plus de 70 pages pour raconter toutes mes émotions, mes sensations, tout ce que j ai fait, ce que j ai adoré, ce que j ai détesté...
bref, toute mon expérience en inde est écrite dans mon journal.

J'ai également pris près de 3000 photos

Je suis allee à Dehli, Agra, Jaipur, Pushkar, Udaipur, Kundapur, Hampi, Mysore, Ooty, Munnar, Cochin, Varanasi, Mc Leod Ganj et retour sur Varanasi.

" Pour les albums photos de Varanasi, je tiens à préciser que plusieurs images (animaux + certaines photos concernant la mort, la puja et les crémations) ont été empruntées à Ludovic Mercier, auteur d'un excellent site sur l'Inde du Nord". www.indedunord.free.fr

Si je peux vous conseiller un autre site sur l'Inde qui est vraiment parfait, c'est celui-ci : http://www.ganesh108.net/voyage/voyage.html

India Forever !!!

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Départ pour l'Inde : 3 décembre 2004

Vendredi 3 décembre

Après un réveil très matinal et la valise toujours pas finie, je pars à la gare direction Toulouse.
Me voilà à l’aéroport à 10h30 alors que l’avion ne décolle qu’à 14h45.
Je commence mon livre de Marc Boulet intitulé « Dans la peau d’un intouchable ». Ça a l’air super intéressant.
Vers 13h je fais le check-in et me voilà dans la salle d’embarquement dans laquelle je rencontre un couple de Toulouse qui part également à New Delhi. On discute voyages car ils ont énormément voyagé et leurs aventures m’intéressent énormément.
14h15, notre Jet Canadair 100 arrive. Je prends peur en le voyant car il s’agit d’un petit coucou de 50 places avec des roues minuscules. Durant tout le trajet, je ne suis pas tranquille surtout que je suis sur les ailes. Le trajet se passe toutefois sans secousse.
A Munich, mon Airbus A400.340 est là, prêt au décollage. Le vol se passe à merveille. On nous sert l’apéro, le repas et même le petit déjeuner.

Delhi et Agra : 4 et 5 décembre 2004

Samedi 4 décembre

Arrivée à New Delhi avec 4h30 de décalage horaire et 1 nuit blanche.
Je passe la douane sans problème et rejoins Sarah et Steven qui sont arrivés dans la nuit avec 3 heures de retard. Moi j étais à l’heure…
Puis j’échange mes dollars, première arnaque, je me fais entuber de 20 dollars, soit 15 euros, ça commence bien…

Ensuite, on demande le prix d’un rickshaw pour se rendre à Connaught place. Les tarifs varient alors qu’il s’agit soit disant de "taxi pre-paid". On négocie à 220 roupies (soit 26 francs).
Sur la route, on sympathise avec le chauffeur (chose que l’on n’aurait pas dû faire…). On lui dit que l’on veut acheter des habits et nous conduit directement dans un emporium. On ne se fait pas avoir et on lui dit que ce n’est pas Connaught Place. Encore un qui voulait toucher sa commission…
Nous voilà donc lâchés dans le centre de New Delhi avec tous nos bagages sur le dos et perdus.
Il est 10 heures et le soleil commence à taper fort.
On cherche des boutiques, mais la vie urbaine est complètement différente en Inde. Pas de vraies routes, du bruit partout, des rabatteurs tous les deux pas, j’ai du mal à respirer.
Sarah a faim, on trouve seulement un Mac Do pour se poser un peu. On aurait pu trouver mieux pour le premier jour mais on n’en avait pas la force.
En chemin, on rencontre un indien bien fringué qui nous accoste. On ne lui répond pas car on ne veut pas se faire arnaquer. Il nous dit qu’il ne veut rien nous vendre et nous suit au Mac Do alors qu’il est censé aller bosser.

Là, il commence à parler, parler et on lui fait confiance car il a l’air sincère. Il nous indique une boutique dans laquelle on pourra acheter des tuniques pas trop chères. Bizarre, c’est le même emporium. Peut être a t-on été un peu dur avec le chauffeur de taxi, il était peut-être sincère ? !
Nous voilà donc partis dans un petit rickshaw à 5 personnes et tous nos bagages.
A l’emporium, on nous prend tout de suite en main et on nous montre des tenues. Une tunique me plait bien. Quand je demande le prix, surprise 1800 roupies (195 francs), alors que ça coûte en fait 400 roupies max. C’est seulement à ce moment là que l’on comprend que l’on s’est fait avoir et que le mec va toucher sa commission. Tu parles, ils nous ont vu arriver, nous les occidentaux, les dollars ambulants. On ne peut plus reculer, trop de pression, donc j’accepte de le prendre à la seule condition qu’on me le coupe car il est trop long. No problem…
Ensuite vient le tour de Sarah, tout ce qu’on lui propose est hors de prix, 60 euros pour un bout de tissu.
L’endroit est étouffant, il y a du bruit, de l’encens, j’ai la tête qui tourne, je me sens mal. J’ai envie de vomir.
Pas plutôt dit, je demande un sac à Steven et Sarah et comme ils tardaient à en trouver un, j’ai attrapé un plastique et j’ai commencé à vomir le jus d’orange du matin qui n’était pas passé à cause de la savarine prise à jeun.
Je vomis, vomis, j’en mets partout, je me sens mal, j’ai besoin d’air…
Une demi-heure plus tard, je vais un peu mieux. Je paie ma tunique sans vraiment vérifier si la chemise a été coupée et on s’en va.
Sarah a été plus maligne en vérifiant sa tenue et refusa de payer car les corrections n’avaient pas été apportées. Elle l’a échappé belle… Moi, de toute façon, je n’étais pas en état de négocier quoique ce soit. Quelle bande d’arnaqueurs, le mec a touché sa commission et a gagné sa journée (l’équivalent de 5 ou 6 jours de boulot). On est vraiment stupide car l’on s’est fait avoir alors que l’on était conscient des tactiques des rabatteurs, mais fatigués du voyage, on a rien vu venir.

De là, énervés, on décide de prendre nous même un rickshaw pour la gare. Le jeune a l’air sympa et est étonné qu’on lui donne 70 roupies. Normal, on aurait dû payer que 30…
Nous voilà donc à la gare de Delhi. Il est 13h30.
Notre train en direction d’Agra est annoncé avec 1h30 de retard. On décide d’attendre sur le quai.
Pendant deux heures et demi, on reste là, assis par terre à côté de la misère humaine. Les Indiens nous dévisagent, nous fixent du regard, c’est très déstabilisant.

A chaque arrivée de train, des jeunes munis de grands sacs, ramassent du carton pour les revendre plus tard ; d’autres passent vendre des thalis, des pappadums… non merci c’est tout pourri…

On est les seuls européens sur le quai, on se demande si l’on ne s’est pas trompé, si l’on n’est pas avec les troisièmes classes ici.

Puis notre train arrive, on rejoint le wagon dans lequel on a réservé 3 places, et on s’installe.
Deux indiennes et 1 indien s’assoient près de nous. On est super super fatigué.
Comme je ne peux dormir, je commence à discuter en anglais avec l’Indienne qui s’appelle Chandra Mohini. Je lui montre des photos de France et elle me laisse la prendre en photo ainsi que l’autre indien qui s’appelle Athar Siddiqui.
Le temps passe, on discute, on mange car je ne peux refuser la nourriture que l’on me propose. Ca à l’air clean, donc j’insiste pas.

A travers la fenêtre sans carreau, je prends quelques photos. Dehors, c’est la misère, beaucoup de monde.
Encore 1 heure de trajet, Sarah et Steven dorment toujours. D’autres indiens arrivent et on continue à discuter. Ils me parlent religion…
Peu de temps avant, en leur montrant les photos, j’avais dit aux indiennes que mes parents étaient divorcés puis remariés et que j’étais non pratiquante. Elles m’ont regardé comme un fantôme car en Inde, la religion est la chose la plus importante pour l’être humain.
Nous voilà arrivés à Agra. Tout le monde nous saute dessus pour nous proposer des taxis à des prix exorbitants. On décide de suivre à la trace les deux indiennes jusqu’au taxi pre-paid.
On achète le ticket en se faisant encore fois arnaquer ( 2 fois le prix normal) et on se rend à l’hôtel Tourist Rest House cité dans plusieurs guides. Bien sur, comme l’on n’a pas réservé, tout est complet.
Il nous redirige toutefois vers l’hôtel Safari qui appartient à son cousin. Là bas, la propreté laisse à désirer, mais on est tellement crevé que l’on se couche sans rien dire.
Bilan de cette première journée en Inde : éprouvante et trop d’arnaques. En 1 jour, j’ai dépensé le budget pour 1 semaine. Je me promets d’être plus prudente à compter du lendemain. Mais c’est comme ça pour tout le monde les premiers jours en Inde, surtout à Delhi…

Dimanche 5 décembre

Réveil aux aurores, 5h45 en même temps que l’appel à la prière. On prend un rickshaw et nous voila devant le Taj Mahal à 6h45.
Comme d’hab, les rabatteurs nous sautent dessus pour nous vendre des souvenirs à des prix « spécial touristes ». On arrive à les semer, ouf ! car l’on s’est promis d’être beaucoup plus ferme et moins naïf que la veille.
Nous voilà donc devant les portes du Taj.
Après avoir paye 15 dollars (10 euros) ce qui est excessivement cher en Inde, on passe à la fouille. Pas de nourriture, pas de portable. J’engloutis mon pain au chocolat car depuis la veille je n’ai pratiquement rien mangé, et j’amène mon portable dans un casier.

Ca y est, le Taj Mahal est devant moi, il est 7h passé, la lumière est superbe et surtout il y a peu de monde et c’est calme. On prend des dizaines de photos pour immortaliser l’endroit.

Steven se fait même réprimander car il a filmé au-delà des limites autorisées. Je m’approche du gardien pour tenter de négocier en lui faisant un super sourire et ça passe.

On continue la visite tout en admirant le reflet du taj dans l’eau. C’est superbe.


Puis on s’approche de la mosquée de grès rouge à l’ouest du Taj. C’est super beau. J’adore ces couleurs.

A l’intérieur du Taj dans lequel on rentre pied nu, se trouve le cénotaphe de Shah Jahan, qui est l’homme qui fit construire l’édifice en 1631 pour l’amour de sa deuxième épouse qui décéda en couches. Il a fallu 22 ans et 20 000 personnes pour construire cette impressionnante architecture. Les architectes ont même eu par la suite les mains coupées pour éviter de reproduire à l’identique le monument.

Apres 2 heures et demi de visite, nous voilà de retour près du rickshaw.
Gros problème, … panne de moteur, on est obligé de partir avec lui dans un autre véhicule qui nous laisse un peu plus loin au bord de la route car ses tarifs sont trop élevés.
Nous voilà donc au beau milieu de la rue, entourés de cochons et de vaches fouillant les déchets étalés sur le sol, à la recherche de nourriture. Je ne me sens pas sécurisée. Heureusement que le premier rickshaw ( R ) revient avec un deuxième et nous amène au fort après avoir payé un supplément.

Re belote, à peine sortis du R, tout le monde se jette sur nous. Je suis ferme, ils nous lâchent.
A l’intérieur du fort, qui a été construit par l’empereur Akbar en 1565, différentes pièces et parcs s’entremêlent.
Edifié en tant que structure militaire, il fut transformé en palais sous le règne de Shah Jahan, avant de devenir la prison dorée. Les doubles remparts du fort mesurent 2,5 km de circonférence et 20 mètres de haut. Nous passons un très agréable moment à l’intérieur.
A la sortie, l’étouffement reprend. Laissez-nous en paix !!!.

Après mangé, direction Fatehpur Sicri. On se rend à la gare routière pour prendre un bus local. Sensation étrange, pas de touristes, on demande des renseignements, mais personne ne parle anglais.
Au bout d’un certain temps, je trouve enfin quelqu’un qui m’indique le bus à prendre.
Il est 14h15, nous voilà partis dans un bus qui a fait la guerre vu son état, avec des gens locaux qui ne cessent de me fixer. A chaque mouvement, tout le monde nous regarde avec insistance.
Sur la route, après 30 minutes d’attente près d’une barrière de voies ferrées, le bus repart. Le problème, c’est qu’une longue queue de véhicules en tout genre s’est formée, et l’on a du croiser de gros camions sur un chemin de terre bordé de fosses remplies d’eau. Je serre les fesses et espère la fin du trajet.
Une fois le chemin en terre passé, nous voilà en plein milieu du carrefour complètement bloqués par d’autres véhicules qui essaient de se faufiler alors qu’il n’y a aucune place.
16 heures. On arrive enfin à destination. Cela ne ressemble en rien à une ville, plutôt une décharge habitée. C’est sale, noir, vite partons de la. On nous indique la direction. On part à pieds pour 1 km, ou plutôt 2 au final.
En chemin des gamins nous accostent pour nous demander des « school pens », 1 roupie (ils sont pas chers eux !) et du chocolat. On a rien à leur donner car de l’argent, il en est hors de question.
Pour feinter le prix d’entrée, on décide de grimper sur la colline. Au final, ça a servi à rien car l’on a perdu plus de temps qu’autre chose. Devant la porte d’entrée, il est trop tard. On doit faire demi-tour car notre bus part d’Agra pour Jaipur à 19h30.

On essaie de trouver un taxi pour Agra, rien ou hors de prix. On arrive toutefois à négocier la descente jusqu'à la ville. Plus de bus locaux, trop tard, on nous dit que l’on doit faire signe à tous les bus privés, en espérant qu’il y en ait un en direction d’Agra.
Pas de bus, l’heure tourne, on va louper notre bus pour jaipur.
Puis un bus de luxe arrive, on lui fait signe et il s’arrête. Il ne reste qu’une place, on est 3. No problem, on est en Inde, on embarque.
Je prends le siège de libre, tandis que Steven s’assied devant sur la boite à vitesse et Sarah sur un petit siège rabattable.
Dans le bus, je fais la connaissance de trois italiens qui me conseille d’aller à Pushkar. On va y réfléchir car on pensait passer par Bundi.
On arrive après 1h30 de route. On fait vite un aller retour à l’hôtel pour récupérer nos bagages. Ouf on est à l’heure.

Le bus ne part que dans 10 minutes. On commence à discuter avec le propriétaire de l’hôtel devant lequel stationne le bus gouvernemental que l’on va prendre. Je lui dis que j’ai réservé mon hôtel à Jaipur et comme il les connaît, je lui demande de les appeler pour savoir s’ils pourraient venir nous chercher à 1 heure du matin à la gare routière.
Problème, ils ont mal compris lors de ma réservation et ils nous ont réservé une chambre pour la nuit d’après. Grosse panique, comment va t-on trouver un hôtel à Jaipur à 1 heure du mat avec tous ces arnaqueurs de rickshaws.
Le proprio de l'hôtel à Agra nous dit « no problem », qu’il va trouver une solution et que l’on peut partir tranquille pour Jaipur et que quelqu’un viendra nous chercher. Je lui fais difficilement confiance après toutes nos mésaventures, mais de toute façon, on n’a pas le choix.
En chemin, lors de l’arrêt pipi, on assiste à un mariage indien. Tout le monde nous regarde de façon étrange. Ca ne change pas.

A 1 heure du mat, comme prévu quelqu’un nous attend à la gare routière muni d’une pancarte portant mon nom. Il nous conduit dans un autre hôtel pour la nuit en nous disant que le lendemain on pourra aller à l’hôtel que j’ai réservé.
Surprise, on n’a pas à payer pour le trajet jusqu'à l’hôtel
Pas de chance, la chambre est sur le toit. On grimpe les 4 étages à 1 heure du mat avec nos 3 sacs sur le dos. Dodo bien mérité car ces 2 premiers jours en Inde ont été plus qu’éprouvants.

Jaipur : du 6 au 8 décembre 2004

Lundi 6 décembre

Après une grasse matinée bien méritée, Ali, le rickshaw de la veille, vient nous récupérer à l’hôtel pour nous amener à l’hôtel Pearl Palace.

Là bas, le réceptionniste est super sympa et nous donne de supers tuyaux pour éviter les arnaques.
L’aprèm nous voila partis avec Ali pour la visite de la ville. Il est vraiment super sympa, pas cher et honnête. En plus, il conduit très prudemment, chose non négligeable du tout.
En effet, en Inde, le code de la route n’existe pas, c’est le plus rusé et le plus gros qui passe en premier au détriment des autres véhicules. Des vaches, des chiens, des cochons, des mobylettes, des voitures, des rickshaws, des dromadaires tirant des charrettes, déambulent de nulle part. Il faut avoir le cœur solide. En plus, bonjour la pollution…

On commence la visite par le Palais des vents, c’est tout simple mais super joli.


Puis on se rend au City Palace dans lequel se trouvent un musée d’armes, de textiles et de photographie.

En milieu d’après midi, on décide de monter en haut de la vallée pour visiter Jaigarh Fort surnommé Monkey Fort car il y a des singes partout à l’intérieur de la muraille qui descend jusqu’au Fort d’Amber. C’est impressionnant.

Enfin on se rend encore plus haut à Nahargarh Fort (Tiger Fort) pour admirer le coucher du soleil.
De là, on a une vue magnifique de Jaipur. Cette ville est immense, 3,5 millions d’habitants. Par contre la pollution est belle et bien présente dans le ciel. C’est hallucinant.

Il est 18h30, il est temps de rentrer à l’hôtel après une telle journée.
Mais le pire n’est pas encore arrivé, il faut traverser la ville au milieu de la circulation 3 fois plus intense qu’en début d’après midi. Beaucoup de bruit, de véhicules en tout genre, partout, même dans des endroits où ils ne peuvent pas passer. Bref, l’horreur.
Ouf, on arrive à l’hôtel. Un bon repas sur le toit de l’hôtel. Puis dodo. En pleine nuit, réveil brutal par de violents maux de ventre. Premières diarrhées.

Mardi 7 décembre

Réveil 7h30 car une longue journée nous attend. Ali avec lequel on a bien sympathisé la veille, vient nous chercher.

On s’en va pour Galta Palace au milieu des montagnes. On grimpe à pieds tout au haut de la vallée, à partir de laquelle on jouit d’une vue superbe.
Puis une grosse descente sur 2 kilomètres le long d’une muraille. Nous ne savons pas du tout où nous allons mais on suit le chemin. Mon seul souci, est qu’il va falloir que je remonte cette descente que je suis en train d’effectuer. Ce n’est pas gagné.

Arrivés en bas, waw !!! Un palace au milieu de nulle part entouré de montagnes, digne des scènes d’Indiana Jones. Une merveille pour les yeux.

En plus ce n’est pas touristique du tout, donc on est seul au milieu de locaux qui viennent prendre leur bain au petit matin.

Je m’approche du bassin des femmes et commence à leur sourire.
Elles s’approchent de moi et on commence à dialoguer comme l’on peut. Trois générations d’indienne se trouvent dans le bassin. Elles acceptent que je prenne des photos et en redemandent même lorsque je leur montre les images.
Je fais de supers portraits avec des couleurs vives car elles portent des saris jaunes, oranges, roses. Bref, un mot : magnifique.

Puis, l’heure du départ approche. Le seul fait de monter les marches du palace me coupe le souffle, donc je ne vous raconte pas la montée pour atteindre le sommet. Et dire que ces hindous viennent ici tous les jours pour se laver…

Chemin rentrant, on rencontre des hindous typiques du Rajasthan avec du maquillage partout sur le visage. Je les salue de la tête et ils me rendent le bonjour. Ils s’arrêtent même et tentent de communiquer avec nous. Problème, ils ne parlent pas un mot d’anglais. J’en profite pour faire quelques photos car ils sont sympas et n’attendent pas la pièce en retour.

Toutes les personnes que j’ai rencontrées aujourd’hui étaient merveilleusement gentilles. Les femmes, aux bains, ce sont laissées prendre en photo alors que pour certaines, elles étaient à moitie nues. C’est vraiment étonnant.

Puis on se dirige au Fort d’Amber.
Ali nous laisse en bas et l’on monte à pieds alors que certaines personnes se font promener sur le dos d’un éléphant. Je n’ai pas apprécié le comportement d’un couple de chinois, qui, sur leur éléphant, montrait leur supériorité en jetant des pièces de monnaie aux mendiants qui se trouvaient le long du chemin. Je trouve ça, très mesquin.

Arrivés en haut du Fort, nous sommes très très déçus car il n’y a en fait pas grand chose à voir. Que des labyrinthes de couloirs qui puent et qui sont crades, des cours et des terrasses vides.

En redescendant pour retrouver Ali, on se fait accoster par des mendiants de tout genre dont un homme qui se déplace complètement allongé sur le sol car il ne peut se servir de ses jambes. On va passer peut être pour des goujats mais on continue la route sans même leur adresser un regard. Le problème, c’est qu’en Inde, si l’on commence à donner de l’argent, ça ne s’arrête jamais.

L’après midi, visite d’un cénotaphe qui est magnifique (beaucoup plus beau que le fort d’Amber), bien que non cité dans les différents guides.

Le soir, sur la terrasse de l’hôtel, on rencontre des canadiens avec lesquels on échange des points de vue sur l’Inde et des petits tuyaux. Discussion super sympa.
Bilan de la journée : génial.

Mercredi 8 décembre

Apres un réveil matinal (comme d’hab), on se rend au centre dans les bazars pour faire un peu de shopping.
La ville est calme à cette heure ci, ça permet de nous promener sans subir la pression des marchands. On traverse tant bien que mal les rues principales en évitant vaches, autos, rickshaws, dromadaires et mobylettes. Il faut être concentre à 300% si l’on ne veut pas se faire renverser.

Dans les rues, on assiste à la véritable vie indienne : des gens qui dorment dans les rues, d’autres qui font leur besoin à la vue de tout le monde, et ceux qui se font raser sur le bord d’une route, assis sur une chaise en tenant un miroir.

On se croirait revenu au moyen age avec ces bœufs qui tirent des charrettes remplies de sacs.

Une chose me titille depuis plusieurs jours car je sais que l’homosexualité masculine est illégale en Inde pouvant entraîner l’emprisonnement à vie, mais je vois tous les jours des hommes se promener main dans la main, bras dessus dessous. Je trouve ça très étrange, mais j’apprends qu’il s’agit d’un signe d’amitié profonde. Ok, pourquoi pas…

Il est 13 heures, on doit partir pour Pushkar. Je quitte avec mélancolie la ville rose de Jaipur et ses milles facettes. Même l’hôtel à 350 roupies était super avec eau chaude, TV et un réceptionniste super sympa.

La gare routière de Jaipur n’a rien de comparable avec celle d’Agra qui était un véritable poulailler dans tous les sens du terme (poules, cochons, vaches, ordures…).

Dans le bus pour Pushkar, que des touristes. C’est bien la première fois que ça arrive.
Le trajet se passe à peu près bien sauf que le conducteur roule comme un fou avec la main appuyée constamment sur le klaxon comme partout en inde, où l’on peut lire sur les rickshaws « don t be shy, Horn » « ne soit pas timide, klaxonne » pour montrer que tu es la.
A un moment donné, il y a même un touriste qui s’est levé pour dire au chauffeur de conduire plus prudemment. Ce dernier lui a répondu de rester sur son siège et de la fermer quoi.
Le bus est un express, et il porte bien son nom.

Durant le trajet, on traverse des villages qui ressemblent plutôt à des bidonvilles qu’à des villages. Puis plus loin, j’aperçois des femmes qui participent activement à la construction d’une route nationale. Elles portent sur leur tête, d’énormes paniers remplis de pierres. Ce sont elles qui piochent, tandis que les hommes construisent la route…

Enfin, 1 heure plus tard, on entend un énorme bruit suivi d’un cri. Le bus ne s’arrête même pas. Steven se demande si l’on n’a pas écrasé quelqu’un… de toute façon, en Inde, la police est tellement brutale et corrompue qu’il vaut mieux faire un délit de fuite que de se rendre.

Vers 17 heures, on arrive sains et sauf à Pushkar.
A la gare routière (ou plutôt ce qu’ils appellent gare routière), des rickshaws attendent les touristes comme d’habitude. Ca ne change pas des autres villes sauf que ceux la ne sont pas a moteur vu qu’ils sont interdits dans le centre de la ville du fait de la proximité du lac sacré.

On décide de partir à pieds à l’hôtel qui ne se trouve qu’à 2 minutes dans une étroite ruelle.
Hôtel White House paraît sympa à première vue. On est chambre 305. On monte avec nos 3 sacs sur le dos les 2 étages dotés de marches supers abruptes. Ouf, on est enfin dans la chambre.
Puis on va faire un tour dans le bazar. Tout le monde est super relax, personne ne nous accoste, c’est un vrai plaisir. On peut marcher des centaines de mètres sans que quelqu’un se retourne sur notre passage. Ca change…

On se croirait retourné dans les années 60, Baba Cool. Des friperies, tous les 10 mètres.
En rentrant à l’hôtel, on tombe sur un mariage hindou. Le marié est sur un cheval blanc, accompagné par un cortège de parents, de musiciens et de porteurs de lampes ornées. Il se dirige vers la maison de sa future épouse (qu’il n’a peut être jamais vu) dans laquelle se déroule la cérémonie.
La nuit, l’hôtel est super bruyant et les lits du béton.

Pushkar : 9 décembre 2004

Jeudi 9 décembre

Le matin, du balcon, j’assiste à ma droite à la livraison quotidienne du lait dans les ruelles. Chaque famille arrive avec son écuelle.
A ma gauche, sur les toits des maisons, les enfants font la prière avant de partir pour l’école.
Dans les rues de Pushkar, comme la veille, personne ne nous accoste, sauf peut être Steven à qui l’on propose tous les 10 mètres de l’herbe.
C’est super marrant car il est écrit partout que Pushkar est une ville sainte, qu il est interdit de boire de l’alcool, de fumer, de porter du cuir et des chaussures à moins de 10 mètres du lac… Et moi, toute la journée, je vois des gens fumaient de l’herbe en écoutant du Bob Marley. C’est super contradictoire, mais bon, on est en Inde…
La ville est calme, il fait chaud, tous nos sens sont en éveil, surtout l’odorat : encens, nourriture frite le long de la route dans de petites bicoques…

On se pose un peu au bord du lac sacré, d’où l’on contemple les hindous qui viennent se laver.
Bref, Pushkar est une ville baba cool et très reposante. Pas grand chose à voir hormis 3 ou 4 temples, mais ca fait du bien de se poser un peu après ces premiers jours forts en émotion.
Vers 18 heures, on est de retour a l’hôtel car l’on a réservé par le biais de l'hôtel 2 places de bus pour Udaipur.
En fait, on aurait du s’arrêter à l’aller à Ajmer pour acheter nos tickets sur place, mais comme on ne le savait pas, et que l’hôtel était en relation avec une compagnie de bus privé, on décide de leur faire confiance et on achète nos tickets pour 150 roupies. Départ prévu à 19h, dans un bus direct et confortable. On fait confiance, de toute façon, on n’a pas le choix…

A 19 heures pile, un taxi vient nous chercher gratos à l’hôtel et nous amene au lieu de rendez-vous. On nous met dans un bus en direction de Delhi en nous disant de changer à Ajmer. Les ennuis commencent. Le bus pour Delhi dans lequel les gens vont passer 12 heures est pourri, les pauvres… puis comment savoir à Ajmer quel bus prendre… on nous dit « NO PROBLEM » expression populaire en inde. Si « problem » car arrivés à Ajmer, on ne s’arrête pas à la gare routière mais au bord d’une route. On nous dit de descendre là et d’attendre. C’est pollué, sale, y a rien à manger, je meurs de faim.

J’essaie de me renseigner et j’apprends que l’on va devoir prendre un rickshaw pour rejoindre un autre bus de l’autre côté de la ville. Ca commence à paraître plus que suspect.
Après avoir traversé la ville de nuit, sans aucune lumière, respiré la pollution habituelle de l’inde, on nous décharge comme de vulgaires paquets au bord d’un chemin de terre, en nous réclamant le prix de la course. Je tente de négocier car il était prévu au départ que l’on ne paierait aucun supplément. Plusieurs personnes commencent à nous entourer et Steven préfère payer la somme dérisoire pour éviter tous ennuis.

Nous voilà donc en pleine nuit, sans éclairage au bord d’une route, entourés de toutes sortes d’indiens assez étranges. A notre gauche, un mec tombe raide par terre. Il ne bouge plus. Je pense qu il est mort… mais en fait, il comatte. Des gens tentent de le réveiller. Ca fait flipper, mais bon, tant qu’ils s’occupent de lui, ils nous laissent en paix. L’ambiance devient de plus en plus lourde et noire… On ne sait pas ce qui va nous arriver car l’on doit attendre ici jusqu'à 21h45. Il est 20h10. Heureusement qu’il s’agissait d’un bus direct avec un départ prévu à 19 heures…

Je sens Steven qui commence à angoisser grave. Il ne dit rien mais il est super anxieux. Il me propose de faire demi-tour et de repartir à la gare d’Ajmer pour attendre un autre bus. Je lui réponds que ça ne sert à rien car il est trop tard.

Lorsqu’un premier bus s’arrête, tout pourri, déglingué, je demande s’il s’agit de notre bus, en espérant que non car l’on doit y passer 8 heures. On me répond que c’est celui d’après, mais qu’il s’agit du même type de bus. Bus local et non privé. On s’est bien fait avoir…

A 21heures, notre bus arrive. Le cauchemar ! Il tient à peine debout et à l’intérieur lorsque je marche, j’entends des craquements comme s’il allait se couper en deux. Steven est de moins en moins rassuré. Moi ça va, tranquille, je reste zen et je continue comme si de rien n’était la lecture de mon bouquin. De toute façon, si je commence à flipper, c’est fini.

Derrière notre car tout pourri, 2 supers bus luxueux en direction d’Udaipur. Je tente de négocier une place, mais l’on me renvoie dans le premier bus. J’en ai ras le bol de me faire arnaquer. On nous prend vraiment pour des cons.

22 heures 10. Après avoir chargé des kilos et des kilos de matos sur le toit du bus et dans le coffre où se trouvent nos sacs non attachés, on prend enfin la route. Nous sommes les deux seuls blancs. Ca pète, ça rote, ça crache sans gêne. Ca promet…

A peine partis, gros courant d’air. Et merde, les fenêtres ne ferment pas !!! Vive l’angine et l’otite!
Le voyage se déroule assez mal car il fait super froid et le conducteur fait une course de rallye, la main sur le klaxon pour avertir de sa présence. C’est affolant. Ni Steven, ni moi, n’osons parle. Il me tarde vraiment 6 heures du mat, que l’on arrive à Udaipur entier. C’est super dangereux de voyager en bus en Inde, surtout dans des bus locaux, la nuit…

Une autre pensée me hante toute la nuit. Est-ce que nos sacs seront toujours dans le coffre en arrivant ? Je me pose la question car l’on a fait plusieurs stops et des hommes ont déchargé les paquets qui se trouvaient dans le coffre et sur le toit. J’ai bien essayé une fois de descendre pour vérifier, mais le chauffeur a été plus rapide que moi et commença à partir alors que j’étais encore dehors. J’ai du rattraper le bus en courant à 3 heures du matin, complètement sonnée. Il en avait rien à faire de moi, le mec…

A 4 heures 30 heures avec beaucoup d’avance (tu m’étonnes, à l’allure à laquelle il a conduit !), on arrive sains et saufs à destination et l’on mérite une bonne nuit de sommeil.

Udaipur : 10 décembre 2004

Vendredi 10 décembre

A 9h30, après 5 heures de sommeil, on se lève pour attaquer la visite d’Udaipur. On est assez reposé car la Jheel Guesthouse est un petit hôtel bien tranquille malgré son emplacement au centre ville.

La visite d’Udaipur, la ville blanche débute par le City Palace.
On s’y rend à pieds car la ville est paisible et les gens très sympas.
Le palais est un incroyable édifice de marbre et de granit d’une longueur de 250 m et d’une hauteur de 30 m, construit en 1559 puis agrandi avec une très grande cohérence par les différents maharadjahs qui s’y sont succédés jusqu'à la fin du xix siècle.

A l’intérieur, toutes les pièces sont super belles, il y a de la couleur partout, des tableaux representant les maharadjahs, des tuniques de toutes les couleurs…

Du balcon, l’on peut apercevoir le Lac Palace Hotel tres impressionant malgré l’aridité du lac qui l’entoure en ce moment.
Cet hôtel est un palace qui a été édifié au 18e siècle par un maharadjah pour y recevoir ses hotes de marque. Ils avaient de la chance les potes du maharadjah à cette époque … !
Si ça intéresse quelqu’un, une nuit dans cet hôtel coûte actuellement entre 230 et 600 dollars, soit 20250 roupies en moyenne alors qu’une chambre normale dans un hôtel coûte environ 350 roupies.

Ensuite, on redescend la rue pour visiter le temple de Jagdish, monument vishnouiste du 17 e siècle. Il est sculpté de toutes parts de figures divines, de danseurs et de frises variées.
Après avoir mangé mon premier chicken Korma et nan en Inde (qui au passage est beaucoup moins bon que celui du Kathmandou palace à Truro en Angleterre), nous faisons une ballade le long des Ghats et du Palace Hotel.
La promenade est sympa, mais la presence d’eau autour de l’hotel lui aurait donné beaucoup plus de caractère. Malheureusemant, la mousson n’a pas été assez forte cette année.

A 17 heures, après avoir visité le Bagore Kihaveli Museum dans lequel ne se trouve aucune explication sur les costumes, bijoux, et peintures, on assiste dans un cadre de rêve à un spectacle de danses du Rajasthan. C’est super sympa. Très beau spectacle.

Le soir, on passe la soiree avec des Suisses Stéphane et Stéphanie rencontrés le matin au palace, Pierre, un belge qui fait le tour de l’Inde seul sur son vélo, et Guillaume un autre francais.
A 23 heures, on traverse la ville de nuit sans aucun problème pour rejoindre notre hôtel.

Kumbhalgarh et Ranakpur : 11 décembre 2004

Samedi 11 décembre

Départ pour la journee avec les Suisses pour Kumbhalgarh et Ranakpur.
En chemin, comme l’on a loué un taxi pour la journée, on traverse des petits villages où l’on peut apprécier la vie rurale.

Les villageois sont beaucoup plus sales que dans les villes mais la vie y est beaucoup plus sereine.
Des enfants courent partout vêtus de leurs habits d’école bleu. Ils nous font coucou et ont l’air content de nous rencontrer.

Les paysages sont magnifiques. Du vert, du marron, c’est super beau.
Au milieu de ces couleurs, des femmes vêtues de saris rouges, jaunes, oranges, roses… c’est un plaisir pour les yeux.

Puis on arrive au fort de Kumbhalgarh qui possède la deuxième plus grande muraille au monde après celle de Chine (36 km). Ce fort est le deuxième plus grand ouvrage militaire du Rajasthan, perdu sur les monts Arawelli.
La forteresse se distingue par son appareillage de pierres originales et surtout par ses bestions et tours de forme semi circulaire et curieusement ventrue.

A l’intérieur se trouve un petit village d’agriculteur au milieu de jolis temples.

Puis départ pour Ranakpur.
Approche superbe dans un paysage montagneux aride, par une étroite route traversant de vieux villages et livrant de pittoresques scènes de la vie rurale.
On passe au milieu de terres cultivées qui bordent une rivière, et l’on profite de la vision des travaux des champs : semailles, irrigation…

On s’arrête au bord de la route pour regarder les bœufs faire tourner des norias qui remontent l’eau en surface pour l’irrigation. Ces roues sont incroyablement bricolées avec des pots de fer qui récoltent l’eau.
Ici on cultive essentiellement de la canne à sucre, céréales et pas mal de riz.

La modestie des villages, la beauté des paysans avec leurs turbans, la grâce des paysannes avec leurs incroyables bijoux (surtout au nez), les groupes d‘enfants en costume qui vont à l’école ou qui en reviennent ; tout ca, fait que l’on se sent bien.

Puis on arrive à Ranakpur, ce site tout blanc est très célèbre pour ses beaux monuments dont le temple d’Adinath.
Il s’agit du plus important temple jain d’Inde, construit au 15e siecle sur près de 50 ans.

Moi tranquille, j’arrive en robe. On m’interdit l’entrée. Je suis donc obligée de louer une djellaba pour cacher mes mollets. Je ressemble vraiment à un fantôme.
Comme d’hab, on enlève les chaussures (chaque fois que l’on rentre dans un temple ou une maison) et on marche pieds nus sur le sol froid. Je pense que je vais être malade d’ici quelques jours…

L’intérieur est époustouflant par son raffinement et sa richesse décorative.
Avec près de 1500 m2 et environ 33 m de hauteur, il est dedié au premier Terthankara Shri Adinath.
Il y a des centaines de pilliers ciselés de dômes, de chapiteaux dont aucun ne reproduit les mêmes motifs. Il y en a exactement 1444.
Le jainisme est une religion très peu pratiquée, mais très intéressante. Non violents, les jains refusent les armes et ne mangent aucun animal. Ils sont respectés de tous les autres indiens et n’ont donc jamais été persécutés.
Le jainisme est une religion dont le développement est dû à une réaction contre les sacrifices d’animaux.
Les jains croient dans la division de l’univers en cycle où alternent progrès et déclin. Ils recherchent la libération de l’âme en la détachant de son karma.

Il existe cinq règles majeures : ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger… de nuit (on pourrait avaler un insecte sans le voir).
C’est pour respecter au pieds de la lettre ces règles, qu’il y a souvent dans les temples, des jains portant une étoffe devant la bouche pour éviter d’avaler une quelconque bestiole en respirant.
De même, ils balaient les temples en permanence pour n’assassiner aucune fourmi ou bébête. Enfin, pour la même raison, des moines marchent souvent le long des routes : ils ne prennent jamais le bus puisque les véhicules tuent les insectes…
Ils sont vêtus de blanc, sont évidemment strictement végétarien et se veulent d’une extrême tolérance.

Kundapur : du 12 au 25 décembre 2004

Dimanche 12 décembre

Réveil à 5h30 car mon taxi m’attend pour aller à l’aéroport.
Là bas, je fais mon check-in et le stress commence à me prendre comme chaque fois.
Comment va être mon avion ? Vais-je arriver entière à Mumbai ? Peut-être aurais je dû prendre un bus ? Trop tard, je suis dans la salle d’embarquement.

Mon avion arrive, boeing 739-700 quasi neuf.
Après avoir été fouillée pour la quatrième fois, je monte dans l’avion l’estomac en vrac. Le vol se passe à merveille mais je ne peux rien avaler tellement j’angoisse.

A peine arrivée à Mumbai, je dois à nouveau procéder à tous les contrôles, puis 1h30 plus tard je remonte dans l’avion pour Mangalore, toujours aussi stressée.

A 13 heures pile, j’atteris sans aucun retard à Mangalore.
Bon, maintenant je dois aller à Kundapur.
Je me renseigne sur les prix d’un taxi. 1500 roupies, non merci, j’irai en bus.
Une hotesse de Jet Airways me conseille de sortir de l’aéroport et d’attendre le bus local.

Il fait chaud, très très chaud, je suis en pantalon et t-shirt manches longues.
A l’arret de bus, des villageoises indiennes viennent me voir car je les intrigue. On échange des sourires, pas de pression, il fait chaud, je suis bien…

Je remarque que la couleur de peau des gens dans le sud est beaucoup plus foncée.
Puis d’autres personnes arrivent. Je me renseigne sur le bus à prendre. Il s’agit du 43 B.
14h00, le bus arrive, tous les villageois m’aident à monter mes bagages dans le bus. Ils sont supers contents de pouvoir me donner un coup de main.

Dans le bus, tout le monde me regarde, je leur souris. Je suis heureuse.
Je traverse des villages, aperçois la première église catholique, un vieux papy qui traverse la route, des palmiers partout, une vue sur la mer bleu turquoise…

On s’arrête dans tous les petits bourgs pour prendre des villageois, c’est un plaisir pour les yeux car il y a des couleurs partout : rouge, bleu, rose, jaune.
On ne cesse de me regarder, mais ce n’est pas agressif du tout.
Des femmes musulmanes, vêtues de noir de la tête aux pieds montent dans le bus. Les pauvres, il fait si chaud. J’hallucine, elles me font me lever pour prendre ma place. Je me retrouve donc tout devant aux premières loges, près du chauffeur.

Les cheveux dans le vent, pas de pollution, je revis après ces 10 jours au Rajasthan.
Bon, la conduite est toujours aussi dangereuse mais les paysages avoisinants sont si beaux que j’en oublie la conduite, même si plusieurs fois je me suis vue dans le fossé.

Comme dans le nord, le klaxon est de rigueur, mais bon c’est beaucoup moins stressant.
A côté de moi, un indien met la main sur la cuisse d’un autre mec. Pas d’affolement, c’est seulement un signe d’amitié…

Encore et toujours des couleurs vives au milieu d’un paysage paradisiaque, c’est magnifique. Je passe sur un pont traversant une rivière entourée de palmiers, c’est splendide. Impression de réelles vacances…
Pas de frustration, de pression, même les vaches sont différentes ici. Je les trouve plus belles que dans le nord.

Le temps semble s’être arrêté. Deux mondes s’opposent entre le Nord très pollué et sale et le Sud paradisiaque. Deux univers complètement différents.

Attention, on est 3 bus sur 2 voies, je serre les fesses. C’est bon, c’est passé.
Après 1h de bus local, j’arrive à Mangalore d’où je prends un autre bus pour Kundapur.
Encore 3 heures de route.

A 18 heures, j’atteints enfin ma destination. Il fait nuit. Il n’y a pas un touriste. Je meurs de faim car depuis la veille je n’ai rien mangé.

Je vais à l’hôtel Sharon et je me couche après avoir avalé en 30 secondes mon repas.

Lundi 13 décembre

A 10 heures, Joy, le responsable du camp vient nous chercher à l’hotel.
Nous sommes 6 volontaires pour ce chantier et 2 autres sont là, à long terme. Il y a Laure, Française ; Lizzie, Américaine ; Sanjuro, Américain ; Geena, Américaine et Héléna , Italienne.
La maison où l’on va habiter est superbe, on a un petit balcon, une kitchinette, 1 salle de bain avec eau froide seulement et 1 chambre avec 4 lits, ce qui veut dire que l’on est 3 à dormir par terre, mais ce n’est pas grave.

Le meeting est à 13 heures, j’en profite pour aller me ballader dans le quartier près du lac. La vue y est grandiose, un petit lac bordé de palmiers avec des petites barques.
Des villageois s’approchent de moi.

A 12h30, le repas arrive. C’est l’hôtel Sharon qui nous livre les repas 3 fois par jour. Les volontaires mettent les assiettes, mais pas de couverts…C’est le premier jour… je ne vais pas tenter le diable en mangeant avec les doigts comme les autres. Je vais chercher une cuillère. On me regarde bizarre, mais tant pis.

14 heures, meeting. On se présente chacun son tour et on parle de nos hobbies.
Ils nous expliquent le fonctionnement de l’asso et s’excusent des changements intervenus. FSL (Field Service and Intercultural Learning) a été fondé en 2001.

Mon chantier regroupe deux projets. Le premier à but environnemental consiste en la conservation des tortues de mer en voies de disparition sur les plages du Karnathaka. Puis le second est un travail de soutien dans les écoles, notamment dans des écoles pour enfants handicapés.

A la fin du meeting, on va faire un tour en ville tous ensemble et on mange une glace.
Je m’étais promis de faire attention aux aliments que j’allais manger en Inde, mais bon, ca serait dommage de se priver de bonnes choses en apparence. Tant pis, si j’attrape la tourista…
Ensuite on fait les boutiques et on achète du tissu pour se faire tailler des punjabis sur mesure.

Vers 22h30, Joy et Praveen, les deux leaders nous organisent une soirée d’acceuil. Ils nous mettent du termeric and du kumkum sur le front et nous offrent un collier de fleurs. Ca sent super bon. On termine la soirée en chantant la chanson du camp.

Bilan de cette première journée : je pense que je vais vraiment me plaire ici. Un cadre de vie de rêve et des gens supers sympas.

Mardi 14 décembre

Apres un petit déjeuner succulent que j’ai mangé avec les doigts car j’ai décidé de me mettre à la culture indienne, on part en bus local sur la plage de Maravante beach.
Les paysages sont supers beaux, c’est vraiment paradisiaque.

On fait la connaissance du fisherman qui va nous donner un coup de main volontaire sur le projet des tortues. Il s’appelle Dashi Ventakarvi, il a 72 ans et est vraiment adorable. Il dort même près de l’enclos la nuit pour surveiller les tortues et éviter que les gens ne volent les œufs ou ne les mangent. C’est un homme d’une très grande générosité, il travaille dur pour nous.
Son petit fils, Satisha, a 8 ans et souffre de problème cardiaque car son cœur est trop gros par rapport à son petit corps. Il a besoin d’une opération, mais sa famille n’a pas assez d’argent.

Sur la plage, le programme du jour est la destruction de l’enclos que le camp précédent a construit car il est trop haut et prive les œufs du soleil ; et la reconstruction d’un autre.
On se met de suite au boulot, mais il fait chaud, très très chaud.
On décide de se mettre à l’ombre des cocotiers car l’on va tomber raides comme des cartes à cause du soleil.

On commence par trancher au coupe-coupe les bambous pour construire un enclos plus petit. C’est super dur, on attrape tous des ampoules. En plus, il fait de plus en plus chaud…
Avant le repas de midi, on se jette dans l’eau turquoise. Elle est super chaude. Ca fait trop du bien de se baigner.

Par contre, les filles, nous sommes obligées de nous baigner toutes habillées, religion oblige. Moi, ca ne me dérange pas du tout, bien au contraire…

Puis nous allons dans un petit boui-boui pour manger. Au menu poisson fris et riz. On mange avec les doigts car de toute facon, il n’y a pas de couvert. C’est super bon.

Après mangé, petite sieste bien méritée avant de se remettre au boulot.
En se mettant par petit groupe et en travaillant en équipe, vers 15 heures, il ne reste plus qu’à assember, attacher et monter l’enclos.
17 heures, tout est fini. On est super content et on saute tous à l’eau où les vagues sont vraiment énormes (équivalent d’un drapeau orange en France).
Praveen, notre leader qui a 28 ans ne sait pas nager. Il n’a été que deux fois dans l’eau dans sa vie alors qu’il habite une région paradisiaque. On arrive à le mettre à l’eau et là, après quelques hésitations, il plonge avec nous dans les vagues en espérant rentrer dans les roulis. Je lui dis « top » quand je pense que c’est le bon moment et il est heureux comme un gosse.

Après le chai de 18 heures, on rentre à la maison où l’on prend un super repas.
Le soir, soirée henné.
Les voisines indiennes qui habitent en face de la maison me prennent en modèle et me font tout le bras gauche et le pied droit au henné. C’est vraiment super beau. Mais problème, comment est ce que je vais faire pour dormir car je dois rincer que le lendemain matin ?

Mercredi 15 décembre

Réveil 7h30 car le départ est initialement prévu à 9 heures.
9 h 45, on commence à peine à se bouger. On monte tous dans le coffre d’une petite camionette comme des animaux, et nous voilà partis pour 15 kilomètres.

On s’arrête en chemin pour prendre le fisherman et son petit fils, avant de rejoindre la forêt où l’on va couper des bambous pour construire un second enclos pour les tortues.

Dans la forêt, on traverse quelques petits bourgs, c’est magnifique…
Là-bas, le travail est très physique car le bambou est un bois assez costaud. Puis à la queu-le-le, on transporte la quinzaine de gros bambous dans la camionette. Et rebelote, nous voilà repartis dans le coffre, mais cette fois-ci, il y a encore moins de place.

1 heure après, on arrive enfin à la plage de Beejadi.
Après un repas copieux que l’on a dévoré avec des mains hypers sales, on se remet de suite au boulot. Il faut couper, tailler et assembler les bambous.

Vers 17 heures, fatigués, on décide d’arrêter et d’aller se baigner. J’apprends à Praveen comment faire la brasse : open your legs, close them… je le soutiens dans l’eau et il peut faire les mouvements. Ce n’est pas gagné, mais c’est un bon début. Il me dit que je suis un bon prof et que si je l’aide pendant les 10 jours restant, il pourra à la fin du camp se débrouiller seul.

Après la baignade, on se pose 10 minutes et on mange bananes, goyaves, papaye, melon… puis on joue avec les villageois au jeu du béret. Mon équipe perd les deux manches, pas de chance…

Cet après-midi, j’ai également passé pas mal de temps avec les 3 petites filles du pêcheur qui est notre contact sur cette plage. Elles sont vraiment magnifiques et si gentilles.

Vers 19 heures, on rentre en rickschaw à 7 dessus. J’ai le dos à moitié sur la route. Vivement que l’on arrive car j’ai plus de fesses…

Jeudi 16 décembre

Cela fait 12 jours que je suis en Inde et j’ai vraiment l’impression que le temps s’est arrêté, tellement j’ai fait et vu des choses différentes.
Je me sens super bien, et j’ai l’impression d’avoir toujours vécu ici. Le seul petit hic, sont les douches à l’eau glacée et la sensation d’être toujours sale après la douche, mais bon, c’est pas grave. On a les pieds noirs, les ongles crades, on vit couleur locale.

7 heures, le réveil sonne.
8h30 précise pour une fois, on prend le bus local et nous voilà repartis sur la plage de Beejadi pour finir notre enclos.
Là-bas, il fait toujours aussi chaud même à 9 h du mat. J’en peux plus, on est tous super fatigués. Ce n’est pas grave, on met le turbo et à midi, tout est fini.
L’aventure Robinson Crusoe se termine par un plouf dans l’eau. Ca fait trop de bien car il fait super chaud. Les premières rougeurs commencent à apparaître. Je me laisse flotter car l’eau est beaucoup plus salée qu’en France.

Pour le repas de midi, la femme de Manjunath, le pêcheur, nous prépare de la raie que son mari a pêchée le matin même. C’est super bon. Le meilleur repas depuis que je suis en Inde. La famille indienne ne mange qu’après nous et nous regarde manger. C’est assez gênant, mais c’est comme ca que ca se passe en Inde.
On les remercia des dizaines de fois tellement c’était bon, même si en Inde, on ne dit pas merci.

Les trois petites filles, Sowmya, Scandhya et Ramya sont vraiment adorables. Je pense juste au père qui va devoir payer 3 dots. Le pauvre…

En observant un peu plus cette famille, je remarque que le père est beaucoup plus proche de ses filles que de sa femme qui reste tout le temps à l’ecart. Normal, 90% des mariages en Inde, sont des mariages arrangés.

En parlant de mariage arrangé, Praveen qui a 28 ans est toujours célibataire car il attend que ses parents lui trouvent sa femme.
Le mariage est prévu pour 2006, et il aime déjà cette femme qu’il ne connaît pas encore.
C’est super difficile pour nous occidentaux de comprendre cette pratique, mais pour eux, hindous, c’est tout à fait normal car les parents, mieux que quiconque savent ce qui est le mieux pour leurs enfants.

Depuis peu, les filles des grandes villes peuvent refuser, mais il y a encore quelques annees, elles devaient accepter même si elles n’étaient pas d’accord. De toute facon, la condition de la femme en Inde est en général réduite à pas grand chose.

Etre femme en Inde aujourd’hui recouvre bien des réalités différentes. Entre la jeune citadine issue des hautes castes et une intouchable des villages, rien de comparable à première vue. Et pourtant ... Si l’on s’en tient à la tradition, toutes deux n’auront, au cours de leur vie, d’existence réelle qu’au travers des hommes de leur famille : le père d’abord, le mari (et la belle-mère toute puissante) ensuite, enfin le fils, dans le meilleur des cas, si elles se retrouvent veuves.

Toutes deux ont bien des chances de se marier traditionnellement, à savoir sans avoir vu, avant le jour de la cérémonie, leur futur époux. Toutes deux, en fait, dépendent du bon vouloir de la famille et de la société pour devenir des individus à part entière. Car entre le poids de la tradition et les contingences économiques, la femme indienne a bien des obstacles à combattre pour faire sa place à elle.

Même si la situation des femmes a connu quelques changements sous l’égide du Mahatma Ghandi, leur permettant d’oter le voile (sauf pour les musulmanes), de sortir de leur maison afin de lutter épaule contre épaule avec les hommes dans la bataille pour la liberté, de prétendre aux mêmes emplois que ces derniers, cette évolution est nettement moins sensible pour les femmes des villages.

Avoir une fille en Inde est considéré comme une charge financière, non seulement parce qu’elle quitte la famille une fois mariée (tandis que le fils amène son épouse dans la demeure paternelle), mais aussi parce que la constitution de la dot (théoriquement interdite depuis 1961) représente un énorme fardeau financier. La famille s’endettera parfois à vie pour la payer.

Donc, autant qu’elle rende service tant qu’elle est là : tâches ménagères, garde des enfants plus petits, travaux rémunérateurs, construction de routes, désherbage... seront son lot quotidien, et la prépareront de toute facon à son futur rôle d’epouse, bien mieux que l’école.

Une fois mariée, elle passe sous l’autorité de son époux en principe, et en pratique, sous celle de sa belle-mère, qui va enfin pouvoir se défouler sur cette nouvelle arrivée de toutes les brimades qu’elle a elle-même endurées.
Là, tous les cas de figure sont possibles, de la violence morale et psychologique à la torture physique, et même jusqu’au meutre, en particulier lorsque la dot tarde à être réglée (dowry murder). De préférence déguisée en suicide ou en accident domestique (de nombreux saris prennent « malencontreusement » feu dans les cuisines...). Cette manière de se debarrasser d’une belle-fille (surtout si elle ne peut pas avoir d’enfants), permet au fils d’épouser une autre femme et donc de récupérer une autre dot... Par chance, les médias indiens ont fini par s’émouvoir, et, en zone urbaine, le nombre de ces exactions à tendance à régresser. Mais en zone rurale, il est beaucoup plus difficile d’évaluer l’ampleur du phénomène.

Ce qui reste certain, c’est que la femme indienne, même lorsqu’elle a la chance de tomber sur une belle-famille correcte, n’est guère reconnue comme individu ; elle n’a pas droit à la parole, subit souvent des violences conjugales (40 % des femmes selon Amnesty International), qui vont des coups quotidiens aux viols ; elle mange après toute la famille, c’est à dire les restes pour être clair ; elle manque de soins médicaux, d’attentions, de respect en somme.

Ce tableau peut paraitre assez noir, et recouvre difficilement la grande diversité de l’Inde, mais c est ce qu’il se passe encore dans les campagnes indiennes.

Vers 14 heures, nous partons de la plage pour aller dans une école de Kundapur. Comme j’ai oublié mon album photo, je pars en moto avec Praveen.
Pas de casque (de toute facon, ca n’existe pas en Inde), en robe et à califourchon sur la moto...
Les hommes se retournent sur notre passage. Tu m’étonnes, un indien avec une occidentale sur une moto, et qui plus est, une fille dont on voit les jambes (en Inde, religion oblige, les femmes doivent avoir les jambes et les épaules de couvertes, sinon c’est très très mal vu).

Arrivés à la maison, Praveen me demande de porter un pantalon sous la jupe car le regard des autres le gêne. J’obéis, mais j’ai super chaud. Il fait plus de 35 degré, et je porte une robe jusqu’à mi tibia et un pantalon par dessous…

On arrive à l’école et on visite les 3 classes, garcons et filles sont mélangés, tous en uniforme. Les pupitres ressemblent à ceux durant la guerre. Les élèves sont très obéissants et j’arrive à faire régner l’ordre même s’ils veulent tous être en même temps sur les photos.

Ensuite, tous les enfants sont réunis dans une même pièce et on leur présente tour à tour notre pays et ses coutumes.
A 16h30, l’école est finie, on va prendre le chai à l’hôtel Sharon, puis quartier libre.
Je pars seule faire quelques emplettes, mais la nuit commence à tomber et à 19 heures je suis perdue, je ne retrouve plus ma route. Il faut dire, que depuis mon arrivée à Kundapur, je n’ai fait que suivre les autres sans regarder le chemin.
Je demande à des gens le chemin, mais c’est difficile car je n’ai aucune idée de l’adresse de la maison où l’on loge. On me demande où j’habite, où sont mes amis ? Aucune idée... Je suis vraiment dans la merde. Ils me prennent pour une folle ... ils ont pas tort. Comment est ce que je vais retrouver mon chemin maintenant ?
Je decide de rebrousser chemin et d’aller à l’hôtel Sharon qui nous livre tous les jours les repas.
Là-bas, je sors mon appareil photo et leur montre la photo de Praveen, avec l’espoir qu’ils aient son numéro de téléphone. Rien, ils me prennent vraiment pour une folle.

Je décide d’aller dans les cuisines pour demander à la personne qui nous livre les repas, si je peux partir avec lui en mobylette plus tard. Avec ma veine, ils ne comprennent pas un mot d’anglais. J’essaie de leur expliquer tant bien que mal et ils sont ok pour me prendre en mobylette vers 20h. Ouf !!

Vers 20h15, j’arrive à la maison. Les autres commençaient à se demander où j’étais. Ils se moquent de moi car Kundapur est un tout petit village avec seulement deux rues principales...

Après un repas toujours aussi copieux et épicé, je fais le ménage car c’est mon tour. Bien sûr, mon binôme Praveen, n’est pas là, donc je me tape tout, toute seule.
Ce n’est pas grave.
23 heures, dodo, car demain une dure journée nous attend.

Vendredi 17 décembre

Réveil 7 heures.
On part à Japti où l’on va passer la journée dans une école pour enfants handicapés physiques et mentaux (Manasa Jyothi special school)
A notre arrivée, les enfants courent vers nous, nous grimpent dessus, veulent nous toucher. Ils sont contents.
Mais 5 minutes plus tard, c’est le choc pour moi. Je prends réellement conscience, que je n’ai jamais vraiment été en contact avec des enfants handicapés mentaux de cet ordre.
Qu’est ce que je dois faire ? Comment dois-je réagir avec eux ? Je ne sais pas et je me sens vraiment mal.

Je décide de rester un peu à l’écart durant la première heure. Je les observe en train d’essayer de faire la prière et des mouvements en guise de sport.
Puis ils viennent me voir, me prennent par la main. Ils peuvent à peine marcher, sont à moitie-nus, sales et recouverts de cicatrices en tout genre.
Ils veulent jouer mais ils me tapent, me griffent ...je me sens mal, mais je continue et je tente une quelconque communication gestuelle. Ils sont vraiment dans un état lamentable. Ils ont aucune notion de la vie, se font pipi dessus, ne connaissent rien du bien et du mal, ne savent pas parler. Même la notion de jeu, ils ne la connaissent pas. J’essaie de faire rouler un ballon vers l’un deux, et il me regarde en se disant : qu’est ce qu’elle me veut, pourquoi elle me lance ca ?

Puis je m’assois à côté d’un petit qui met sa tête sur moi. Il est plein de poux. Je ne sais pas trop ce que je dois faire, donc je le prends dans mes bras et il reste calme. J’ai de plus en plus de mal à m’intégrer. Je ne suis pas la seule. Laure partage mon état d’impuissance face à cette situation.
En plus, ce qui me met en rogne, c’est que les trois femmes qui sont là pour s’ « occuper » des enfants, ont volé les habits que les 2 volontaires long terme avaient acheté pour les enfants. C’est vraiment petit !!!
Je me demande même, pourquoi elles sont là, car elles ne s’occupent pas du tout des enfants, ne les changent et ne les lavent même pas. C’est à peine si elles les regardent. Heureusement que les volontaires long terme sont là, sinon pauvres petits…

Vers midi, on prend le repas à l’école. Ca me gêne un peu car on doit manger avec les doigts alors que l’on a été en contact toute la matinée avec les petits qui ont différentes maladies de peau. Je me lave les mains, mais il y a toujours cette crainte.

L’après midi, on commence à construire une barrière pour encercler et l’école et éviter ainsi que les petits ne sortent en courant sur la route.
Il fait chaud, mais franchement, je préfère être là, que de jouer avec les petits. Ils ne sont pas méchants, mais je ne sais pas comment agir avec eux.

Vers 16 heures, on a fini la première partie de la barrière, on repart à Kundapur où l’on va faire du shopping pour se changer les idées.

Cette journée a été pour moi, très très forte en émotion et je ne suis pas sûre que j’ai aimé être en présence de ces enfants.
Ce n’est pas du tout de l’égoïsme de ma part, seulement un sentiment d’impuissance. Pourtant, ils ont besoin d’amour et d’attention car la plupart ont été abandonnés par leur parent du fait de leur maladie.

Enfin, pour clore la soirée, me voilà partie à 22 heures à l’hôpital pour voir un médecin car depuis quelques jours, mon mal d’oreille s’est aggravé et me bloque tout le côté gauche.
A l’hopital, on m’envoie dans une salle qui ressemble à tout sauf à une salle d’hôpital. On se croirait dans les années d’entre guerres : une table métallique, 1 rideau pour séparer les 2 lits, bref mortel !
Mais ce n’est pas tout, car pour regarder le fond de ma gorge, elle me sort une énorme torche électrique. Franchement, je ne suis pas sûre qu’elle ait vu quelque chose…
Elle me donne des antibiotiques pour la gorge et je réclame des gouttes pour les oreilles. C’est quand même pour ça que je suis venue au départ. Je pense avoir une otite, mais bon, on ne m’a même pas regardé les oreilles. Vive les médecins en Inde …

Samedi 18 et dimanche 19 décembre

Réveil à 6h 45 car l’on part à la montagne en jeep pour le week-end.
Après avoir attaché tous les bagages, et 1h30 plus tard, nous voilà enfin partis pour la cascade qui se trouve à 2 heures de route.
On fait assez pitié à voir car l’on est à 12 dans la jeep. On ressemble à des sardines en boite et c’est pas confortable du tout.
Vers 11 heures, on arrive en bas des chutes. Après un petit quart d’heure de marche à travers les bois, on arrive enfin à la cascade.
C’est super beau, le paysage environnant est époustouflant, du vert partout…
Les garcons font les malins et décident d’aller se baigner, mais ils déchantent vite car l’eau est glacée.

Après un petit snack, on plie bagages car l’on doit partir à la montagne.
Rebelote, à 12 dans la jeep. Il fait super chaud, la route est mauvaise et j’ai mal à l’oreille.
Vers 17 heures, on s’arrete à Kullur pour prendre un ami de Praveen qui vient passer la nuit avec nous à la montagne. On se retrouve donc désormais à 13 dans la jeep.
Puis une dizaine de kilomètres plus loin, nouvel arrêt dans une ferme, où l’on achète 2 poulets pour le repas du soir.
Nous voilà donc à 13 dans la jeep avec 2 poulets vivants…

On commence l’ascension de la montagne. Il est 18 heures et la nuit commence à tomber. On va arriver là-haut, il sera super tard et l’on aura passé toute la journee dans la jeep. Super le week-end rando…

Vers 19 heures, la jeep est bloquée, le chemin de terre est trop accidenté, on ne peut plus continuer car c’est trop dangereux surtout qu’il y a le vide de chaque côté.
Nous voilà donc, en pleine nuit, en train de crapahuter dans la montagne, sans lumière et avec les deux poulets sous les bras. C’est vraiment comique… Pauvres poules, elles ont l’air heureuses… mais, elles ne savent pas que dans moins d’une heure (ou plus car cela fait 3 heures que l’on nous dit que l’on arrive dans 1 heure), elles vont passer à la casserole…

Vers 20 heures, on arrive enfin au refuge. Il fait super froid et on est dégoûté d’avoir passé la journée dans la jeep entassés les uns sur les autres.
J’essaie de détendre l’atmosphère en disant : « avec notre chance, on va devoir dormir par terre, et demain matin, après le petit dej, on repartira de suite ».

J’aurais mieux fait de me taire car il y a un problème avec le dortoir et on nous dit que l’on doit dormir dans le hall d’entrée par terre sans matelas. Super !!!.
Au final, on arrive à négocier une chambre, mais l’on est 13, ce qui veut dire que l’on a été 8 à dormir dans 3 petits lits, les uns sur les autres, et les autres par terre sans matelas.

Vers 22 heures, Joy a fini de tuer, vider et préparer les poulets, donc on se rend dans une petite cabane en bas de la route pour manger.
Pas d’assiette, on nous donne une grande feuille de babanier sur laquelle on nous verse du riz et notre poulet curry. C’est super bon, mais aussi super épicé.
On a les mains crades car il n’y a pas d’eau au refuge, mais ce n’est pas grave, on mange à notre habitude avec les doigts.
Ah oui, j’ai oublié de préciser une chose, lorsque que je parle de manger avec les doigts, il s’agit seulement des doigts de la main droite. En aucun cas la main gauche ne doit toucher les aliments car en Inde, comme pratiquement dans tout l’orient, la main gauche sert à s’essuyer, à nettoyer ses pieds et à d’autres fonctions considérées comme moins pures.
Dans le sud, les habitants sont assez stricts quant au respect de ces règles. On ne doit ni manger, ni passer de la nourriture, ni essuyer sa bouche avec sa main gauche. Je peux vous dire que ce n’est pas toujours facile, surtout lorsque j’essaie de couper le naan ou chapati (galette de blé en guise de pain) avec seulement 3 doigts.

De même, il est interdit de toucher en mangeant ou en buvant la nourriture de quelqu’un d’autre. On doit boire sans toucher la bouteille ou le verre. Je n’y arrive jamais et j’en mets toujours partout…
C’est comme dans les toilettes, comme il n’y a pas de papiers toilettes car ça n’existe pas (sauf dans les endroits touristiques), on doit s’essuyer à l’eau avec la main gauche. Ce n’est pas pratique du tout, et c’est la marée à chaque fois que je sors des toilettes.

Le repas dans la cabane se passe super bien, on mange à se faire exploser le ventre, on chante, on rigole. Bonne ambiance… surtout que la moitié des filles étaient complètement bourrées à la biere.
Puis retour au refuge ou Laure a failli se faire piquer par une chenille venimeuse. Super ! on est pas prêt de dormir tranquille…
La nuit se passe plus ou moins bien car à 8 dans 3 petits lits, ça le fait boff. En plus, moi pas de bol, je me suis retrouvée au milieu des 2 lits, donc pas super confortable.

Le lendemain matin, réveil 5 heures pour les plus courageux qui veulent assister au lever du soleil. Pas pour moi, merci, j’ai trop mal à l’oreille.
Puis à 9 heures, après le petit dejeuner, on s’en va car l’on doit être à Kundapur pour midi. Super ! C’est bien ce que je pensais.
On aura passé le week end entier à 13 dans une jeep à se tuer le dos et les fesses dans des chemins de montagne supers dangereux. Je suis un peu dégoûtée, mais bon, c’etait quand même sympa, on a bien rigolé, surtout dans la jeep lorsque l’on chantait du Renaud, Brassen, Cabrel… sous les yeux ahuris des amerlocs.

Lundi 20 décembre

Matinée libre où l’on en profite pour se reposer un peu. Il fait bon, on se prelasse sur le balcon. Ca fait vraiment vacances, et j’adore.
Par contre, l’après midi, on est de retour à Japthi pour finir la barrière. On passe les premières heures à jouer avec les enfants. Certains essaient de dessiner, d’autres de jouer, mais ça ne dure jamais bien longtemps car ils ne peuvent pas rester concentrés plus de 5 minutes.

Je passe un peu de temps avec une petite atteint de polyomélithe, en l’aidant à faire des allers-retours sur ses jambes. Elle est hyper heureuse et ça me fait plaisir.
J’en veux encore à ces trois femmes qui sont là et qui ne font rien pour améliorer la vie de ses enfants. Ils sont sales, ont des maladies de peau, des égratignures et des écorchures partout sur leur corps à moitié nu.

A un moment donné, lorsque Lizzie voulut aller aux toilettes (ou plutot ce qui sert de toilettes car tout le monde fait ses besoins dans la rue en Inde), elle trouva porte close. Après avoir réussi à l’ouvrir car elle était fermée de l’intérieur, Lizzie trouva un petit allongé, là, dans sa merde. Depuis combien de temps ? La veille au soir ? Comment se fait-il qu’il était seul dans les toilettes ? C’est inimaginable que personne n’ait remarqué son absence.

Tout ça me dégoûte. Je décide de m’éloigner et de finir la barrière avec les feuilles de bananiers. De toute façon, si j’étais restée là, je pense que je m’en serais prise à ces 3 femmes qui restent passives toute la journée.

Vers 19 heures, tout est fini. Franchement, je suis contente de rentrer car je ne supporte plus l’environnement de cette école. Je n’arrête pas de me gratter partout. En plus, mon index est super enflé car je me suis faite piquer par une araignée ce week-end.

Le soir, on discute de tout ce que l’on pense de cette école. Il y a vraiment des choses à changer. Mais ce qu’il faut se dire, c’est que malgré la haine que l’on peut ressentir à l’encontre de ces trois femmes, elles sont là pour les enfants, 7 jours sur 7, contrairement aux milliers d’autres enfants handicapés qui meurent tous les jours dans le pays car abandonnés par leur parent et seuls.

Mardi 21 décembre

Après avoir passé la matinée à Japthi dans les mêmes conditions que les jours précédents, je retourne sur Kundapur l’après-midi pour travailler sur le rapport des tortues.

En fin d’après-midi, je me promène dans Kundapur et fait les boutiques comme tous les soirs depuis 1 semaine.
Kundapur est un tout petit village de pêcheurs, non touristique du tout. On est très loin de la pression des grandes villes du Rajasthan. Ici c’est relax, il fait chaud, les villageois sont supers sympas et nous reconnaissent même dans les rues, boui-boui et lorsque l’on attend les bus.
En effet, un matin, alors que l’on attendait notre bus pour partir à l’école, un conducteur nous fit signe que notre bus arrivait dans 5 minutes. C’est super car l’on est vraiment bien intégré et ils savent que l’on apporte beaucoup d’aide dans les différentes écoles.

Le soir, ambiance colo car Hélène, une française qui était là durant le 3eme chantier, est revenue passer quelques temps avec nous. On chante du Renaud, du Brassen. On rigole bien, et on passe une super soirée.

Mercredi 22 décembre

Ce matin, Geena et Lizzie partent à Japthi pour s’occuper des enfants.
Laure, Sanjuro, Philippe, Niele et moi restons à la maison pour préparer le documentaire sur les tortues que nous allons presenter dans différentes écoles, les deux prochains jours.
C’est super important que les enfants de pêcheurs, aient conscience du problème d’extinction des tortues de mer. Ca semble dérisoire de lutter pour la conservation des tortues lorsque l’on voit ce qui se passe tous les jours en Inde, mais je pense que c’est vital du point de vue environnemental, surtout dans cette région des ghâts occidentaux.
Après avoir fini, speech, mimes et questionnaire, on part passer l’aprèm à la plage. Les vagues mesurent au moins 1 mètre de haut et sont d’une force extrême. C’est super dangereux (équivalent à un drapeau rouge en France), donc on ne s’aventure pas trop loin.
Le soir, après soirée yoga, je suis tellement crevée, que je tombe raide de fatigue.

Jeudi 23 décembre

Réveil très matinal (5h45) car tous les jeudis de l’aube jusqu’au coucher du soleil, le temple en face de la maison, est le lieu de prière des habitants du village. Pour cela, ils mettent de la musique hindoue à fond, ce qui nous casse les oreilles.
Les fidèles défilent les uns après les autres au son de la musique, font un signe devant l’autel, avant de tourner plusieurs fois autour de ce dernier, en faisant sonner une cloche à chaque passage. C’est assez interressant à regarder, même si je ne comprends pas vraiment ce qu’ils font.

Vers 11 heures, alors que l’on aurait dû partir pour l’école à 9 heures, Praveen nous informe que l’on ira à l’école que cet après-midi. On est tous dégoûté car l’on s’est levé à 7 heures, et on a passé la matinée à l’attendre.

L’après-midi, vers 14h30, on décolle enfin. Ce n’est pas trop tot.
On prend le bus local, comme tous les jours, dans lequel la musique hindoue nous détruit les oreilles, comme tous les jours…
On arrive enfin à l’école. Là-bas, les enfants sont aux anges, ils sont supers contents de nous voir. Tu m’étonnes, on leur apporte un peu de distraction. L’école compte 400 élèves.

Pour la présentation de notre documentaire, on ne prend qu’une classe de 50 élèves âgés de 10 à 12 ans. C’est marrant car toutes les filles sont assises sur le côté gauche de la salle, tandis que les garçons occupent le côté droit.
On commence notre présentation, Praveen fait son speech sur les tortues en Kannada (langue du Karnathaka) tandis qu’au même moment, nous mimons la scène. C’est assez comique à voir…

Puis on leur pose des questions sur ce que l’on vient de leur raconter. On pensait que les enfants n’avaient écouté que d’une oreille, mais en fait, ils connaissaient presque tous, toutes les réponses. Ca a été assez dur d’en choisir qu’un seul pour le récompenser à chaque question.

A la fin de notre speech, nous nous présentons tour à tour. On nous demande de chanter l’hymne. Oups ! ni Laure ni moi, ne connaissons les paroles… par contre, les amerlocs, ils assurent… tu m’étonnes, on leur demande de le chanter en cours.

Puis très curieux, ils nous posent des questions sur les sports pratiqués dans nos pays respectifs, ce que l’on mange, les animaux que l’on y trouve…
Bref, plein de petites questions…

Puis un groupe de 8 filles nous fait une petite danse. On a le bec cloué tellement c’est beau. Elles sont toutes dans le rythme et simultanées.
On apprend par la suite, qu’elles font de la compétition et qu’elles ont gagné de nombreux prix.

Puis on leur demande de nous chanter à leur tour, leur hymne. Le directeur réunit les 400 élèves dans la cour et tous en rangs, les uns derrière les autres sur 20 rangées, ils commencent à fredonner l’hymne. C’est hallucinant. 400 bouts de choux, plantés devant nous en train de chanter.
J’en ai la chair de poule.
Par contre, ce que je n’aime pas trop, c’est l’autorité qui règne dans cette école. On se croirait à l’armée : 1 pas en avant, pas bouger, repos…
Ensuite, ils ont tous voulu nous serrer la main et nous demander : « what is your name ? » Le fait d’accepter de leur toucher la main (avec la droite s’il vous plait), montre l’absence de supériorité et de castes. On est tous pareil.

Puis des dizaines d’enfants nous ont tendu leur cahier pour qu’on leur écrive un mot.
C’etait genial. J’ai passé une super après midi à l’école.
Dommage que l’on ait pu visiter qu’une seule école aujourd’hui.

Le soir, je passe 3 heures sur le net pour continuer mon journal. Il est très tard quand je rentre seule à la maison, mais comme tous les soirs à Kundapur, il n’y a aucun risque. On est bien intégré et les villageois
Commencent à nous connaître à force.

Vendredi 24 décembre

Vers 10 heures, on s’en va pour l’école de Maravante.

De l’extérieur, le décor est super beau. Le préau est fait de petits arches portant les couleurs du drapeau indien : de l’orange, du blanc et du vert. L’orange pour l’hindouisme mais aussi pour le courage et le sacrifice, le blanc pour la pureté et la paix, enfin, le vert pour l’islam mais aussi la fertilité.

D’aussi loin qu’ils nous ont aperçus, les enfants se sont mis à hurler de joie. Par contre, aucun d’entre eux, ne s’est risqué à franchir le seuil de la porte. Tu m’étonnes, en Inde, la discipline est telle, que les pauvres petits se font taper sur le dos avec un morceau de bois.

La maîtresse me demande perso de faire un tour dans la classe des plus petits. Namaskara ! Je leur touche un par un les mains en me présentant. Ils sont super contents. Tellement contents, qu’ils se prennent des coups de bâton. Ce comportement me gêne, donc je préfère sortir de la classe pour éviter qu’on les dispute.

Ensuite, on réunit tous les élèves âgés de 8 à 13 ans dans une grande salle où l’on recommence ce que l’on a fait la veille : speech sur les tortues, questionnaire, présentation des différents pays…

Vers midi et demi, heure du repas, les enfants vont tous chercher leur gamelle, la laver au lavabo, et se mettent en file indienne pour être servi.
C’est le silence total. Sous le préau, on assiste à la distribution du repas par les plus grands.
Puis vient notre tour. Munie de ma gamelle en alu, je fais la queue pour avoir ma ration du jour. Au menu: riz, sauce à la courgette et beignets d’oignons.
On s’assoie par terre dans le préau au milieu des gamins et l’on mange avec eux de la main droite.
Je meurs de soif, on m’amène de l’eau. Je ne sais pas si elle est potable, mais ce n’est pas grave, j’ai trop soif. De toute facon, je crois que depuis ces 15 derniers jours au chantier, je suis immunisée.

Après le repas, séance dédicaces. Des dizaines et des dizaines d’enfants nous tendent stylos et cahiers pour qu’on leur écrive un mot. Il fait super chaud, on transpire comme des malades car ils ne nous laissent pas de place pour respirer. A la fin, je ne vois même plus ce que j’écris. Je me fais même écrire dessus. Je comprends mieux aujourd’hui ce que peuvent vivre les stars et surtout Mickey à Disneyland…

Vers 14 heures, on arrive enfin à sortir de l’école. On se dirige à pieds vers une autre école composée d’élèves âgés de 13 à 16 ans. Il fait de plus en plus chaud, on n’a pas d’eau. L’horreur…
Une demi-heure plus tard, on arrive enfin. Je remarque qu’ils sont beaucoup plus timides et se cachent chaque fois qu’on les questionne.
Puis on se présente et ils nous posent différentes questions sur nos pays respectifs.
Grosse cole, ils viennent juste d’étudier Paris et la Tour Eiffel et nous questionnent dessus. Ca la fout mal, mais ni Laure ni moi, ne connaissons les réponses…
Enfin, après avoir échappé à notre hymne nationale (que l’on ne connaît toujours pas), 2 élèves nous chantent des chansons hindoues. C’est chouette, mais long. Je n’en vois jamais la fin…
La maîtresse leur fait un speech sur les valeurs de la France et l’on termine l’après midi par une photo souvenir.

Dans le bus de retour, on se met à chanter en anglais des chants de Noël.
Les indiens hallucinent mais ils nous écoutent sans rien dire.
Par contre vers 18 heures, en reprenant le bus pour aller fêter Noël sur la plage, je me suis assise devant, près du chauffeur tandis que les autres se sont installés au fond du bus, et l’on s’est mis à chanter à tu tête, des chansons de noël. Tout le monde était très étonné, mais ravi.

Il y a très peu de chrétiens en Inde, 2,4% de la population contre 82,6% d’hindous et 11,4% de musulmans, donc ils ne célèbrent pas spécialement Noël. C’est un jour comme les autres pour la grande majorité de la population.

Puis, en descendant du bus, on s’est mis à crier Merry Christmas. Les gens nous répondaient et même le chauffeur de bus klaxonnait dans le rythme. Je dois préciser qu’à Kundapur, presque personne ne parle anglais, donc c’était marrant de les entendre nous répondre Merry Christmas.
En plus, ils hallucinaient car l’on était tous hypers chargés : sacs de couchages, paniers plein de bouffes pour le soir et surtout grand seau rempli de punch dont l’odeur se répandait dans tout le bus.

Enfin, dans le rickshaw qui nous amena complètement au bord de la plage, l’ambiance était à son comble et le chauffeur a presque pris peur. Ils sont fous ces occidentaux !!!…

Vers 19 heures, nous voilà sur la plage. On installe notre campement car on va dormir à la belle étoile.
La soirée commence bien, on chante, on rigole, on fait des acrobaties…
Par contre, à un moment, ça a été moins drôle car Adèle est allée se baigner (vu que l’eau était très chaude) et en sortant de la mer, complètement bourrée, elle a enlevé son pantalon devant tous les indiens avec qui l’on passait la soirée. J’étais super mal à l’aise pour elle car c’est un signe de vulgarité en Inde, mais bon…Le pire, c’est qu’elle courait en culotte comme ca, autour du feu…

Puis, j’ai passé le reste de la soirée à jouer avec les trois petites filles du pêcheur. Elles ont dansé, chanté de supers chansons que j’ai essayées d’apprendre, mais en vain.
Bref, on s’est vraiment régalé, et les petites étaient supers heureuses.

Vers 1 heure du mat, la brume tombe et tout commence à être humide. On décide de se coucher car l’on est mort de fatigue. La petite s’endort avec moi sur mon drap et mon sac de couchage. Je lui laisse la place et me retrouve donc sur le sable mouillé la plus grosse partie de la nuit.

Samedi 25 décembre

Réveil 6h30. On est tous trempé à cause de l’humidité. Ca ne fait rien car l’on a vraiment passé une super soirée.
Après un nettoyage radical de la plage, on s’en va pour Kundapur.
Comme il n’y a pas de rickshaw, on se tape à pieds au moins 2 kilomètres avec tous nos sacs et déchets sur le dos.

Arrivés à FSL house, certains partent à l’école pour passer Noël avec les enfants handicapés, tandis que les autres vont déjeuner. Je décide de les rejoindre un peu plus tard.
Sur le chemin, en passant près d’une église catholique dans laquelle la messe de Noël est célébrée, les chants me donnent l’envie d’y assister. Me voilà donc le 25 décembre dans une église en Inde, alors que chez moi, je n’y mets jamais les pieds.
C’est sympa, on chante et la cérémonie se passe un peu comme en France.
Puis un homme sur ma gauche m’interpelle en anglais et me demande comment s’est passé ma soirée sur la plage. Je suis super surprise, mais d’un autre côté, vu le brouhaha que l’on a fait la veille en partant pour la plage, c’est normal que l’on nous ait repéré…

Le reste de la journée, dodo, packing et internet. Comme c’est mon dernier jour sur Kundapur, l’indien qui tient internet me demande s’il peut me prendre en photo avec lui. No problemo, je lui fais mon plus beau sourire.

Vers 23 heures, après avoir dit au revoir à tout le monde, et le cœur gros sur la patate de devoir quitter Praveen, Joy et Kundapur, Laure, Lizzie, Sanjuro et moi, embarquons pour Hospet.
Pour la première fois en Inde, le bus est nickel et le chauffeur conduit prudemment.
On arrive quand même sur Hampi avec 2 heures de retard.

Hampi : du 26 au 29 décembre 2004

Dimanche 26 décembre

Arrivés à Hampi la tête dans le cul, tous les rickshaws nous sautent dessus pour nous conduire dans les guest houses où ils touchent une commission. On suit un anglais qui nous amène à l’hôtel dans lequel il séjourne. Il s'agit de la Shanti Guest house. Le petit jardin est très sympa, par contre, les chambres et les toilettes à l'extérieur sont très basiques.
Lors du repas, ils nous expliquent haut et fort, qu'ils refusent les indiens et les israéliens dans leur hôtel.
Comme Sanjuro est mi-indien, on décide de ne pas rester plus longtemps dans cet endroit. On part donc à la recherche d'une autre guest house pour les prochaines nuits. Dans une petite ruelle, on en trouve une, tenue par des indiens très sympas : Rocky guest house. On réserve les trois chambres car Steven, Sidonie (une amie de Laure) et Pilee (une copine de Steven) arrivent le lendemain de Gokarna.

L'après-midi, on commence la visite d'Hampi, par la ville sacrée.
Après avoir traversé tout Hampi bazar, on commence l'ascension de Mantanga hill qui domine la ville. De là, on peut jouir d'une superbe vue sur Hampi Bazar et les plantations de bananiers.
Puis, plus en bas, on visite le temple de Kodandarama, de Varaha et d'Achutaraya.
C'est vraiment magnifique. On se croirait dans les temples mayas...
Enfin, on assiste à un rituel en mémoire du mariage de Shiva et Parvati.

Comme je me doute que vous ne connaissez rien en mythologie indienne, je vais résumer.
En Inde, il y a essentiellement trois dieux qui sont vénérés par les hindous. Il s'agit de Vishnu (Dieu principal de l'hindouisme et de la mythologie indienne : il est le conservateur de l'univers), Brahma (le créateur) et Shiva (le destructeur).

Vishnu est le conservateur ou le protecteur. Associé à l'action correcte, il se comporte comme un hindou fidèle et dévoué. Il protège et préserve le bien dans l'univers. On le figure généralement avec quatre bras tenant un lotus (dont les pétales représentent l'univers déployé), une conque (symbole des vibrations cosmiques créatrices car on y souffle comme dans une trompe), un disque et une massue.

Shiva, quant à lui, est le destructeur, mais il a aussi un aspect de régénération. En tant que destructeur, il est sombre et épouvantable, apparaissant comme un ascète nu, accompagné par un train de démons affreux, entouré de serpents et portant un collier de cranes.
En tant que puissance propice et reproductrice, on l'adore sous la forme du lingam. Il est peint en blanc, avec une gorge bleu foncé. Il a plusieurs bras et 3 yeux. Il porte un trident et monte un taureau blanc (nandi) qui incarne le pouvoir et la puissance ; la justice et l'ordre moral.

Parvati, est l'épouse de Shiva avec qui elle partage les mêmes attributs de l'ascèse et du renoncement. C'est aussi la mère de Ganesh.

Ganesh, le Dieu à tête d'éléphant, est un Dieu extrême populaire en Inde.
Sa monture est un rat. L'origine de sa tête d'éléphant donne lieu à de multiples légendes.
Selon l'une d'elles, Ganesh naquit de Parvati en l'absence de Shiva et grandit sans connaitre son père. Un jour où il montait la garde pendant que sa mère se baignait, Shiva arriva et demanda à la voir.
Ganesh ne reconnut pas Shiva et refusa de le laisser entrer. Furieux, Shiva le décapita, pour découvrir ensuite qu'il avait tué son propre fils.
Il décida alors de remplacer la tête de Ganesh par celle de la première créature vivante qu'il croiserait et... ce fut un pachyderme.
Ganesh est appelé aussi Vighneshvara ou Vighnaharta, le seigneur et le destructeur d'obstacles. Les gens l'adorent et lui demandent siddhi (le succès dans les entreprises) et buddhi (l'intelligence). Il est aussi le dieu de l'éducation, de la connaissance, de la sagesse, de la littérature et des beaux arts. Il apporte également la richesse, la santé ou la libération.
Si vous êtes exaucé, il vous bénira par un contact avec sa trompe et brisera tous les obstacles grâce à elle. Cette trompe suspendue entre ses deux défenses, symbolise la distinction entre le temporel et le spirituel.

Après avoir assisté à la cérémonie, on arrive au bord de la rivière de Tungabhadra. Le paysage est magnifique : le bleu foncé du ciel sans nuage, le marron des roches et le vert de l'herbe entourant la rivière.
Au bord de l'eau, des petits canaux en osier permettent de traverser la rivière d'un point à l'autre. On décide de se faire une petite promenade d'une demi-heure. Là, sur l'eau, dans notre petit panier, on se relaxe au soleil tandis que le chauffeur pagaie comme un fou pour essayer de faire avancer le panier. C'est super plaisant et SHANTY SHANTY !

De retour dans Hampi Bazar, on visite le temple de Virupaksha qui est l'un des plus anciens édifices de la cité. Le gopuram principal, de près de 50 m de haut, fut érigé en 1442, puis un autre, plus petit ajouté, en 1510.Le sanctuaire principal est dédié à Virupaksha, un avatar de Shiva.

Les sculptures des temples représentent des divinités.
A l'entrée, l'éléphant du temple nous donne une bénédiction avec sa trompe en échange d'une pièce de 1 roupie. C'est assez impressionant car il prend la pièce avec sa trompe pleine de bave, la donne à son maitre, puis avec une grande délicatesse, il nous bénie avec sa trompe. C'est excellent !!!

Puis de retour à l'hôtel, Laure reçoit sur son portable différents messages d'affolement. J'essaie d'en savoir plus et j'apprends que dans le sud, un ras de marée énorme (tsunami), précédé d'un tremblement de terre d'une magnitude de 8,9 sur l'échelle de Richter a eu lieu ce matin à 8h30.
On hallucine. Et dire que la veille encore au soir, on était sur la côte sud et que la nuit du 24, on était sur la plage à la belle étoile... On a été très très chanceux.
Mais quel malheur pour ces milliers de personnes qui sont mortes noyées.
Juste quelques heures après le tsunami, il y a déjà plus de 8500 morts dont 3200 en Inde seulement. Ca fait super peur...
Il s'agit du tremblement de terre le plus important depuis 40 ans. Toute la côte ouest a été touchée. Les vagues atteignaient une hauteur de 10 à 15 mètres de haut. Une horreur !!!! J'appelle de suite en France pour dire que tout va bien. Mes parents s’évanouissent de soulagement.

Le soir, on va manger au restaurant Mango Tree qui se trouve au milieu d'une plantation de bananiers. C’est super sympa.

Lundi 27 décembre

Après avoir fait le check-out dans la Shanti Guest House, on se rend dans la Rocky Guest house. La famille qui vit ici est vraiment super sympa, surtout le fils Rakesh et l’oncle Balaji.

On passe la matinée sur la terrasse à regarder en boucle les news sur l’horreur qui se déroule à quelques centaines de kilomètres d’ici.
C’est incroyable, tous ces corps sur les plages, tout est dévasté….

Vers 11h30, Steven, Pelee (une amie de Steven) et Sidonie (une amie de Laure) arrivent de Gokarna. Ils sont super bronzés, surtout Steven. Tu m’étonnes, une semaine à se dorer la pillule au soleil…
Pour ceux qui ne savent pas, Steven est un mec que j’ai rencontré sur internet dans un forum de discussion concernant l’Inde. Comme je devais partir seule et que mon voyage l’intéressait également, il s’est proposé de partir avec moi.

L’après-midi, on s’en va visiter les ruines dans Hampi Bazar : les temples de Virupaksha, d’Hemakutam et de Krishna. Puis on s’arrête devant la statue de Ganesh pour prendre quelques photos.
En fin d’aprèm, on se rend près de la rivière pour assister au coucher du soleil. C’est magnifique.
A ce même instant, je ne pense plus à ces dizaines de milliers de morts.
A 18 heures, leur nombre s’élève à 18 000 dont 12 000 seulement au Sri Lanka et 3 000 au Tamil Nadul.

Sur le chemin de retour, un petit garçon qui m’avait demandé mon nom la veille, me reconnaît et commence à m’appeler. C’est sympa.

Soirée tranquille car l’on est tous retourné par ce qui se passe dans le sud.
On reste sur la terrasse à regarder la télé avec la famille Mudgalkar. Ils sont vraiment super sympas. Je me demande pourquoi cet hôtel n’est cité dans aucun guide.

Rakesh, le fils, trouve que je parle beaucoup. Tu m’étonnes, les filles en Inde n’ont pas droit à la parole, donc ça doit le changer avec moi qui suis un moulin à paroles…

Mardi 28 décembre

On décide de partir pour la journée au Royal Center.
Pour cela, on loue 3 scooters et comme l’on est 5, je me retrouve seule sur mon scoot. Génial !

Après 20 mètres, je tombe en panne. Ca commence bien. Je retourne donc chez le marchand et comme il n’a plus de scooter, il me donne un petit 125 semi automatique. Ca avance super bien, je me régale.

On commence par visiter les temples de Chandikesvara, de Sarasvati et d’Uddhana Virabhadra dans lequel les fidèles viennent faire leur prière quotidienne.

De là, on repart en mobylette via Underground Temple. Une fois encore, ce sont les femmes qui travaillent. Elles sont assises là, par terre, en plein soleil à couper de l’herbe à la focille. Elles sont vraiment très sympas et souriantes.

Puis on visite le Lotus Mahal, l’étable des éléphants (mais sans éléphants…) et le temple d’Hazara Ramachandra où l’on rencontre Sanjuro qui était parti bonne heure ce matin.
Vers la fin de matinée, comme il veut visiter un maximum de choses avant de partir, il me demande si je peux le conduire sur l’autre site en mobylette. No problemo, grimpe derrière moi.

Mais il monte sur la moto d’une telle facon, que je perds l’équilibre et accélère simultanément. Je me retrouve donc par terre, la cheville sous la moto, la moto sur moi et Sanjuro (qui pèse plus de 100 kgs) sur la moto. Bref, ça a fait très très mal. J’aurai pu me casser la jambe. Je m’en sors juste avec une grosse éraflure sur tout l’avant bras et 3 coupures de 4 à 5 milimètres. Il y a eu plus de peur que de mal. Je désinfecte tout ça, et me voilà repartie à fond la caisse sur ma mobylette. Les autres hallucinent…

L’après midi, on continue la ballade en scoot, les cheveux dans le vent, au milieu de champs entiers de bananiers. On passe sous la porte de Beenas avant d’arriver au Vittal temple.
A l’intérieur, l’architecture et les sculptures sont vraiment magnifiques. On y trouve le Stone Car, le temple de Vahara, Purandra Dasara Mandapa et King Balance.
Il y a très peu de touristes occidentaux, contrairement aux indiens qui tous les 5 mètres nous demandent de poser en photo avec eux. D’ici quelques semaines je pense que je vais me retrouver en photos dans bons nombres de familles indiennes…

Enfin, la visite du site se termine par le temple de Badivinlinga (symbole de fertilité) et l’image de Narasimha qui est le plus célèbre des monolithes d’Hampi. Cette divinité à tête de lion, surmontée d’une belle tiare ornée, représente la 4eme incarnation de Vishnu. Elle est assise sur le serpent à 7 têtes.

Puis de retour à l’endroit où l’on a loué les scoots, le mec me saute dessus alors que je ne suis pas encore arrêtée. Quelqu’un l’avait averti de mon accident.
Il commenca à s’exciter, à me demander un paquet d’argent pour les réparations alors que la moto n’a rien vu qu’elle n’a même pas touchée le sol. Il essaya de trouver des trucs de fou pour me forcer à payer, mais il ne savait pas à qui il avait à faire…
Moi, je ne me suis pas laissée démonter, j’ai parlé plus fort que lui, lui ai dit qu’en aucun cas je lui donnerais un centime. Nos cris ont interpellé tous les passants et c’était le rassemblement autour de moi. Il était furax, mais moi j’étais ferme, et en aucun cas, il était question de céder.
Il a essayé de me faire peur en disant qu’il allait appeler la police et je lui ai répondu : no problem, je l’attends ta police.

Il commença à comprendre que je ne fléchirais pas, et a fait appeler mon hôtel.
Rakesh arriva sur les lieux. Je lui expliquai ce qu’il s’était passé, que la moto n’avait pas un pet (et en plus c’est vrai) et qu’en aucun cas je ne verserais un centime.
Rakesh me regarda m’entretenir avec le mec et hallucina car en Inde, une femme ne tient jamais tête à un homme, mais moi oui.

Le mec voulait me conduire à la police, mais comme il n’avait pas le droit de me toucher, et que moi, je ne bougeais pas d’un centimètre, il était furax.

Puis un français parlant le Kannada est arrivé, a essayé de discuter avec le marchand et m’a conseillé de partir vu que je n’avais versé aucune caution. Je craignais un peu pour la police, mais il m’a répondu que la police avait d’autres chats à fouetter en ce moment à cause du festival. Donc je suis partie comme ça, et le mec me lacha.

De retour à l’hôtel, Rakesh me confie qu’il m’a trouvé super belle en colère car mon regard était beaucoup plus expressif et intense. Je le remercie, même si je trouve ça un peu bizarre.

Le soir, alors que les autres dinent au resto, je reste à la guest house avec Rakesh et Balaji pour soigner mon bras car il n’est vraiment pas joli à voir. C’est un peu plus grave que ce que je pensais…

Mercredi 29 décembre

Réveil 7 heures du mat car l’on part faire du vélo de l’autre côté du site.
On traverse la rivière dans un petit canot (ou plutôt un espèce de gros panier en osier) et l’on se retrouve de l’autre côté dans un paysage paradisiaque : des rizières vertes, des femmes en train de travailler dans les champs. Bref, c’est magnifique.

Les autres décident de venir passer dès ce soir, quelques jours de ce côté, car il y a de nombreuses guest houses. Je ne les rejoindrai que 2 jours plus tard car je m’en vais demain à 6h du matin pour Badami.

En vélo, on passe dans des petits villages où les gens sont très sympas. Au bord de la route, il y a des petites huttes en paille dans lesquelles des familles entières habitent. Avec Pelee, on s’y arrête pour prendre quelques photos.

Puis l’on arrive au pied du Monkey Temple où on laisse les vélos avant de commencer l’ascension des 600 marches.
En chemin, je rencontre des hindous au crane rasé. Il y en a un qui a complètement craqué sur moi et qui me suit comme un chien. Quand je m’arrête pour souffler, il s’arrête, quand je repars, il repart. A un moment donné, il m’a même pris la main pour m’aider à grimper les escaliers et ne me la lacha plus. Si ça peut lui faire plaisir…
Arrivés en haut du temple, on a une vue magnifique sur les rizières et les plantations de bananiers. L’hindou ne me lache plus et j’accepte finalement de poser avec lui en photo. A vrai dire, il est assez mignon pour son genre.

Puis après la visite du temple, je commence à redescendre les escaliers avec eux jusqu'à ce qu’un sadhu du haut de sa colline me crie de revenir et de ne pas partir avec ces gens car il y a beaucoup de meurtres dans la région. Je ne suis pas folle non plus, je n’allais pas partir avec eux. Je descendais juste les marches…

Une fois en bas, les filles décident de retourner de l’autre côté de la rivière pour faire des emplettes. Je suis dégoutée car il fait super beau et j’avais envie de faire du vélo…
Je serai bien partie seule, mais après ce que le baba m’a dit, j’ai pas trop envie…

Je passe donc l’aprem à faire du shopping, puis j’accompagne les autres avec mes bagages de l’autre côté de la rivière.

Le soir, je me retrouve donc seule sur Hampi Bazar. Altaf, un cachemirien qui vend des bijoux sur Hampi et avec qui j’ai bien sympathisé me propose de passer au magasin pour m’apprendre à fabriquer des colliers. J’accepte avec plaisir car de toute facon, je n’ai rien d’autre de prévu.

Puis, en fin de soirée, je monte sur la terrasse de la guest house et commence à discuter avec Rakesh, Balaji et Ranjeeta, la sœur de Rakesh qui a 21 ans et qui est enceinte de 7 mois. Elle est vraiment très gentille.
On discute religion et coutumes indiennes notamment en ce qui concerne les relations entre filles et garcons. Elle me dit qu’en Inde, les garcons comme les filles ne doivent pas avoir de relations sexuelles avant le mariage.
Les pauvres mecs, ils ne se marient qu’à 27 ou 28 ans, tandis que pour les filles, la moyenne d’âge est de 20 ans…

Je lui pose plein de questions. Elle me répond qu’elle a sans hésitation accepter l’homme que ses parents lui avaient choisi, qu’elle l’avait très peu vu avant le mariage (30 minutes) et que le lendemain de la nuit de noce, ils étaient amoureux et même si ce n’était pas vrai, ils devaient l’être, car c’est comme ça et pas autrement !

Ce n’est vraiment pas cool. J’ai du mal à comprendre comment des personnes sont heureuses de se marier dans ses conditions.
Lorsque j’ai eu le malheur de lui parler de notre système, elle a prit peur et en aucun cas, elle ne voudrait vivre comme ca.

Vers 23 heures, des italiens arrivent pour manger, j’accompagne donc Rakesh et Balaji dans la cuisine pour leur tenir compagnie. La cuisine est vraiment rudimentaire, mais c’est propre. Il me montre comment faire des chapathis. C’est super sympa.

Puis vers minuit, alors que l’on discutait sport, Rakesh me sort que je ressemble à un ballon.
Vexée, j’ai pris mes affaires et je suis descendue dans ma chambre. Wow, ça m’a glacé le sang.
5 minutes plus tard, ne me voyant pas revenir, il est venu toquer à ma porte et commença à se tirer les lobes des oreilles pour s’excuser. Il était tout gêné.

C’est marrant car dans l’après-midi, il m’avait dit qu’en Inde, on ne dit ni merci, ni pardon sauf lorsque c’est vraiment vraiment nécessaire. Ce soir, il a quand même voulu s’excuser car il a vu que ça m’avait fait de la peine. En Inde, on dit pardon en se tirant les lobes des 2 oreilles.

Réconciliés, je remonte sur la terrasse pour regarder un film indien. Super… Il est minit et demi, je me lève dans 5h30.

Puis on se met à discuter différences de culture. Il me dit qu’il va se marier en 2007 et qu’à partir de 2006, ses parents vont lui présenter des filles de sa caste et de sa religion.

Pour la plupart des indiens, les fiançailles du jeune couple, sa date exacte et celle du mariage sont des questions décidées par les parents, après consultation des astrologues.
Le mariage est considéré pratiquement comme une nécessite dans la societé indienne. Les alliances par mariage, en plus de la reproduction biologique, entrainent une redistribution des richesses et des changements de statuts sociaux.

En Inde, il n’y a pas de plus grand évènement dans une famille, que le mariage.
Quand toutes les dispositions de base du mariage ont été prises, le groupe familial doit s’acquitter d’une série de rituels qui peuvent varier légèrement selon la religion, la région ou la caste.

Généralement, tous les mariages indiens impliquent la participation aussi vaste que possible des membres de la famille et des relations des jeunes mariés.
La famille de la mariée accueille la plupart des cérémonies et finance toutes les dispositions prises pour l’accueil d’un grand nombre d’invités pendant plusieurs jours, y compris le logement, les décorations et les cadeaux du marié. Ces dispositions souvent compliquées et chères, sont destinées à rehausser le statut de la famille de la mariée.
Au marié, incombe habituellement la location d’un orchestre et le don de jolis cadeaux à la jeune mariée : des bijoux, des vêtements mais dont la valeur est très largement inférieure à celle provenant du côté de la mariée.

Une fois que les jeunes mariés sont unis selon les rites religieux (dans un rite crucial, le nouveau couple fait 7 pas au nord d’un feu sacré domestique, se retourne et fait des offrandes aux flammes) accompagnés d’une cérémonie haute en couleur, la jeune mariée est emmenée dans sa nouvelle maison par ses beaux-parent, sauf si elle est tres jeune auquel cas elle peut rester chez ses parents jusqu’à ce qu’elle soit assez veille pour partir.

Moi, je lui explique comment on fonctionne en France et il hallucine. Il me dit qu’il n’a pas le droit d’être avec une fille d’une autre caste, sinon il risquerait d’être renié complètement par sa famille.

Les castes constituent le fondement de la société hindou.
Mener une vie virtueuse et accomplir son dharma (devoir) augmente les chances de renaitre dans une plus haute caste, donc dans de meilleures conditions.
Les varnas (castes) sont au nombre de quatre : Les Brahmanes (prêtres, ceux qui pensent) nés de la bouche de Brahma le Dieu ; les Kshatriya (les guerriers) issus de ses bras ; les Vaishyas (les marchands) issus de ses cuisses et les Sudras (les serviteurs), de ses pieds. Puis tout en bas de l’échelle sociale, se trouvent les intouchables qui sont rélégués encore aujourd’hui aux taches les plus pénibles et ingrates.
La majeure partie des hindous font parti de cette derniere caste et n’ont donc aucun titre.

Rakesh fait parti de la caste des marchands et est hindou. Il ne peut donc se marier qu’avec une fille de même catégorie que lui.
Il m’explique que dans chaque état, il y a des médiateurs qui répertorient les familles selon les différentes castes et lorsque les parents du garçon recherchent la future mariée, ils regardent sur ces listes. Je me moque de lui en lui disant que l’on se croirait au marché avec leur système… Il le prend à la rigolade, mais je suis très sérieuse.
Puis il me raconte qu’une fois sélectionnée, les parents du garçon rendent visitent aux parents de la fille. Puis si tout va bien, les parents de la fille viennent passer quelques jours chez les parents du garcon. Si les parents sont d’accord, alors les enfants se marient en ne s’étant parfois jamais rencontrés.
Le nouveau couple sera obligé de s’aimer, pas le choix, sinon ils seront reniés par leurs parents respectifs.

Enfin, il m’explique que pour pouvoir se marier, le garçon doit attendre que sa plus jeune soeur soit mariee. Ainsi, si dans une famille il y a un garcon de 26 ans et 1 fille de 17 ans, il devra attendre que sa soeur se marie (ce qui veut dire aux alentours de 19, 20 ans) avant que ses parents ne commencent la recherche de filles pour lui. Ainsi le mec aura 31 ans quand il se mariera. L’espérance de vie en Inde étant de 60 ans, c’est pas cool du tout…

A 3 heures du mat, je décide enfin d’aller me coucher car dans 3 heures je dois me lever.

Badami : 30 décembre 2004

Jeudi 30 décembre

6 heures du mat, le réveil sonne.
Me voilà dans le rickshaw en direction d’Hospet. J’ai la tête dans le cul et les oreilles défoncées car la musique est super forte. De la pop music indienne. C’est assez sympa mais de bon matin, c’est pas cool.

Arrivée à la gare, mon train pour Badami à 35 minutes de retard.
Finalement mes 4h30 de train se passent très bien même si je suis assise dans le couloir près des toilettes.

Je rencontre des indiens très sympas qui me gavent de cacahuètes et de biscuits.
Arrivée à Badami, je commence la visite du site. C’est super beau, tout est sculpté dans du grès rouge.

Il y a 4 temples troglodytiques.
La première grotte est dediée à Shiva et a été sculptée au VIe siècle.
La seconde et la troisième grotte, sont consacrées à Vishnu.
Enfin, la dernière est dédiée au jainisme.

Je suis la seule touriste occidentale. Tous les autres sont des indiens. Encore une fois, je suis obligée de poser avec tout le monde, mais c’est sympa.

Puis je pars me ballader près du lac où je discute avec des jeunes filles qui lavent le linge. Il fait super chaud.
Je termine ma ballade par la visite du temple et du musée.
Sur le chemin du retour, des petits me guident dans les ruelles du village. Je me fais même inviter par une famille à boire un chai.

A 15 heures, me voilà dans le bus pour Gaddag. Je voulais prendre le train, mais l’on m’a conseillé le contraire. Pourquoi ? j’en sais rien…
Sur le trajet, après 2 heures de route, on crève. On est obligé de s’arrêter dans un petit village.
Lorsque que je commence à descendre du bus, tous les villageois me dévisagent et commencent à former un cercle autour de moi. C’est la première fois de leur vie qu’ils voient une personne à la peau claire, donc je les intrigue…
Le contrôleur de bus me voyant gênée, les fait partir et me dit d’attendre à l’intérieur, mais comme il fait trop chaud, je m’assieds sur les marches.
Tout autour de moi, des gens viennent faire leur besoin, petites et grosses commissions. Ca pue grave, je commence à avoir mal au ventre. Je mange donc quelques bananes pour me caler l’estomac et je jette mes épluchures aux cochons qui sont en train de manger la merde des gens. C’est affolant comme c’est crade. Cela fait bientôt 1 mois que je suis en Inde, et je n’ai pas vu une seule poubelle dans les rues. Tout le monde jette tout par terre.

Vers 18 heures, on repart enfin. Cela fait 3 heures que je suis dans le bus, et je commence à trouver le temps long. A 19 heures, j’arrive seulement à Gaddag alors que j’aurai pu déjà être sur Hospet par train. J’appelle Rakesh pour savoir s’il lui reste une chambre de libre. Il me dit non, mais que l’on s’arrangera.

A 23h30, j’arrive enfin à Hospet après 8h30 de bus. Je partage le rickshaw pour Hampi avec un mec qui n’a pas arrêté de me coller toute la soirée dans le bus et j’arrive enfin à minuit à la Guest house.

Je suis nase car je n’ai dormi que 3 heures la veille. Il me tarde qu’un seul truc, dormir. Je discute un peu avec Rakesh et Balaji et l’on se couche tous les trois sur des nattes sur la terrasse. Toute la nuit je me fais bouffer par les moustiques et je n’arrive à dormir que 2 heures.

Hampi : du 31 décembre au 5 janvier 2005

Vendredi 31 décembre

Je me lève avec un mal de tronche et je n’ai qu’une envie, aller me coucher. Je dis au revoir à Rakesh et je traverse la rivière en canot pour rejoindre les autres.

Là-bas, je pars directement me coucher pendant 2 heures.

Puis l’aprèm, Pilee et moi, louons des vélos pour aller nous promener vers le village d’Anegundi. En chemin, on traverse des paysages grandioses et on rencontre des villageois super sympas : des enfants, des femmes portant des paniers remplis de feuilles de bananiers, des hommes lavant leur boeufs dans la rivière…

Ca fait vraiment vacances et il fait bon vivre. Je culpabilise un peu de passer du si bon temps alors que dans l’état d’à côté, il y a des dizaines de milliers de morts.

Dans le petit village d’Anegundi, des enfants nous suivent en courant. On est obligé de les porter sur nos vélos.

De retour, on assiste au coucher du soleil au bord de la route avec des villageois. C’est super beau.

Le soir, rien de spécial pour le nouvel an. Je m’endors sur les matelas devant la tv avant que l’on me réveille à 23h55. On assiste aux 5 dernières secondes en direct avec la tv indienne qui passe un programme hyper kitsch.

Puis avec Steven, Pilee, Baba et Zaara (amis de Pilee rencontrés à Pushkar), on va faire un tour dans le quartier pour fêter la bonne année avec les voisins. Je remarque que parmi les indiens, il n’y a aucune femme, comme d’hab…

On se souhaite la bonne année, mais les indiens en profitent comme ils peuvent pour nous toucher…je les remets très gentiment à leur place. Puis dodo ves 1h30.


Samedi 1er janvier

Réveil 10 heures.

Je traverse la rivière pour aller souhaiter la bonne année à Rakesh et à sa famille.

Il est super content de me revoir et me fait goûter les gateaux que sa mère a préparé pour le nouvel an. C’est super bon…

Après-midi shopping, j’ai dévalisé les magasins. Il faut dire qu’il y a tant de choses à acheter sur Hampi.

Le soir, je passe le début de soirée avec Rakesh avant de regagner en canot ma guest house qui se trouve de l’autre côté de la rivière.

Il me fait rire car, vu qu’il a passé l’après-midi entière à me chercher, il n’a pas eu le temps d’aller aux différents temples pour prier. C’est seulement la deuxieme fois de sa vie que ça lui arrive…

Il m’explique qu’il prie tous les jours chez lui, mais 3 fois par semaine, il se rend dans 3 différents temples pour prier une dizaine de Dieux. Pour cela, il doit toujours être “frais”, c’est à dire avoir pris sa douche peu de temps avant.

Aujourd’hui, il est tout peiné et se tire les oreilles pour demander pardon à Dieu en espérant que ce dernier lui pardonnera.

Moi je me moque de lui, mais je sais que la religion est très importante pour lui car en tant qu’hindou, il est très croyant et respectueux.


Dimanche 2 janvier

Réveil matinal car j’ai mes bagages à faire vu que je repars cet après-midi sur Hampi Bazar pour passer plus de temps avec Rakesh et sa famille.

En attendant, Steven, Zaara, Pelee, Baba et moi partons faire une virée en moto.

Baba est un sadhu super sympa. Un grand enfant à vrai dire, on dirait qu’il découvre la vie jours après jours.

En principe, les sadhus sont des gens qui renoncent à tous biens matériels et qui se consacrent à la prière sous la direction d’un gourou (maitre) qui leur donne de l’argent pour subvenir à leurs besoins. Mais notre baba, lui, a un portable, une adresse e-mail et voyage depuis 2 mois avec des occidentaux. Ceci est très très mal vu par sa communauté et l’on a peur pour lui une fois que Zaara sera rentrée en Italie, qu’il se retrouve à la rue à mendier.

Encore une fois, je décide de partir seule sur ma moto. J’espère que cette fois-ci, je ne vais pas m’abimer l’autre bras car 1 semaine après, mon bras droit n’est pas beau du tout… j’ai une grosse croute d’une dizaine de centimètres. J’ai beau me passer 3 ou 4 fois par jour de la pommade antiseptique et de l’huile d’amande, la cicatrice est vraiment importante et je pense que je garderai un souvenir à vie de mon voyage en Inde.

En moto, on parcourt des dizaines de kilomètres en traversant des petits villages ruraux. C’est super beau. On s’arrête près de huttes en chaume pour saluer les familles ou jouer avec les enfants.

Un plus loin, je fais un autre stop pour admirer les villageois en train de labourer leurs champs. Ils trouvent vraiment bizarre que je les prenne en photos avec leur boeufs et charrues, mais ils posent et sourient car ils sont contents que l’on s’interesse à eux.

On poursuit notre chemin et l’on arrive enfin au lac. Des dizaines de chèvres sont là en train de patauger dans l’eau. Le site est magnifique : une étendue d’eau entourée de rochers de grès rouge.

De retour de ballade, je traverse une fois de plus la rivière avec mes gros sacs. Je partage mon panier en osier avec des vélos, motos… tout ce qui est inimaginable en France est possible en Inde. Si vous voyez ça, des petites barques en osier avec autant de poids à l’interieur. Je me demande toujours comment l’on fait pour ne pas couler…

Arrivée à la Guest House, la mère et la soeur de Rakesh me disent qu’il n’y a plus de chambres.

J’hallucine… j’ai appelé Rakesh ce matin même pour qu’il m’en garde une, j’ai traversé la rivière, transporté tous mes sacs… et tout ceci, pour m’entendre dire qu’aucune chambre n’est libre… furax, je monte sur la terrasse pour voir Rakesh qui me dit qu’il n’y a en fait aucun problème, vu que je vais dormir chez le voisin. Ok, ca me va.

Le soir, on part en moto pour assister au coucher du soleil, puis je passe la soirée avec sa famille sur le toit. Je me sens super bien.


Lundi 3 janvier

Réveil 5 heures du mat car Rakesh et moi repartons en moto pour assister au lever du soleil sur la montagne. Il en profite par la même occasion pour s’arrêter au temple et aller prier vu que samedi, il n’a pas eu le temps.

De retour sur Hampi, je refais une nouvelle fois mes sacs et retraverse la rivière car je ne peux pas rester chez le voisin ce soir. Le Boatman hallucine car en 4 jours, il m’a vu traverser 3 fois la rivière avec tous mes sacs et au moins 15 fois sans…

A peine arrivée dans l’autre guest house, je mets mes affaires dans la chambre de Steven et repars sur Hampi bazaar sous le regard ahuri du boatman.

Au moment où je sors du panier, le petit jeune du premier jour me reconnait à une distance de 50 mètres et commence à m’appeler. Ca me fait plaisir car les gens me reconnaissent et se souviennent de mon nom chaque fois que je les croise. Aussi bien ce petit jeune, le postcard boy, le mec avec qui j’ai partagé le rickshaw 2 jours avant et Altaf (le cachemirien) qui tient le magasin de bijoux et que je passe voir tous les jours. C’est un des rares indiens que je trouve assez mignon. Pourquoi ? Car il n’a pas de moustache… Les indiens pensent qu’avec leur moustache, ils sont gentlemen, mais à vrai dire, ils ne ressemblent à rien…

Journée shopping, puis petite sieste sur le toit de chez Rakesh car je suis vraiment crevée. Sa famille commence pour la première fois à me regarder de façon bizarre car ils trouvent étrange que l’on passe autant de temps ensemble. Ils savent que l’on est seulement très bon copains, mais ça commence à leur déplaire.

En effet, cela n’est pas bien vu que leur fils passe autant de temps avec une fille à la peau claire.

Le soir, je retourne une nouvelle fois de l’autre côté de la rivière et je passe la soirée shanty shanty à regarder un film hindou.

Mardi 4 et mercredi 5 janvier

Après un petit dejeuner chez Rakesh, ce qui veut dire que j’ai dû à nouveau retraverser la rivière, Baba, Zaara, Steven et moi partons pour Hospet afin d’acheter nos billets de bus et retirer de l’argent.

L’après-midi, je termine mes dernieres amplettes.

Vers 16 heures, je pars pour la dernière fois en moto avec Rakesh visiter les chutes d’eau. C’est super beau et reposant…

Après mes derniers au-revoirs à Balaji, Raju, Rakesh et ses parents, Baba, Zaara, Steven et moi partons d’Hampi. J’appréhende un peu ce trajet en rickshaw car les alentours d’Hampi la nuit, sont très dangereux. Il y a parfois des guets-apens et plusieurs personnes y ont déjà perdu la vie…

A 23h20, notre bus part, direction Bangalore. Les 7 heures de trajet se passent à merveille. J’ai dormi comme un bébé. On arrive juste à temps pour prendre une correspondance pour Mysore où l’on arrive à 10 heures du mat.

Après midi et soirée relax

Mysore : 6 et 7 janvier 2005

Jeudi 6 janvier

Réveil 6h30 car l’on part faire la visite organisée de Mysore.

On se croirait vraiment à l’armée. Le guide n’arrête pas de gueuler, de nous presser. On reste à peine 30 minutes sur les sites. Ca suffit pour visiter et prendre des photos mais c’est quand même insuffisant pour comprendre l’histoire.

La visite commence par le temple de Keshava à Somnathpur construit en 1268.

Il s’agit d’une architecture hoysala, en forme d’étoile dont les murs sont recouverts de superbes sculptures en pierre qui font apparaître l’importance de la musique et de la danse.

Puis, direction le musée de Jayacha maraendra. Parmi le bric-à-brac d’objets kitsch et de souvenirs des Wodayar, figurent des machines musicales aussi étranges que merveilleuses, de rares instruments, des oeuvres japonaises et des peintures de Raja Ravi Varma.

Puis arrêt obligé dans un emporium. Je ne descends même pas du bus… il ne croit tout de même pas qu’il va toucher une commission grâce à moi…

On continue ensuite notre visite par Chamundi Hill où l’on visite le temple de Chamundeswari. Les pèlerins ont le devoir de gravir à pieds les quelques 1000 marches qui y mènent, mais ceux qui n’ont pas besoin d’améliorer leur karma se contentent de les redescendre.

Près du parking, la statue du démon Mahishasura représente l’une des victimes de la déesse Chamundi, protection des Maharajas.

Pas très loin de là, se trouve le fameux nandi (le taureau de Shiva) de 5m de haut, taillé dans un bloc de granit en 1659.

L’après-midi, visite du Maharaja’s Palace (palais de style indo sarrasin). L’intérieur, véritable kaléidoscope de verre coloré, de miroirs et de couleurs chatoyantes, comprend de belles portes en bois sculpté et des sols en mosaïque.

Des peintures du début du siècle décrivent la vie à Mysore sous le Raj. C’est magnifique. Le jardin du palais abrite quelques temples hindous dont celui de Shweta Varahaswamy, doté d’un magnifique gopuram (tour portail caractéristique des temples dravidiens).

Puis direction Srirangapatnam où s’étendent les ruines de la capitale de Hyder Ali et de Tipu Sultan. Le palais d’été de Tipu est décoré de peintures illustrant les campagnes menées par Tipu contre les Britanniques.

Enfin, direction Brindavan Gardens. Il s’agit de jardins ornementaux aménagés en contrebas du gigantesque barrage de Krishnaraja Sagar.

Le soir, les fontaines s’illuminent et c’est magnifique. Des centaines de touristes indiens originaires des grandes villes se promènent et nous demandent une nouvelle fois de poser en photo avec eux.

Avant de partir, on assiste au spectacle de la fontaine musicale. C’est super kitsch, mais bon, c’est indien…

Retour à 21 heures à l’hôtel. Dodo bien mérité après ces 13 heures de rallye.


Vendredi 7 janvier

Après une bonne nuit de sommeil, Pilee, Zaara, Baba et moi allons nous promener sur le marché de Devaraja. Il s’agit de l’un des marchés de fruits et légumes, les plus riches et colorés du pays. C’est super beau.

On achète des guirlandes de fleurs pour se les mettre dans les cheveux comme les indiennes.

Puis on part au zoo. Baba refuse de venir car il n’aime pas voir les animaux en cage.

3 heures plus tard, on rentre à l’hôtel complètement crevées, mais contentes car l’on a passé une bonne journée.

Le soir au moment de payer l’hôtel, le gérant nous fait une réduction de 20%. Merci qui? Merci Candy car il avait un petit faible pour moi et ne manquait pas de me sourire à chacun de mes passages.

Pilee est dégouttée car partout où je passe, j’ai de supers prix, que ce soit par le sourire ou la négoce car je suis dure en affaire et j’obtiens souvent des prix qui sont proches de la vente à perte.


Ooty : du 8 au 12 janvier 2005

Samedi 8 janvier

Après avoir dit au revoir à Pilee, Baba et Zaara, Steven et moi partons pour 7 heures de bus direction Ooty.

Le bus est bondé, il n’y a plus de place, on a dû mal à caser nos bagages, mais les gens continuent à monter encore et toujours.

Les transports en commun en Inde sont vraiment phénoménaux. Même s’il n’y a plus de places, ce n’est pas un problème; les gens poussent, se montent dessus et au final on se retrouve plus d’une centaine dans un bus pour 45 personnes…

Le trajet se passe dans des conditions horribles, entassés les uns sur les autres, à se taper les fesses à chaque trou…

Après avoir traversé le Nilgiri Hills et le Mudumalai National Parc, on arrive enfin à Ooty qui se situe à 2250m d’altitude.

Je me rends compte que quelqu’un m’a volé mon blouson qui était attaché sur mon sac. Je suis super en colère. Cela fait 1 mois que je transporte mon manteau alors qu’il fait super chaud et au moment où j’arrive dans les montagnes et à 1 mois de mon séjour dans l’Himalaya, vlam!, on me le vole. Je suis vraiment dégouttée.

On se pose un peu à l’hôtel, puis on va faire un petit tour en ville.

Vers 17 heures, il commence vraiment à faire frais. Ca change…


Dimanche 9 janvier

Départ 9h30 pour une journée de rando dans les montagnes et les plantations de thé de Doddabetta.

C’est super beau, des centaines et des centaines d’hectares de thé. Je comprends mieux pourquoi l’Inde est aujourd’hui, le 1er producteur mondial de thé (avec 34% de la production mondiale).

Les paysages sont magnifiques.

Anthony notre guide ainsi que les autres garçons qui viennent d’Australie, d’Angleterre, de France et d’Hollande sont super sympas. On forme une bonne équipe et l’on déconne bien. Ca permet de ne pas penser aux dizaines de kilomètres que l’on est en train de se taper sous le soleil. En plus, ça grimpe dur…

Vers 16 heures, on arrive enfin en haut de la montagne d’où l’on jouit d’une incroyable vue. Après l’effort et une belle chute, le réconfort…

On s’en met plein les yeux et les poumons car ça fait vraiment du bien de respirer de l’air frais et pur.

Puis on redescend tranquilou pour attraper le bus qui nous ramène sur Ooty.

Là encore, le bus est 3 fois plus chargé que ce qu’il devrait être. J’arrive toutefois à me faufiler et à obtenir une place assise (même si l’on est 10 pour 6 sièges).

Le bus est bondé, des gens partout, même sur le toit, mais ça ne les arrête pas, d’autres continuent à monter encore et toujours et avec eux, d’énormes paniers, des grosses glacières… bref, l’impossible n’est pas vrai en Inde.

A un moment donné, le bus s’arrête en pleine côte et on commence à reculer. Il n’y a pas de freins. J’hallucine. Ouf!, on arrive à repartir.

1 heure plus tard, on arrive enfin à Ooty. On est tous content de rentrer car ce trek était super sympa mais hyper crevant.

Tout le monde a cramé cet aprèm. Les anglais repartent rouges comme des écrevisses. Même moi, j’ai pris quelques couleurs alors que j’étais déjà bien bronzée.

Lundi 10 janvier

Matinée relax. Je m’en vais seule au village prendre mon petit déjeuner dans un boui-boui au bord de la route avant de regagner l’hôtel à 13h30 pour faire une ballade à cheval.

14 heures, toujours pas de Steven. Je décide de partir seule avec le guide. Je suis sur un beau cheval brun tandis que lui, monte un petit poney.

Nous voilà donc partis dans la forêt d’eucalyptus, au pas, trop et galop. Je commence à regretter ma virée de 3 heures car je n’ai fait que 3 fois dans ma vie du cheval, et je me retrouve aujourd’hui sur un parcours pour cavalier confirmé…

C’est super sympa, mais j’ai le dos et les fesses défoncés. Ca fait trop trop mal.

Au bout d’une heure de ballade, on arrive dans un petit village de Todas. Il s’agit d’un peuple tribal assez étrange, vouant une adoration particulière aux buffles.

Les habitants nous mettent sur le dos les vêtements typiques de leur tribu et l’on prend quelques photos.

Trois heures et quart plus tard, me voilà de retour, les fesses dans un sale état, mais plein d’images dans ma tête car les paysages dans la forêt étaient magnifiques.

De retour à l’hôtel, Steven me dit qu’étant en retard, il est parti avec un autre guide pendant 2 heures et demi faire le tour du lac au pas, super!...


Mardi 11 janvier

Réveil 11h30.

J’hallucine le temps que j’ai dormi, mais j’étais trop crevée. J’ai des courbatures de partout, ouille!, ouille!. Merci la promenade à cheval…

Après-midi tranquille. On se promène dans les ruelles d’Ooty en mangeant du chocolat, spécialité locale. Tu m’étonnes, c’est le seul endroit dans le sud de l’Inde où il ne fond pas dès la sortie du frigo! Moi je vous dis, ce n’est pas en Inde que je vais perdre du poids!!!

Encore une fois, ma couleur de peau ne laisse pas les indiens indifférents. Dès qu’ils aperçoivent une peau claire, ils s’arrêtent de marcher, de parler et te fixent à te rendre mal à l’aise. Ca me gênait au départ, mais maintenant je n’y fais plus trop attention.

Mercredi 12 janvier

Réveil 7 heures.

Je pars faire un tour du lac tandis que Steven dort encore.

Puis à 14 heures, on part à la gare pour prendre le petit train à vapeur, destination Mettupalayam.

On traverse des paysages à couper le souffle. Au sens figuré, mais surtout au sens propre car la fumée que rejette le petit train nous étouffe à chaque passage sous un tunnel. Et des tunnels, je peux vous dire, qu’il y en a… Je comprends mieux ce que peuvent ressentir les gens qui meurent d’asphyxie. Ces 30 secondes sous chaque tunnel sont horribles. En regardant à travers la fenêtre, on peut également apercevoir l’énorme nuage de fumée noire qui se répand sur 1 km.

Les conditions de transport ne sont pas non plus les meilleures : coincés sur 2 petits sièges avec nos 6 sacs , les fesses sur les sièges, les jambes en l’air, entourés de toute une classe de lycéennes musulmanes qui chantent à tu tête.

Vers 18h30, on arrive enfin à Mettupalayam. Quatre heures de train pour faire 50 km, vive l’Inde…

De là, on se dirige vers la gare routière pour prendre un bus à destination de Coimbatore. Steven me suit à la trace. Heureusement que je suis là pour tout organiser (hôtels, réservations de trains, bus…).

Arrivés à la gare routière, je trouve le bus, on y monte, la musique hindou est à fond, on a encore 1 heure de trajet à faire dans des conditions atroces car l’on est complètement coincé entre nos sacs et les sièges du devant.

Tout ça me fait rire car en fait je me débrouille vraiment comme une pro.

Vers 21 heures, on arrive enfin à Coimbatore et l’on va dormir à l’hôtel que j’ai réservé près de la gare routière.


Munnar et Cochin : du 13 au 21 janvier 2005

Jeudi 13 janvier

Réveil 6h45.

On part pour Munnar en bus local.

Encore 6 heures de bus pour faire 140 km avec 2 changements et toujours tous nos bagages sur le dos.

Je me demande toujours comment l’on fait pour ne pas être dégoutté de l’Inde car l’on voyage vraiment dans des conditions horribles (si vous voyiez l’état des bus…), mais moi ça m’éclate. J’adore. Je n’aime pas le luxe de toute façon.

Dans les gares routières à chaque arrêt, tous les bus sont envahis de mendiants, de vendeurs de nourriture en tout genre… c’est vraiment très très animé.

Lors des 3 dernières heures du trajet, lorsque l’on a commencé l’ascension de la montagne, j’ai vraiment eu des coups de flips en voyant les ravins de chaque côté de l’étroite route.

A un moment donné, lorsque je me suis assise sur les escaliers pour prendre quelques photos, j’ai bien failli me retrouver sur la route. Ah oui, j’ai oublié de préciser, mais en Inde, la plupart de bus locaux n’ont pas de porte, donc…

Vers 15 heures, on arrive enfin à Munnar (1524 m d’altitude) qui est le centre marchand de plantations de thé.

Après avoir réussi à négocier une chambre pour 300 roupies, on redescend au village pour trouver l’office de tourisme.

Dans les différents guides touristiques, les auteurs nous ventent Monsieur Iype du Tourist Information Service comme le “trésor national”, et bien je peux vous dire que ce mec là, il a une tête comme un melon et s’est même montré très désagréable lorsque nous lui avons dit gentiment que nous n’étions pas intéressé par son cottage à 600 roupies. Il nous a très vite envoyé balader sans nous donner aucune explication sur les différents treks. Super l’accueil!!

Il a prétendu qu’il devait partir de suite à l’hôpital voir sa femme, alors qu’1 heure plus tard, il était toujours là… Ca c’est de l’esprit commercial. Petit con…

Peu importe, on a tout compte fait réservé un trek pour le lendemain par le biais d’un autre office de tourisme.

En fin d’après-midi, on escalade la colline (25 minutes) pour regagner notre hôtel.

Soirée TV et dodo.


Vendredi 14 janvier

Réveil 7 heures car l’on part pour 8 heures de rando dans les montagnes.

On doit atteindre pour 13 heures, le sommet qui est à une altitude de 2600 m.

Les paysages et la vue sont magnifiques, mais je peux vous dire que ça grimpe dur…

Je me surprends moi même car j’arrive sans peine à suivre le guide; et à la fin de la journée, je ne suis même pas fatiguée.

Je ne sais pas d’où je puise toute cette énergie, mais j’ai l’impression de revivre.

Pour le repas, surprise!, cuisine indienne. Steven est dégoutté car il ne peut pas manger épicé (de toute façon, je ne l’ai jamais vu manger indien). Pour moi, no problemo, mon estomac est désormais blindé.

Le soir, je m’en vais manger seule dans un petit boui-boui tenu par des indiens. Il n’y a que des hommes, mais je m’attable avec eux (même si ça ne se fait pas) et je mange une bonne omelette accompagnée de parothas et d’un chai pour 13 roupies. Ca a été cuisine à même la pierre. C’est succulent.

Puis soirée TV et dodo.

J’ai vraiment passé une super journée. Ca fait du bien de marcher un peu et de respirer de l’air pur.


Samedi 15 janvier

Ce matin, alors que l’on voulait se reposer un peu, nos voisins de paliers indiens, ont tellement mis le Bronx, qu’à 8 heures, j’étais lavée, habillée et prête à descendre au village.

Ce qui est sympa c’est que, vu que notre guest house se trouve sur la colline au milieu de petites bicoques indiennes, je descends au village tous les matins à pieds avec les voisins qui s’en vont travailler dans les plantations de thé appartenant à Tata, le plus grand industriel d’Inde.

L’après-midi, Steven, Simon, Louise (2 anglais) et moi, partons pour la cascade de Lukham en bus. Encore une fois, j’ai eu des montées d’adrénaline, assise aux premières loges près du chauffeur.

Là-bas, après 5 minutes à peine de marche, on arrive sur le site. C’est super beau, mais l’eau est hyper froide. Il y a même un indien qui se baigne. Il est fou…

Puis on se ballade dans les plantations de thé sur 2 ou 3 km avant de reprendre le bus pour rentrer sur Munnar.

Le soir, je retourne manger seule dans la petite bicoque. Ils sont supers gentils et semblent moins étonnés que la veille.

En partant, je leur dis à demain…

Soirée TV (de toute façon sur notre colline, il n’y a rien d’autres à faire) et dodo.


Dimanche 16 janvier

Réveil 8 heures.

On part faire une petite rando avec pour seul guide, un plan dessiné sur un morceau de papier, que j’ai obtenu du mec antipathique du Tourist Information en échange de l’achat de quelques cartes postales.

Après 3km de marche, on commence à se marer car l’on ne sait plus où l’on est.

A vrai dire, c’est assez difficile de se repérer vu que l’on est entouré au Nord, Sud, Est et Ouest par des plantations de thé. On continue, on verra bien…De toute façon, tant qu’il ne fait pas nuit, il n’y a pas grand chose à craindre…

5 ou 6 km plus loin, on croise enfin une personne qui nous confirme que l’on est sur le bon chemin et que la cascade se trouve à peu près à 5 km. On est super heureux car l’on ne s’est pas planté.

Là-bas, on est un peu déçu car il n’y a pas beaucoup d’eau. L’endroit est toutefois paisible pour pique-niquer.

Après une petite sieste allongée sur un caillou, les pieds dans l’eau, il faut repartir. L’ascension des marches pour arriver jusqu’à la route, nous achève. Il fait super chaud, on transpire comme des malades et nos bras et figure sont cramés.

On rejoint enfin Munnar en bus après 7 heures de ballade. Le soir, comme d’hab, je retourne dans le petit boui-boui pour manger et je ne tarde pas à m’endormir.


Lundi 17 janvier

Grasse matinée jusqu’à 11 heures.

Vers midi, on prend le bus direction Top Station (point culminant aux alentours de Munnar), “bercé” par la musique indienne. Ca fait du bien quand l’on arrive (1h30 plus tard pour faire 36 km) !!!.

Là-bas, on est un peu déçu car le ciel est brumeux et l’on aperçoit à peine les montagnes. La vue y est toutefois très sympa.

Au moment où l’on arrive à l’arrêt de bus, on nous apprend que l’on vient à l’instant de le louper et que le prochain est dans 3 heures. On est dégoutté et l’on décide de descendre à pieds sur 4 km en espérant croiser une jeep qui nous ramènera sur Munnar.

Arrivés en bas, on attend avec une famille de paysans, ces jeeps qui n’arrivent pas.

Finalement, 1 heure et demi plus tard, une jeep arrive à vide.

Heureusement pour nous car 5 minutes plus tard, on s’est retrouvé 25 à l’intérieur. Je peux vous dire que c’était comique : le chauffeur avait seulement 1 fesse sur le siège tandis que les ¾ de son corps était sur la route. Je me demande encore comment il a réussi à conduire car il était à 1 mètre du volant. C’était l’homme assis à sa gauche qui était en fait assis face au volant.

Les 1h20 de trajet se passèrent plus ou moins bien. C’était super sympa, ambiance très familiale ; mais alors, bonjour les bleus sur les jambes car l’on était les uns sur les autres.

A un moment donné, je me suis même retrouvée avec un petit bout de chou de 2 ans sur les genoux. Il est resté tranquille et n’a pas pleuré du tout. Trop mignon…

Puis une vingtaine de kilomètres plus loin, une autre jeep sur le bord de la route nous arrête car ils ont crevé et prennent notre roue de secours. Super!, si l’on crève d’ici 3 km, on sera bien emmerdé…

Arrivés sur Munnar, on achète du chocolat et on regagne notre guest house sur la colline.

Soirée TV et dodo.


Mardi 18 janvier


Après avoir descendu pour la dernière fois notre colline, mais cette fois-ci avec tous nos sacs sur le dos, on prend un bus local, direction Cochin.

Encore 4 heures de bus, avec comme “bruit de fond”, des coups de klaxon et de la musique hindoue.

Lors du trajet, je fais la connaissance de plusieurs indiennes qui me proposent toutes de passer quelques jours chez elles.

L’hospitalité est vraiment très présente en Inde. Les indiens n’ont pas grand chose pour vivre, mais ils sont vraiment très heureux de le partager avec toi.

Je refuse gentiment leurs invitations car je n’ai pas vraiment le temps...

En milieu d’après-midi, on arrive enfin à Cochin, où l’on prend un petit bateau pour gagner Fort Cochin qui est une île.

Là-bas, c’est super mignon, beaucoup de touristes, mais c’est tout petit et très sympa.

Après un petit tour de quartier, on retourne à la Guest House : Union Home Stay, puis dodo.


Mercredi 19 janvier

Visite de Fort Cochin le matin.

On se croirait vraiment dans le Sud de la France. Il ne manque que les cigales…

On s’arrête également au musée de la marine nationale. Je pense que l’on doit être les seuls touristes occidentaux à y avoir mis un jour les pieds.

Le guide ne me lâche d’une semelle et j’ai droit à une visite guidée perso qui dure une bonne demi-heure. Steven, lui, a réussi à y échapper…

Puis on longe la plage pour arriver aux filets chinois.

C’est assez sympa de voir tous ces pêcheurs à la tirée qui n’attrapent rien. Un groupe d’entre eux me propose de partir en mer avec eux pour 2 heures. Mais lorsque je demande a Steven (après l’avoir retrouvé) si ça le tente il me répond par la négative. Dommage, j’y serai bien partie, mais seule avec 4 pêcheurs, je ne vais pas tenter le diable…

On continue donc notre promenade au milieu de la vente de poissons.

Steven commence à perdre patiente car c’est un endroit trop touristique et les indiens qui se mettent à lui parler français pour lui vendre tout et n’importe quoi, commencent à le gaver…

L’après-midi, on prend le petit chalutier, direction l’île de Vypeen qui se trouve a 5 km.

Arrivés là-bas, après un petit chai, on se promène le long de la plage, qui est, il faut le préciser, super crade depuis le tsunami.

Il commence à faire très très chaud et Steven préfère retourner à l’hôtel pour faire la sieste. Ce n’est pas grave. Ca me fait du bien de me retrouver un peu seule de temps en temps car cela fait maintenant 1,5 mois que je suis 24h/24h avec quelqu’un et j’ai vraiment besoin de me retrouver un peu.

3 ou 4 km plus loin, j’arrive à la criée. Les bateaux sont amarrés et les pêcheurs déchargent leurs prises du jour.

Il n’y a que des hommes, et moi au milieu, qui commence à mettre mon nez dans les différentes bassines…

Puis, je rentre sur Fort Cochin où je vais assister au coucher du soleil près des filets chinois.

Les pêcheurs du matin sont là, et me saluent.


Jeudi 20 janvier

Réveil 7 heures, car l’on part sur les Backwaters aux alentours de Cochin.

2 heures de croisière sur une péniche en bois au milieu de lagunes bordées de palmiers. C’est vraiment magnifique et très reposant.

J’ai même pris la barre pour naviguer et je me débrouille pas trop mal. Tout ceci ne choque même plus Steven qui commence à me connaître par coeur, et qui sait que je parle avec tout le monde et profite de mon voyage à 200%.

En fin de matinée, on s’arrête dans un petit village où l’on nous présente différentes épices. C’est assez kitsch et ça me saoule vite… Bien sur, avec ma chance, comme le guide a besoin d’un cobaye, il me choisit parmi les 15 personnes…J’ai vraiment pas de bol…

Puis l’on remonte sur le bateau, dans lequel on prend un succulent repas.

L’après-midi, changement de direction. On se rend en jeep près de petits canaux d’où l’on part pour 2 heures de ballades dans de petites barques. C’est très sympa : on traverse des petits villages, s’arrête pour boire et manger des noix de coco…

Bref, la journée était super sympa, mais l’on a eu très très chaud. Il me tardait qu’une seule chose, c’était de rentrer pour prendre une bonne douche froide… Je me pleins aujourd’hui, mais dans à peine 15 jours, je vais me retrouver à -15’C et en plus, sans blouson….

Le soir Internet et dodo.


Vendredi 21 janvier

Réveil très dur pour Steven, 5h30 du mat car l’on part faire la toilette des éléphants à 1h30 de Cochin.

Là-bas, un premier bébé éléphant arrive avec son maître près de la rivière. Il a 8 mois et est super trognon. Il s’allonge dans l’eau et son maître commence à le laver et le frotter à l’aide de noix de coco.

J’en profite pour le caresser : c’est assez rugueux.

Puis 3 autres éléphants âgés de 3 ans arrivent également pour la toilette.

Je m’approche de l’un d’entre eux (la femelle) et m’occupe d’elle. Je la lave, la gratte et la caresse. Elle me tend sa trompe, et joue avec ma main.

C’est super sympa.

Vers 11h, après avoir visité leur centre d’entraînement qui est vraiment pourri, on rentre sur Fort Cochin, complètement crevés.

Cette matinée avec les éléphants était vraiment géniale.

Enfin, pour clore notre séjour sur Cochin, on assiste à un spectacle de Kathakali.

Katha veut dire histoire, Kali, pièce. Il s’agit d’un spectacle d’expression visuelle et gestuelle.

Pour pouvoir être au premier rang, j’avais même acheté les tickets 2 jours en avance.

On s’est donc retrouvé les premiers avec Steven, à 17 heures, et assis complètement devant. Steven se moque de moi car je fais tout à 200%.

La séance de maquillage commence. Ca va durer 1h30. Steven commence à déserter et préfère aller manger un bout en attendant le début du spectacle.

Dans la salle, que des touristes et super antipathiques par dessus le marche.

Bon c’est vrai que j’ai la meilleure place pour prendre les photos, mais ceux de derrière moi étaient vraiment hargneux avec d’autres qui essayaient de passer devant pour prendre quelques photos…

18h10, Steven revient après avoir mangé comme 4. Je suis contente car toutes les 5 minutes, j’étais obligée de faire la police pour conserver sa place. Ils sont cons aussi ces touristes, les places sont numérotées et réservées à l’avance, et bien non, ils s’assoient quand même…

18h30, le spectacle commence. Après 5 minutes seulement de show, Steven et moi attrapons un fou rire. Si vous aviez vu, c’était tellement kitsch : le comédien mimait avec des expressions de visages particulières le vent, les poissons dans la rivière, la peur, la colère, les éléphants… Bref, 30 minutes de délire complet pendant lesquelles il était difficile de s’arrêter de rire. Le problème, était que l’on se trouvait au premier rang, vu que j’avais réservé 2 jours en avance pour avoir les meilleures places…

Puis le spectacle de kathakali commence et le comédien vêtu d’une grande robe, d’un grand chapeau et maquillé de vert, rouge et blanc arrive sur scène. Il est vraiment magnifique. Voila enfin, l’idée que je me faisais du kathakali.

Ils commencent à interpréter une pièce de théâtre avec des mimes et expressions du visage. Heureusement que l’on nous avait distribué auparavant la signification de la pièce, car l’on n’aurait pas compris grand chose.

20h30, fin du spectacle, OUF ! J’en pouvais plus.

C’était sympa, mais bon… c’est pas trop mon trip.

En sortant de là, on se met à délirer avec Steven car il me dit que je lui ai réservé le best pour notre dernière soirée ensemble…C’était grandiosement kitsch…


Hampi : du 22 au 27 janvier 2005

Samedi 22 janvier
Après avoir refait nos sacs pour la eunième fois, on reprend le petit bateau, direction Ernakulam Junction Railway Station.

Mon voyage avec Steven se termine sur le quai de la gare car je décide de remonter dans le nord pour mes 5 dernières semaines tandis qu’il préfère aller à la plage pour ses 20 derniers jours.

Après s’être dit bye bye et félicité d’avoir passé un si bon séjour sans un mot plus haut que l’autre, je monte dans mon train pour les prochaines 14 heures.

Et oui!, c’est bien beau de descendre dans le sud, mais maintenant que je veux remonter dans le nord, Varanasi (ma prochaine destination), et bien, je dois retraverser toute l’Inde, ce qui veut dire 4 jours de transport en commun. Super…

Pour couper mon trajet, je décide de m’arrêter 2 jours sur Hampi afin de revoir Rakesh et Balaji.

Je passe donc mon après-midi et ma nuit du 22 janvier dans ma couchette, entourée seulement d’hommes. Le mieux est de voyager en sleeper et de choisir la banquette du haut. Ainsi, on peut s’y installer dès le départ et dormir sans avoir à attendre que les personnes du bas ou du milieu en fassent autant (car la couchette du milieu ne peut être rabattue pour dormir qu’à la condition que celui du bas veuille bien se coucher aussi). Comme c’était prévisible, je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit car la lumière est restée allumée, les ventilos brassant de l’air chaud faisaient un bruit épouvantable et ça puait l’urine. Mais bon, c’était sympa de voir comment les trains sont animés en Inde.

A chaque arrêt, une dizaine de personnes envahissait les wagons, criant chai, coffee, chai, coffee, d’autres vendaient des bananes, des noix de cajou, des thalis… Ca change de la morosité de nos trains en France, où l’on ne peut faire qu’une chose : regarder les vaches par la fenêtre…


Dimanche 23 janvier

4h30 du mat, Bangalore, terminus du train. Je détache mes sacs de sous la couchette du bas et me retrouve en pleine nuit sur le quai de la gare. Il n’y a aucun problème car les quais sont bondeés d’indiens buvant leur chai, attendant leur correspondance… Je fais comme eux et prends mon petit dej assise sur un banc avant de me rendre à la gare routière qui se trouve par chance, juste en face.

6h30 départ de mon bus pour Hospet.

Encore 10 heures de route dans un bus local. Bon, je ne vous refais pas le descriptif des bus locaux, mais je peux vous dire que les sièges, c’est du béton et ils ne sont pas confortables du tout. Le voyage est interminable. Je suis vraiment folle de me taper 24 heures de trajet comme ça ! Je commence à devenir de plus en plus irritable vu que je n’ai pas dormi de la nuit; et j’ai même failli me fighter avec un indien qui s’est mis à monter et marcher de tout son poids sur mon sac dans lequel j’avais mes souvenirs et ma caméra. J’hallucine…sans gêne le gars …et en plus, il ose me crier dessus. Il ne sait pas à qui il a à faire… Je commence à lui dire en anglais : “continue comme ça et je vais te marcher sur ta gueule, tu verras ce que ça va faire”. J’étais hors de moi… Il ne m’a pas compris, valait mieux pour lui ou plutôt pour moi car je pense qu’en cas de problème, tout le monde aurait été de son côté…

Enfin vers 16 heures, j’arrive à Hospet et à ma grande surprise, je tombe sur Rakesh qui était venu faire réparer le chauffe eau.

Pour la dernière fois de la journée, je prends mon dernier bus, direction Hampi.

Là-bas, à peine arrivée, je tombe de fatigue et fais une petite sieste.

Le soir, je vais dire un petit coucou à Altaf et passe la soirée avec Rakesh et Balaji.

Lundi 24 janvier

Journée shanty-shanty où je ne fais grand grand chose si ce n’est bouquiner, écrire, dormir et papoter avec Altaf et Rakesh qui m’apprend que son meilleur ami (26 ans) a de gros soucis : Ses parents viennent de lui annoncer que son mariage est prévu dans 20 jours avec la nièce de son oncle qui a 16 ans. Il n’a aucune envie de l’épouser et encore moins dans 20 jours car c’est trop tôt pour préparer un mariage, mais il sera obligé de le faire par respect pour ses parents.

Rakesh essaie de discuter avec ces derniers pour les convaincre de repousser le mariage de quelques mois, mais c’est impossible. En effet, comme le père de la fille est décédé le 28 février 2004, si la mère veut la marier, elle doit le faire dans les 1 an. Autrement, elle devra attendre 3 ans. Et 3 ans, ça fait trop tard car la fille est devenue une charge pour la mère, donc le mariage est prévu dans 20 jours. Le pauvre, il est sans dessus dessous. Je le comprends. La fille, elle, par contre, est contente, ça change, pour une fois…

Mardi 25 janvier

Gros dodo. Le reste de la journée, comme d’hab, je bouquine au Mango Tree restaurant, je passe voir Altaf et je finis la soirée avec Rakesh et Balaji car demain matin, je m’en vais et l’on ne se reverra plus. On papote encore une fois de tout, et le sujet du mariage revient sur le tapis car ça me fascine. Il m’explique que ses parents ont peut-être une fille en vue pour lui, mais pas avant 3 ans. Ils l’ont rencontré par l’intermédiaire d’un médiateur lors d’un mariage. Tout ça me fait sourire, mais pas lui car en aucun cas, il n’échangerait sa culture et ses principes contre les miens. On papote jusqu’à 2 heures du mat, heure à laquelle je le mets dehors vu que je dois me lever dans 2 heures.

Mercredi 26 janvier

Réveil 4h30. Je termine mon sac et m’avance vers l’arrêt de bus d’où le car doit partir normalement à 5h30.

5h30, pas de bus et pas de Rakesh. Il m’avait pourtant promis qu’il viendrait me dire aurevoir. Ce n’est pas grave, je prends un rickshaw et m’en vais direction Hospet d’où je prends mon bus pour Raichur (petite ville paumée au milieu de nulle part qui se trouve à 5 heures de route d’Hospet).

Après 10 minutes de trajet, panne de moteur. Ca commence bien… j’espère que j’arriverai à l’heure à Hyderabad car j’ai mon train qui part pour Varanasi à 22h30.

Vers 11h30, j’arrive enfin à Raichur après avoir traversé de nombreux petits villages très typiques (surtout aujourd’hui 26 janvier Fête de l’Indépendance). Je suis super contente d'être arrivée car le trajet en bus a été horrible. Assise complètement au fond, je faisais des sauts à chaque trou. Bonjour ma scoliose… En plus, comme un indien était malade, il venait vomir par la fenêtre derrière mon siège. Bref, l’horreur!

A 11h30, j’arrive donc à Raichur et monte directement dans un autre bus local direction Hyderabad (5h30 de route). Le voyage se passe à merveille car la route est en bon état et j’ai pu dormir tranquillement sur mon siège, que le chauffeur m’avait réservé près de lui en me voyant arivée. La classe, non? Ca a des avantages d’être une fille et de voyager seule. Seule dans des endroits où il n’y a pas l’ombre d’un touriste, sauf moi…

Arrivée à Hyderabad, je remarque que les filles comme les gars sont habillés à la mode occidentale. Il y a de nombreux magasins vendant des jeans, chemises, pull over fashions.

Puis vers 19 heures, il commence à pleuvoir à verses. Je suis surprise car depuis 2 mois, pas une seule goutte d’eau. Je me retrouve très vite trempée jusqu’aux os dans les petites ruelles conduisant à la gare.

Vers 22h, mon train arrive. Je saute dans mon wagon S6 où j’ai la couchette du haut et m’installe (coussin, sac de couchage) pour mes prochaines 33 heures. Trente minutes plus tard, avant même le départ du train, je m’endors comme un bébé car les 11 heures de bus de ce matin m’ont achevé.

Jeudi 27 janvier

Vers 8 heures du mat, j’ouvre les yeux. Franchement, j’ai passé une super nuit. Je salue mon voisin de couchettes (Sujeevan), qui est arrivé au moment où je me suis endormie la veille, et profite pour regarder qui sont les autres personnes qui partagent mon compartiment. Etrange, il s’agit du jeune couple qui attendait avec moi près de la cabine téléphonique à Hyderabad. Belle coincidence.

Puis les vendeurs commencent à déambuler à leurs habitudes dans les wagons pour le petit déjeuner. J’achète du chai, des masalas accompagnés de leur sauce et je me régale.

Par la suite, je fais plus ample connaissance avec Sujeevan. Il a 23 ans et est en master professionnel à Allahabad pour devenir ingénieur. On papote, papote, puis l’on décide de jouer à des jeux car le voyage va être long, très long. Je lui apprends à jouer à la bataille navale et on fait quelques parties.

Vers 14 heures, comme le train s’arrête en gare pour une vingtaine de minutes, on en profite pour descendre se dégourdir les jambes (car l’on a encore 14 heures de route) et manger un bout sur le quai.

Le reste de l’après-midi, petite sieste de 2 heures et le soir, Sujeevan et moi descendons de notre banquette pour discuter avec les autres indiens. Ils ne parlent pas un mot d’indien donc Sujeevan doit tout traduire. On parle de culture indienne et occidentale. Mourya m’explique que cela fait 1,5 ans qu’il est marié et qu’il n’avait jamais vu sa future femme avant le mariage. La première fois était lorsqu’il est arrivé pour la cérémonie au domicile de la fille sur son cheval blanc. On prend des photos et ils m’apprennent quelques mots en hindi.

Le fait que chaque état ait sa propre langue est un gros inconvénient car ce que j’apprends dans un état n’est plus valable dans les autres. C’est comme comparer la langue francaise, anglaise, italienne et allemande.

On passe une très bonne soirée tous ensemble, puis dodo. Je dis au revoir à Sujeevan car il descend à 2 heures du matin.


Varanasi : du 28 janvier au 3 février 2005

Vendredi 28 janvier

Réveil 2h30 du mat.

Je passe le reste de la nuit à papoter avec mes 3 voisins du dessous. Mourya me donne son adresse pour que je lui envoie les photos et il me demande de me mettre entre sa femme et lui pour en prendre une dernière. A ce moment là, sa femme, que je n’ai pas entendue une seule fois durant toutes ces 33 heures, se lève et part. Elle n’a pas l’air d’accord, donc je n’insiste pas…

Vers 6 heures du mat, tous les Indiens commencent à défiler comme la veille avec leur brosse à dents et leur petite serviette pour faire leur toilette. On dira ce que l’on veut sur l’Inde, mais je trouve que la plupart des indiens de classe moyenne sont très très propres.

7 heures du mat, avec 3 heures de retard, j’arrive enfin en gare de Varanasi.

Il pleut comme vache qui pisse. Dehors, j’essaie de voir si je n’aperçois pas Prakash (le frère du proprio de la Guest House), qui devait venir me chercher à 3h30. Mais vu que je ne sais pas à quoi il ressemble et que j’ai 3 heures de retard, il ne m’a sûrement pas attendu…

Je décide donc de partir en rickshaw. J’indique ma destination au chauffeur et il me répond « no problem ». C’était trop beau pour être vrai. Il ne sait même pas où sont les ghâts. Il a fallu s’arrêter 3 fois pour demander notre chemin. Je commence vraiment à être mouillée… Lorsque l’on arrive dans le quartier des ghâts, gros problème car il s’agit d’un labyrinthe de petites ruelles étroites. On touche partout, il ne veut pas continuer… Vu que je décide de ne pas bouger du rickshaw car il pleut trop, il est contraint de poursuivre. Aujourd’hui je me sens un peu coupable de l’avoir forcé à rentrer dans ses ruelles car la circulation y est interdite et j’ai été un peu dure avec lui.

Bref, après de nombreux périples, j’arrive enfin la Guest House. Le temps de poser toutes mes affaires dans ma chambre, Prakash (21 ans) arrive, tout trempé et me demande en français où j’étais. D’abord très surprise que l’on s’adresse à moi en français, je m’excuse de l’avoir fait attendre pendant 3h30 sous la pluie, en pleine nuit.

Etant donné que je n’ai pas sommeil, il m’amène faire un tour sur les ghâts. Mais comme il pleut et qu’il fait très froid, ce n’est pas animé du tout. Il me paie un chai au chai shop sur les ghâts et je décide de lui payer le petit dej que l’on prendra plus tard dans une boui boui appartenant à un de ses amis.

Puis, il m’entraîne dans ces petites ruelles et m’amène dans un endroit assez lugubre pour jouer au billard. J’hallucine le fric qu’il a craqué en peu de temps…

Pas de bol, je suis vraiment nulle au billard, mais bon ce n’est pas grave.

Vers 13 heures, on rentre enfin à la Guest House après avoir visité quelques temples sur les ghâts.
Prakash me propose de partager le repas que sa sœur a cuisiné pour toute la famille. Ca me gêne un peu car cela ne fait que quelques heures que je le connais, mais j’accepte avec plaisir. C’est super bon : dhal et riz.

L’aprèm, je reste tranquille à la Guest House où je me repose et lis un peu.

Le soir, Prakash me propose de venir manger chez lui. Je ne sais pas quoi faire car j’ai déjà partagé leur repas à midi …mais bon j’accepte. C’est quand même mieux de manger dans une famille indienne que seule dans un resto pour touristes. Je pars donc avec lui dans les rues étroites et sinueuses de Varanasi. Il y fait super sombre et afin d’éviter les nombreuses vaches allongées au milieu, j’ai bien failli glisser et me retrouver allongée par terre dans la bouse.

Là-bas, je fais la connaissance de sa sœur et de son mari. La maison est en construction car ils sont en train de construire un deuxième hôtel qui sera une pension. Je suis vraiment impressionnée.

La pièce dans laquelle on mange est toute simple, avec toutefois une TV et des photos d’Om et Romane partout. J’ai pensé dans un premier temps, qu’il s’agissait de sa fille, mais il s’agit en fait du bébé de Delphine (française) et de Shiva. Cela fait 7 ans qu’ils se connaissent et on décidé de faire un petit bébé il y a maintenant 2 ans. La petite est vraiment magnifique malgré son strabisme prononcé. Om s’occupe d’elle comme si c’était sa propre fille. On peut le voir dans ses yeux, il l’aime vraiment beaucoup et fait tout son possible pour qu’elle soit heureuse. Je lui demande pourquoi il n’est pas marié. Il me répond qu’il est contre le système et la culture indienne, et qu’il est hors de question qu’il se marie avec une fille qu’il n’a pas choisi. Bien sûr, il trouve les Indiennes magnifiques, mais préfère rester seul. Tout cela explique son comportement envers Romane, qu’il considère vraiment comme sa fille vu qu’il pense qu’il n’en aura peut être jamais…

Puis on passe à table : poulet curry, légumes et chapathis. Ca fait du bien de manger un peu de viande, mais alors bonjour, c’est super épicé… Ils se moquent tous de moi, et Om en bon hôte, va m’acheter de l’eau minérale.

Après le repas, on repart à la Guest House avec Prakash. C’est vraiment un chouette gars, super sympa et son français m’impressionne.

A la Guest House, je passe quelques heures à déconner avec Delphine, Shiva qui est complètement déluré, Annan (le manager de la Guest House) et Jeeja qui est vraiment très timide et qui ne parle pas un mot d’anglais.

L’ambiance dans cette Guest House est vraiment exceptionnelle. On s’y sent vraiment comme chez soi et ils savent te mettrent à l’aise. La plupart des touristes sont français ou japonais : des jeunes, des moins jeunes, aucune différence sociale, on forme tous une grande famille.

C’est vraiment sympa car grâce à cette Guest House, et à l’ambiance qui y règne, j’ai rencontré de nombreux français avec qui je vais rester longtemps en contact.

Vers 1h30 du mat, je décide enfin d’aller me coucher car la journée a été bien longue. Je regagne mon lit super confortable avec des couvertures supers moelleuses tandis que les responsables de la Guest House, se préparent pour passer la nuit allongés sur leur tapis dans le hall. Cela me fait super bizarre, mais dans les Guest Houses indiennes, cela se passe la plupart du temps comme ça.


Samedi 29 janvier


Réveil 6 heures du mat car je pars avec Michel (un photographe français qui réside dans la même Guest House), faire une promenade sur les ghâts à l’aube.

Ce n’est pas le meilleur jour car il pleut et fait assez froid, mais la brume apporte quelque chose de plus au paysage.

On assiste aux ablutions matinales dans le Gange qui est réputé pour être « sacré ». Je me demande quand même, comment les gens peuvent ressortir propre après s’être lavé dans cette eau qui est une véritable déchetterie...

Durant notre balade, on rencontre de nombreux indiens, pour la plupart intouchables, qui vivent là, sur les ghâts, à la belle étoile. Ils ont une expression de visage très caractéristique. C’est vraiment intéressant de rencontrer des gens aussi typiques et représentatifs de l’Inde. Michel hallucine avec quelle aisance je m’approche d’eux et m’intègre dans leur groupe. Cela me fait très plaisir de partager ce moment avec lui car la photographie est une de mes passions.

Durant ces 3 heures de balade, on assiste vraiment à la vie quotidienne des indiens sur Varanasi (voir un peu plus loin).

Voilà enfin une ville, qui ressemble à l’idée que je me faisais de l’Inde !!.

L’après-midi, après avoir partagé une nouvelle fois le repas avec la famille à la Guest House, je m’en vais avec Prakash, visiter l’autre côté des ghâts ainsi que l’Université. Il me fait vraiment rire. Tout dans sa démarche, son comportement et son allure le différencie des indiens que j’ai pu rencontrer jusqu'à présent. Il ressemble plus à un latino, qu’à un indien. Il est si différent de son frère Om, qui est plus réfléchi, plus posé...Ca fait plaisir de rencontrer également des indiens avec une ouverture d’esprit et un intérêt certain pour notre culture (Prakash a passé 3 mois sur Paris en 2004).

Pour se rendre sur le campus, on prend un rickshaw à vélo. C’est super sympa, c’est la première fois que j’en prends un et c’est bien plus plaisant que dans un auto rickshaw. On se retrouve bloqué en plein milieu du carrefour à cause du trafic indien. J’adore cette ville et j’éprouve un sentiment de bien être, assise dans mon rickshaw, au milieu des vaches sacrées, des chiens, des piétons, des vélos, des motos. Toute cette cohue m’apaise à vrai dire. Je suis loin de la sensation d’étouffement que j’ai pu ressentir le premier jour à Delhi.

Il faut dire quand même, que Varanasi est beaucoup moins polluée et plus agréable à vivre.

Le soir, je repars avec Prakash manger une pizza dans un super resto sur les ghâts. Je commence à me demander pourquoi il passe autant de temps avec moi car depuis mon arrivée, il ne m’a pas quitté d’une semelle, mais il n’y a en fait aucune mauvaise intention de sa part. C’est sa nature, il est comme ça, il aime passer du temps avec les français et leur faire découvrir son pays. Je trouve que c’est très sympa de sa part.

Pour se rendre à Assi Ghât, on prend la moto et nous voilà partis tous les 2 dans les petites ruelles de Varanasi. Encore une fois, je suis complètement dévisagée. Et oui, une occidentale accompagnée d’un indien, ça ne le fait pas trop, surtout en moto… C’est marrant car les Indiens voyaient d’abord le visage de Prakash, puis juste après le mien, et là, ils bloquaient, se retournaient pour voir s’ils n’avaient pas rêvé… tout ça m’amuse désormais.

Après le repas, on rentre à la Guest House où l’on retrouve les habitués : Shiva, Delphine, Annan, Jeeja et Om.

Comme je voulais désépaissir un peu le volume de mes cheveux et couper la frange qui était trop longue, Om m’amène chez le barbier du coin (il est 22h30) en me disant qu’il est très bien et que je peux lui faire confiance. Qu’est ce que j’ai été bête de l’écouter car je me suis retrouvée au final avec une coupe de cheveux à la joie de vivre. Il m’a coupé au moins 10 cm et j’ai désormais un carré avec 4 hauteurs différentes. Je revois Om en train de dire à Sunil, mon coiffeur : tolla tolla, ce qui veut dire doucement, doucement, mais c’était trop tard, le mal était fait…

De retour à la Guest House, tout le monde se moque de moi car il ne me reste plus qu’un petit carré alors que j’avais les cheveux assez longs 1 heure avant. Je prends tout ça à la plaisanterie car de toute façon, c’est trop tard.

Seul Om essaie d’arranger les choses en me faisant des compliments sur ma nouvelle coupe de cheveux, mais en vain…

On se couche finalement vers 1 heure du mat. Je suis super heureuse (malgré ma nouvelle coupe) car j’ai rencontré des gens formidables qui m’ont tout de suite adoptée.


Dimanche 30 janvier

Réveil midi. Je ne me sens pas super bien et je commence à couver une petite grippe à cause du froid de la veille.

Je passe l’après-midi en ville pour me balader et faire un peu de shopping car je pars dans 2 jours à Mc Leod Ganj et j’ai besoin d’un manteau et de chaussures fermées.

En fin d’après-midi, en rentrant à la Guest House, je demande à Om si je peux prendre quelques photos avec lui. Il se prête au jeu car il a un visage tellement expressif.

Le soir, on mange tous ensemble les doigts dans les plats, le repas que j’ai acheté dans un petit boui-boui. J’aime vraiment ces moments et la complicité qui s’est installée avec mes « nouveaux amis ». Cela me donne du chaud au cœur surtout que dehors, il fait très froid.

On finit la soirée à discuter avec d’autres touristes sur les canapés dans le hall d’entrée. L’ambiance dans cette Guest House est vraiment particulière. C’est la première fois en 2 mois que je me sens vraiment comme à la maison. J’ai trouvé une seconde famille ici à Varanasi, et je le pense réellement.


Lundi 31 janvier

Réveil 7 heures du mat.

Je retourne sur les ghâts prendre quelques petits clichés. Je suis habillée comme une véritable indienne : penjabi bordeaux, bangels rouges (24 à chaque bras), boucle d’oreille. De nombreux indiens me complimentent sur ma tenue et ça me fait plaisir.

La pluie commence à tomber de plus belle. Je m’abrite sous une bâche avec quelques intouchables qui m’invitent à prendre le chai avec eux. J’apprécie vraiment ces moments car même si l’on ne peut pas vraiment communiquer verbalement, il se passe quelque chose d’autres,…de plus sincère, de plus profond. Les intouchables (basses castes) sont vraiment des gens très gentils.

Un peu plus loin, une fois l’averse finie, je m’assieds sur les escaliers et regarde ces hommes et ces femmes en train de se laver dans le Gange. On échange des sourires et j’essaie d’établir un contact en leur demandant si l’eau n’est pas trop froide. Tout le monde est si gentil…

De retour, vers 10 heures, en passant près du main ghât, j’aperçois Delphine, Shiva, Romane et Om. On s’arrête au chai shop pour prendre un petit thé avant de rentrer à la Guest House car il fait vraiment froid. Om a l’air vraiment content de voir aujourd’hui et me complimente sur ma tenue.

Je passe le début d’après-midi avec Shiva à emballer tous mes souvenirs pour pouvoir envoyer un colis en France : 10 kgs. J’espère vraiment qu’il arrivera à destination, sinon je serai vraiment déçue. Une fois tout emballé, on part tous les 2 en moto direction la GPO. Il pleut, la route est mouillée, mon colis dans les bras est assez lourd, j’espère que l’on ne va pas tomber…

Arrivés dans la première poste, ils refusent de prendre mon colis car leur balance ne marche pas. Dans la seconde poste non plus… Ok !, On arrête là pour aujourd’hui, j’irai demain à la poste centrale.

De retour à la Guest House, on part Shiva, Delphine, Romane, Om et moi au cinéma voir Veer-Zaara. C’est l’histoire d’un amour interdit entre une Pakistanaise et un Indien, c’est vraiment « du » film indien, kitsch et romantique, mais même si je ne comprends pas grand chose au dialogue, l’histoire est assez prenante (3 heures de film).

C’est assez intéressant d’assister à une séance de cinéma en Inde car la salle vit le film à 200% : ils fument, téléphonent, applaudissent, sifflent (quand il y a des méchants), crient de joie lorsqu’il y a une scène de baiser (tout ça, seulement pour un bisou car la culture indienne est telle qu’ils suppriment toute scène pouvant se rapporter à la sexualité. Sexualité taboue car interdite avant le mariage).

(De même, il est très très rare hormis dans les grandes villes de trouver des bars ou des discothèques. Ceci, afin d’éviter toute tentation avant le mariage).

Bref, l’ambiance dans un cinéma indien est vraiment très originale. Même notre petite Romane, a réussi à dormir dans les bras de son papa et elle n’a presque pas pleuré durant ces 3 heures.

En sortant, pour ne pas changer, il pleut et on rentre trempé à la Guest House.

Le soir, on mange tous ensemble et l’on passe une très bonne soirée à papoter.


Mardi 1er février

Au moment où j’ouvre les yeux, j’aperçois un rayon de soleil à travers ma fenêtre. C’est bien ma veine. Le jour où je m’en vais, il commence à faire beau … Je me prépare donc et descends sur les ghâts pour me balader et prendre quelques photos.

L’ambiance y est vraiment différente aujourd’hui que le soleil est de retour. Les gens se font masser, raser. Il y a beaucoup de personnes qui font leur ablution. De nombreux touristes font une promenade en barque sur le Gange.

Bref, l’ambiance y est très sympa.

Puis, je retourne à la Guest house car Om a demandé à Bhola de me conduire en moto à la poste. Me voilà donc repartie avec mon colis sur la moto. Bhola conduit vraiment bien. Heureusement, car si vous voyiez la circulation…, quelque chose d’inimaginable en France, 1000 fois pire que sur les Champs à Paris.

Bref, une demi-heure plus tard, on arrive enfin à la poste. Un indien s’occupe de moi et une fois tous les documents remplis, on rentre en moto.

Vers 15 heures, Om et moi partons faire une balade en barque de 2 heures sur le Gange. C’est super agréable surtout qu’il fait très beau. Il me parle de lui, des coups durs auxquels il a été confronté, de ce qu’il a sur le cœur depuis plusieurs années et qu’il n’a jamais dit à personne. Cela me fait très plaisir de le voir se confier à moi comme ça. C’est vraiment quelqu’un d’honnête et de bien, j’en suis sure désormais ; mais derrière ce merveilleux sourire, se cache quand même une profonde tristesse. On se ressemble beaucoup en fait.

Le soir, shanty-shanty et à la surprise de tout le monde, je leur annonce que j’ai changé mon billet de train et que je ne pars que dans 2 jours. Tout le monde est ravi car ils étaient tous très tristes à l’idée de me voir partir, moi aussi à vrai dire. Si je pouvais rester, je le ferai car je me sens trop bien ici parmi eux. Même Jeeja, très timide depuis le premier jour m’a complètement adopté. Il a même dit à Prakash et Om que je faisais parti de sa famille de cœur et que j’allais lui manquer. C’est vraiment un gentil garçon. Il est originaire d’une famille de paysans qui vit dans un petit village du Bengale.

Avant de venir sur Varanasi en octobre pour travailler dans la Guest House, il n’avait jamais été en contact avec des occidentaux et cette idée lui faisait très peur. Pendant ces 4 mois, il a toujours gardé ces distances avec les différents touristes qui ont résidé dans la Guest House, il ne pouvait même pas les regarder, mais avec moi, il est devenu moins craintif, et même si l’on ne pouvait pas discuter ensemble (à cause de la langue), il savait que je l’aimais beaucoup et que je le respectais.

J’utilise avec facilité le mot « aimer » car en Inde, les relations entre filles et garçons sont complètement différentes. Il n’y a pas sans cesse ces arrières pensés comme en Europe. Je trouve que c’est plus sincère, plus profond. Je peux discuter avec un garçon indien (du moins ceux que j’ai rencontré) sans avoir à me demander sans cesse : qu’est ce qu’il va penser ?, J’espère qu’il ne croit pas que je suis intéressée par lui…

Bref, les relations amicales sont plus simples et beaucoup plus pures, de mon point de vue.

Pour mon billet de train, c’est en fait Om qui s’en est chargé. C’est tellement un gentil gars, que tout le monde le respecte dans le quartier et lui rend des services dans la mesure du possible. C’est ainsi que j’ai pu changer sans trop de difficultés mon billet.


Mercredi 2 février


Matinée shopping. Il faut vraiment que j’arrête d’acheter tout et n’importe quoi, mais c’est plus fort que moi…

L’après-midi, Om et moi allons nous promener sur les Ghâts et boire un chai au Baba shop.

Puis vers 17 heures, comme tous les jours, il rejoint ses potes sur Panday Ghat pour jouer au cricket. C’est vraiment sympa de les voir jouer comme ça, ils ne se prennent vraiment pas la tête…

Enfin, vers 18 heures 30, on assiste à la grande cérémonie quotidienne de la Puja (prière hindoue).

Le soir, on mange une nouvelle fois tous ensemble et on s’occupe d’Annan qui est malade.


Jeudi 3 février

Grasse matinée : réveil midi.

Après-midi tranquille : Internet, ballade sur les Ghats avec Om. Mais aujourd’hui, comme on se rend du coté des Ghâts principaux, on est obligé de marcher à 2 ou 3 mètres l’un devant l’autre. Pourquoi ? Parce que la police à Varanasi n’aime pas que des indiens se promènent avec des touristes. Ils pensent tout de suite au pire, qu’ils ont l’intention de nous voler ou je ne sais quoi d’autre… C’est assez frustrant.

Puis vers 1 heure du mat, je me prépare pour partir à la gare car mon train à destination de Pathankot s’en va à 2h30. Je pars en moto avec Bhola tandis qu’Om et Shiva nous suivent en rickshaw. Je ne comprends pas pourquoi ils viennent à 3 pour m’accompagner, mais si ça peut leur faire plaisir…

Sur la moto, je me gèle vraiment. On arrive à la gare avant eux. Tout le monde nous dévisage. J’essaie de cacher mon visage sous mon écharpe pour passer inaperçue, mais trop tard, la police approche et commence à demander les papiers de Bhola. Tout ça commence vraiment à me saouler…

Puis Om et Shiva arrivent. Ils achètent un billet à 2 roupies chacun pour accéder au quai et attendent avec moi l’arrivée du train.

3 heures du mat, mon train entre en gare, ils m’accompagnent jusqu’à ma couchette pour veiller à ce que rien ne m’arrive, vu que la gare de Varanasi n’est pas la plus sûre d’Inde… Les Indiens qui partagent mon wagon hallucinent. Je ne vous raconte pas leur « tête » en me voyant leur faire la bise, puis des bisous à travers la fenêtre…

Une fois les au revoirs terminés, je m’installe pour la nuit tandis que les 3 garçons repartent ensemble sur la moto à la Guest House. Les modes de transport en Inde sont vraiment hallucinants : une moto ne transporte pas 1 ou 2 personnes comme en France, mais la plupart du temps, toute une famille... J’ai vu jusqu’à 5 personnes sur une moto, bien que le nombre normal soit de 3 adultes

Mc Leod Ganj : du 4 au 14 février 2005

Vendredi 4 février

Réveil 11 heures du mat.

Je suis contente car j’ai réussi à avoir la couchette du haut alors que j’aurai dû normalement occuper celle du bas.

A 3 heures du mat, ma couchette étant prise, je ne me suis pas faite prier pour grimper de suite sur celle du haut vu que c’est celle que je préfère.

Le trajet se passe à peu près bien et vite vu que j’ai beaucoup dormi et lu durant mes 27 heures de train.


Samedi 5 février


7 heures du matin, arrivée en gare de Pathankot. Je me dirige vers la gare routière pour prendre un bus direction Mc Leod Ganj où je vais passer 1 semaine dans une famille tibétaine.

A l’intérieur du bus, de nombreux moines tibétains se rendent également sur Mc Leod pour passer le nouvel an (losar), qui est le 9 février.


Vers 12h30, j’arrive enfin à destination. Il fait super froid et je suis gelée malgré mes 3 paires de chaussettes. Je savais qu’il ferait froid, mais pas à ce point…

Diki est là, avec son gros ventre, qui m’attend dans le froid depuis près de 3 heures.

Après un petit chai, on monte chez Tsering (son copain), au Tibetan Children Village. Sa maison est assez petite et il y fait très froid, mais c’est sympa.

Diki m’apprend qu’elle va accoucher dans les jours à venir. Je suis ravie car j’aurai peut-être la chance de voir le petit bout de chou avant de repartir, mais je déchante vite lorsqu’elle m’annonce qu’elle compte accoucher à la maison et que je devrai l’aider. Je ne vous raconte pas la boule dans l’estomac… Comment est ce que je vais faire ?, Je n’ai jamais fait ça et la seule vision d’un accouchement à la télé me donne mal au ventre…Je commence à flipper grave. Diki, elle, n’a pas l’air vraiment inquiète vu qu’elle a déjà accouché de ses deux premières filles, seule, sans l’aide de personne.

L’après-midi, malgré son état, nous montons dans sa maison qui se trouve tout en haut d’une colline. J’y fais la connaissance de ses 2 filles âgées de 7 et 14 ans. Elles sont super mignonnes et la petite, Norzom, sympathise très vite avec moi.


Diki me fait goûter les différents biscuits que son oncle a préparé pour le nouvel an (losar), ils sont vraiment très bons…

Elle m’explique que pour les Tibétains, le losar, est la fête la plus importante de l’année. Durant ces 3 jours, ils ne font que manger, rendre visite à leurs amis, et c’est le moment pour faire le grand ménage dans la maison. Une fois par an, ça m’irait bien à moi, ça…

En fin de soirée, on redescend chez Tsering. Il y fait de plus en plus froid et l’on n’a toujours pas de lumière. Je me mets sous ma couverture avec mes gants, mes 3 paires de chaussettes, mes 2 pulls et j’espère réussir à me réchauffer.

Je peux vous dire que je n’ai pas vraiment fermé l’œil de la nuit, tellement j’étais angoissée à l’idée de devoir aider Diki à accoucher…


Dimanche 6 février

Après un réveil très matinal car Diki se lève aux aurores et une toilette vraiment expédiée car il fait –5°C et je dois me laver dehors dans une bassine avec de l’eau gelée, je monte avec Diki dans sa maison.

Vers 11 heures, je descends avec ses 2 filles au village : 1 heure de marche à travers la montagne. Je peux vous dire que ça réchauffe… Diki ne nous accompagne pas car la marche de la veille pour venir me chercher l’a épuisée. Je me sens fautive, mais comme elle me dit que ça va aller, je pars tranquille avec les 2 petites.

En chemin, on s’arrête au centre de méditation de Tushita avant d’aller visiter à Mc Leod Ganj, le Tsuglagkhang Complex, qui regroupe la résidence officielle du Dalaï-lama, le Namgyal gompa (le monastère) et le Tsuglagkhang (chapelle centrale).

Ce complexe représente pour le gouvernement tibétain en exil, l’équivalent du temple Jokhang à Lhasa. Il abrite 3 superbes statues, dont une représentation gigantesque du Shakyamuni (Bouddha) de 3 mètres de haut. A gauche, face au Tibet, se dressent également les statues d’Avalokitesvara (Dieu tibétain de la compassion) et de Padmasambhava (théologien indien qui introduisit le bouddhisme au Tibet au VIIIe siècle).

Puis direction Dip Tse-Chok Ling Gompa qui est un monastère.

Le temps est tellement mauvais que les moines courent dans tous les sens pour se couvrir. C’est assez marrant…

Vers 16 heures, on commence l’ascension de la montagne pour rejoindre le Tibetan Children Village. Ca grimpe dur, il fait super froid et la pluie commence à tomber. Je me demande vraiment ce que je fous ici…

1h 20 plus tard et après 2 ou 3 chutes (car ça glisse dur), on arrive enfin à la maison. Le voisin vient me dire de passer la nuit ici car Diki est descendue chez Tsering vu qu’elle ne se sentait pas bien. J’espère que ce n’est pas trop grave…

Je passe la soirée à jouer aux cartes avec Norzom. Elle m’a complètement adoptée… Puis, on m’annonce la naissance du bébé, c’est une fille. Je suis super heureuse même s’ils avaient souhaité un petit garçon, mais, je me sens coupable de ne pas avoir été là pour l’aider…

Le lendemain, elle m’expliquera que 5 minutes après mon départ, elle a ressenti ses premières contractions, et que seule à la maison, elle a fait appeler Tsering qui était à Dharamsala. Il est arrivé vers 15 heures, juste le temps d’aider Diki à descendre chez lui (et je vous raconte pas le chemin pour y arriver, pauvre femme…).

A peine arrivée, elle s’est assise par terre et a accouché d’une magnifique petite fille. Tsering était mort de peur, il n’a pu rien faire… c’est Diki, une fois encore, qui a assuré toute seule, même pour couper le cordon qui se trouvait autour du cou de la petite. Tout s’est très bien passé. Elle regrettait juste mon absence.

L’inconvénient de cette naissance le 6 février (3 jours avant le Losar), c’est que le bébé aura 1 an et 3 jours dans dans quelques jours alors qu’il ne sera réellement âgé que de 5 jours. C’est vraiment bizarre…

De même, En ce qui concerne son prénom, ce ne sont pas les parents qui vont le choisir mais la communauté tibétaine. Tsering devra aller au village après le Losar pour déclarer sa petite et obtenir un prénom…

Par contre, à la différence de la culture indienne, la dot n’est pas obligatoire pour marier une fille tibétaine. Voilà au moins un point positif pour cette famille qui compte désormais 3 filles.

Je passe donc la nuit dans la maison de Diki avec les 2 petites et le grand-père. J’ai eu bien chaud avec mes 4 couvertures et tous mes habits. Ce n’est pas très hygiénique tout ça, mais ça caille trop…

Lundi 7 février

Je descends au village pour la journée afin de faire quelques emplettes et rejoindre Layla et Stéphane rencontrés sur le net. Je vous raconte pas le temps… il pleut des trombes et il fait super super froid. Et dire que je pourrai être dans le sud de l’Inde, au soleil…

Dans l’après-midi, je rejoins donc Layla et Stéphane avec lesquels je discute de mes expériences en Inde. C’est sympa de pouvoir échanger comme ça.

Vers 17 heures, je regagne le TCV, mais cette fois-ci en taxi car il pleut vraiment trop fort et je suis déjà bien mouillée. Là haut, je passe 2 heures avec Diki et le bébé avant de remonter chez le grand-père où les petites sont ravies de me revoir.

Pour dîner, on mange le repas traditionnel de l’avant veille du Losar (Tupa) et l’on se couche de bonnes heures vu qu’il fait très froid et que l’on a pas de lumière.

Le bruit du vent, du tonnerre et de la pluie sur les taules du toit me donne froid dans le dos.


Mardi 8 février


Après un réveil laborieux car j’ai vraiment mal dormi à cause du froid de la veille, je descends passer la journée avec Diki.

Dans la maison de Tsering, il fait très froid et je n’arrive pas à me réchauffer. J’ai les pieds glacés.

Le soir dans la maison du haut, les petites et moi décorons l’unique pièce de guirlandes, tandis que le grand-père prépare la table traditionnelle du Losar devant les photos du Dalaï-lama. Il y arrange différentes sortes de fruits secs, de biscuits, de sucreries, du lait et …une bouteille de Whisky. Puis on fait péter des pétards pour appeler la nouvelle année.

Il fait de plus en plus froid et la pluie tombe à flot. Si vous me voyiez dans la maison, j’ai 2 pantalons, 3 pulls, des gants, un bonnet tibétain, une écharpe et mon gros blouson. Malgré ça, je me caille toujours autant car j’ai les pieds humides.

Au repas, boudin froid. Je ne sais pas si j’ai raison d’en manger, mais on verra bien…


Mercredi 9 février

Happy Losar !!, Tashi Delek everybody !!.

Aujourd’hui, c’est le nouvel an. Tout le monde est heureux malgré la pluie qui ne cesse de tomber. Les petites s’habillent avec les nouveaux habits offerts par leur maman et grand-père et on boit la boisson traditionnelle : une espèce de soupe avec de l’alcool. Ce n’est pas franchement bon surtout au saut du lit…

Puis, je demande un peu d’eau chaude pour faire une toilette complète car depuis 5 jours, je ne me suis pas vraiment lavée et je me sens trop sale.

Que ça fait du bien de se sentir propre, d’avoir le corps qui sent bon le savon et les cheveux doux…

Avant de descendre chez Tsering, les petites me font porter la Chupa (habit traditionnel tibétain) de leur mère. Il va falloir que je reste comme ça toute la journée… Heureusement que le ridicule ne tue pas car vu ma dégaine depuis 5 jours…

Chez Diki, la table traditionnelle est également prête avec plein de fruits, sucreries… je sens que je vais encore passer la journée entière à manger des cochonneries.

Vers 11 heures, des amis tibétains de Tsering arrivent pour passer la journée avec nous. On regarde à la tv, différentes cérémonies tibétaines pour le losar.

Dehors, il pleut toujours autant et je me retrouve trempée lorsque je tente une escapade pipi-room à l’extérieur. Contrairement à la maison du grand-père où je dois faire mes besoins en pleine nature sous la pluie, des toilettes sont installés à 20 mètres de la maison de Tsering. C’est un gros avantage car je vous raconte pas les frissons dans le dos quand je dois sortir la nuit faire pipi sous la pluie.

Vers 13 heures, nous mangeons tous ensemble les spécialités tibétaines. Il s’agit de momos. C’est super bon.

Après-midi relax où j’en profite pour faire une petite sieste car durant la nuit, avec le grand-père qui ronfle et Norzom qui parle et crie, ce n’est pas toujours facile de dormir.

Diki et Stering sont vraiment adorables.

Le soir, chez le grand-père, vu qu’il n’y a toujours pas d’électricité, on se couche très tôt.


Jeudi 10 février

Après un réveil laborieux car je suis toujours aussi fatiguée, je me prépare pour descendre sur Mc Leod Ganj.

Aujourd’hui, il ne pleut pas, miracle! Espérons que ça dure. Je prends quand même le parapluie car j’ai pas mal de marche à faire… à l’aller comme au retour.

Là-bas, je repars visiter le Tsulangkan Complex car d’énormes décorations en sucre ont été dressées dans le temple. De la cour, la vue y est magnifique. Le paysage sur les chaînes himalayennes est vraiment époustouflant. Je passe la journée au village à me promener tranquillement même s’il n’y a pas grand-chose à voir.

Le soir comme tous les jours, coupure de courant. On mange à la bougie et dodo.

Il fait toujours aussi froid !!!


Vendredi 11 février

Aujourd’hui, à peine réveillée Norzom me saute dessus pour m’emmener à l’extérieur faire un feu pour inaugurer le nouveau drapeau qui portera chance à la famille jusqu’à l’année prochaine. On fait péter des pétards et tout le monde est super heureux...

Le mauvais temps est toujours au rendez-vous, mais ça, c’est habituel.

Je passe la journée avec Diki et le bébé car c’est mon dernier jour sur Mc Leod Ganj.

Le soir, je m’endors comme un bébé avec mes 2 pulls, mes gants, mon écharpe…


Samedi 12 et dimanche 13 février

Réveil difficile car j’ai vraiment mal à l’estomac.

Je n’ai pas choisi le bon jour pour être malade car je m’en vais pour 5 heures de bus suivi de 27 heures de train.

Après mes derniers au revoirs à Diki, ses 2 filles et le grand-père, Tsering m’accompagne au village pour prendre mon bus direction Pathankot. Il fait toujours aussi froid, mais aujourd’hui, c’est encore plus difficile pour moi car j’ai décidé de laisser mon blouson ainsi que de nombreuses autres choses dont je n’aurai plus besoin, à Diki.

Au moment de monter dans le bus, Tsering m’offre une écharpe blanche, porte bonheur tibétain. Ce couple est vraiment adorable. Ils m’ont accueilli à bras ouverts et je n’ai vraiment manqué de rien.

Diki était vraiment désolée d’avoir accouché à cette période car l’on n’a pas pu faire toutes les choses prévues. Je la rassure en lui disant que j’ai passé un très agréable séjour dans sa famille et que de toute façon, vu le temps pourri que l’on a eu, on n’aurait pas pu faire plus…

Dans le bus, je fais la connaissance d’une Danoise venue en Inde afin de réaliser son projet de fin d’études. La pauvre, elle pensait que l’on discuterait durant le trajet … je n’ai fait que dormir. Je n’en pouvais plus, j’étais trop trop mal. En plus, il grêlait, pleuvait et les routes montagneuses étaient vraiment mauvaises.

Au bout d’un moment, à bout de force, je supplie le chauffeur d’arrêter le bus pour aller faire pipi. Il m’arrête au bord d’une route où j’ai du faire mes besoins à la vue de tout le monde. En principe, cet acte de la vie quotidienne n’interpelle personne car tous les indiens font leur besoin en public, mais malheureusement pour moi, je ne suis pas indienne et mes fesses blanches ont vraiment attiré l’attention. La gêne ne fut que passagère … mais alors, quel soulagement !

Vers 17 heures, on arrive en gare de Pathankot.

Line a son train pour Dehli vers 18h30 tandis que le mien à destination de Varanasi ne part qu’à 21h30. Je passe donc les 3 heures restantes à papoter avec un jeune indien. Il est bien sympa.

Une fois mon train en gare, je monte sur ma couchette et prépare mon dodo pour les prochaines 27 heures. Les pires 27 heures de ma vie car j’ai vraiment été malade (maux de tête, de ventre..) sans aucun médicament sur moi vu que j’avais tout donné à Diki. J’en pouvais plus, je pensais que j’allais « mourir » de douleur. En plus, le train avait déjà 3 heures de retard…

Au bout de 23 heures de voyage, mes voisins d’en bas, ne me voyant pas bouger, ont pris de mes nouvelles. Après leur avoir expliqué tant bien que mal (car personne ne parlait anglais) que j’étais vraiment mal et sans aucun médicament, ils ont été me chercher un médecin. Il aurait pu me donner n’importe quoi, des drogues même, j’ai tout gobé sans me poser des questions. J’ai finalement réussi à dormir les 7 heures restantes.


Lundi 14 février

Arrivée en gare de Varanasi à 5h30.

Om et Bhola auraient dû être là car ils devaient venir me chercher mais comme mon train à 3 heures de retard, je comprends bien qu’ils ne m’aient pas attendu…

Je prends donc un rickshaw qui essaie de m’embobiner en me disant que le quartier des ghâts est très dangereux surtout la nuit et que je ferai mieux de rester cette nuit dans une autre Guest House. Je lui dit que non et l’oblige à me déposer à Gaudolia et plus précisément devant le marché aux légumes.

Le jour n’est pas encore complètement levé et les ruelles étroites sont en effet très sombres. Vu que les boutiques ne sont pas encore ouvertes, je retrouve difficilement mon chemin dans ce labyrinthe. Pourtant ce n’est pas faute de m’y être promenée des dizaines de fois…

Finalement, au coin d’une rue, je rencontre un homme qui m’indique la direction. Deux minutes plus tard, je suis devant la porte de la Guest House et Om vient m’ouvrir, la tête dans le cul mais avec son plus beau sourire. Il m’explique qu’il m’a attendu avec Bhola de 2h30 à 5 heures du matin, puis mon train n’arrivant toujours pas, ils sont rentrés.

Trop fatiguée par ce voyage, je termine ma nuit sur le tapis dans le hall d’entrée entre Annan et Om. Le reste de la journée se passe shanty-shanty.

Je retourne sur les ghâts me promener et me prélasser car il fait très beau.

Je revois les personnes dont j’ai fait la connaissance lors de mon premier passage sur Varanasi et je me dis que je suis contente d’être revenue…

Varanasi : du 15 au 28 février

Du mardi 15 février au lundi 28 février


Je ne vais pas vous raconter mes journées jours par jours car elles se suivaient et se ressemblaient toutes à quelque chose près.


Le matin :


Le matin, après un réveil plus ou moins matinal selon que je dormais dans ma chambre dans un lit bien douillé ou par terre sur le tapis dans le hall d’entrée avec mes nouveaux amis, je partais sur les ghâts me promener et boire mon chai au chai shop tenu par des jeunes indiens vraiment très sympas. Une table avec un réchaud, quelques chaises installées devant, et voilà un endroit comme on les aime pour discuter et regarder se dérouler la vie sur Dasaswamedh Ghat.

J’adore la vie sur les Ghâts, je ne m’en lasse jamais car il y a toujours quelque chose de nouveau qui s’y déroule : des hommes et des femmes qui se savonnent sur les marches et se lavent dans le Gange ; d’autres qui y font leur prière ou des offrandes (petites bougies assorties de fleurs que l’on laisse flotter sur le Gange) ; et enfin, ceux qui lavent le linge ou qui se font masser, couper les cheveux et raser publiquement … Bref, Varanasi, ou plutôt les Ghâts de Varanasi sont très animés quotidiennement de 5h30 du matin à 20 heures. On ne s’y ennuie jamais et j’adore passer des heures entières assise sur les marches à regarder ces différentes scènes de la vie indienne.

Parfois des gamins m’invitent à jouer au cricket. Ils sont très étonnés car je me défends pas trop mal…

D’autres matins, je rejoins un ami indien près du Burning Ghat, où l’on boit un autre chai tout en assistant aux crémations.

Loin de constituer un tabou, la vie et la mort s'entremêlent étroitement tout au long de l'existence.

Je me permets de vous recopier un extrait que j’ai emprunté à Ludovic Mercier qui a fait un très bon site sur l’Inde du nord (indedunord.free.fr) :

Sans destruction, il ne saurait y avoir de création.

La mort est donc omniprésente dans le quotidien de tous les Hindous. Il faut s'attendre à y être confronté à chaque coin de rue...

La crémation selon les Hindous permet de libérer l'âme des morts. Les lieux de crémation sont innombrables. On en trouve sur les rives de toutes les rivières sacrées de l'Inde, mais certains lieux ont une importance particulière... Le Mani Karnika ghat à Varanasi est le site le plus sacré de tout le sous-continent. Y être incinéré signifie pour le défunt la fin du cycle des réincarnations. L'accession directe au Nirvana. Nuits et jours les cadavres ne cessent de s'y consumer sur des dizaines de bûchers. En bus, accompagnés de toute leurs familles, ou bien en rickshaw, accompagnés de leurs plus proches parents, les morts arrivent en permanence sur les lieux sacrés où se déroulent les crémations.

Le cadavre est traditionnellement attaché sur un brancard en bambou et transporté par quatre personnes.

Le nom de Rama est sacré ! "Ram nam satia eh".

Tous ceux qui portent et accompagnent le défunt scandent sans cesse ces paroles sacrées. L'arrivée sur les ghâts peut être très discrète... mais parfois, le défilé qui accompagne le défunt est important (si celui-ci est âgé de plus de 100 ans) et c'est l'occasion de chant, de musique et de danse.

Les femmes n'assistent pas à la crémation. Il est dit que les larmes des femmes seraient un obstacle à la Libération...

Le plus proche parent du défunt (le fils aîné, le frère, le mari...) commence par se faire raser la tête. Il ne garde de sa chevelure qu'une petite touffe à l'arrière du crâne. La touffe doit passer au travers d'un anneau.

Le bois est devenu une denrée rare et chère... que l'on fait venir par bateaux de l'amont du fleuve. De la découpe à la vente du bois en passant par la pesée, le bûcher funéraire nécessite une attention toute particulière. 200 kilos de bois minimum sont nécessaires pour assurer la combustion complète d'un corps. Sachant que le kilo de bois se négocie aux environs de 60 roupies le kilo... Le prix d'une incinération n'est pas à la portée de tout le monde... ...

On raconte que les plus grosses fortunes de Varanasi sont les marchands de bois... et qu’il s’agit d’un Intouchable … Tous les Indiens n'ont pas droit au bûcher... Seuls ceux qui sont décédés d'une mort naturelle "normale" peuvent prétendre à l'incinération.

Les enfants de moins de 10 ans, les défunts victimes de la variole ou de la lèpre, ainsi que les sâdhus et les femmes enceintes ne peuvent pas atteindre à la Libération par le biais de l'incinération. Ceux qui sont morts suite à un accident, une maladie, un meurtre n'ont également pas le droit de brûler le long du fleuve... leurs cadavres ira directement rejoindre les eaux sacrés… Leur mort brutale ne peut être que le fruit d'un mauvais karma... Aussi le salut par la crémation leur est-il refusé. (Toutefois, lors de l’attentat qui a eu lieu fin février 2005, de nombreuses personnes ont quand même été incinérées).

Les sâdhus, déjà assurés d'atteindre à la Libération, n'ont donc pas besoin du feu purificateur et salvateur. Une fois lestés, ils sont immergés, assis dans la position du lotus, directement dans les eaux sacrées du gange.

Le défunt est généralement enveloppé dans un linceul de couleur : rouge s'il s'agit d'une jeune femme, orange s'il s'agit d'une personne âgée et blanc s'il s'agit d'un jeune homme. La cérémonie en elle-même se déroule selon un rituel sacré. Le cadavre est transporté jusqu'aux abords du fleuve sur le brancard en bambou. On immerge le corps à plusieurs reprises. On le dépose ensuite sur la berge où on lui verse de l'eau du Gange dans la bouche. Puis on dresse le bûcher funéraire, sur lequel viendra reposer le défunt.

Le fils aîné (à défaut le plus proche parent), préalablement rasé et vêtu d'un simple dothi blanc, ira cherché le feu sacré. Il tournera ensuite autour du bûcher un nombre variable de fois avant d'y mettre le feu.

Pendant la crémation, les "doms" affectés au bûcher veillent à entretenir le feu et rassemblent les morceaux au centre du foyer. Ils manient pour cela les grandes perches en bambou qui servaient de brancard au défunt. C'est également avec ces perches qu'il brise le crâne du mort afin de faciliter l'élévation de l'esprit...


A la fin de la crémation, la plupart des restes sont balancés dans le Fleuve. La place est sommairement nettoyée. Le fils aîné remplit alors une vasque en terre cuite d'eau du Gange. Il est le dernier. Tous les autres sont déjà partis. Il tourne le dos au lieu de la crémation et balance le pot par dessus son épaule. C'est l'ultime geste d'adieu. Le fils, sans se retourner, peut maintenant s'éloigner. Il a effectué son devoir.

Il reste également la possibilité de passer par l'incinérateur électrique... C'est beaucoup moins cher... Mais beaucoup en ignore même jusqu'à l'existence et puis... cela ne va pas avec la tradition...

C’est vraiment impressionnant d’assister à ces crémations, la famille est réunie autour du corps et personne ne pleure.


Tous les midis :


Tous les jours, aux environs de midi, sur le main Ghât, les mendiants se réunissent et sortent leur écuelle pour manger la nourriture qui leur est servie. Qui paie ? Je ne sais pas vraiment, mais c’est assez impressionnant de les voir tous là, assis en rang sur les marches, en train de manger avec leur main droite. C’est un autre monde…

De tout façon, Varanasi est une ville exceptionnelle qui se détache du reste de l’Inde. Jusqu’à présent, même si j’ai rencontré quotidiennement la misère, la pauvreté, la mendicité et la saleté, je reconnais que Varanasi, c’est le « must » dans ces domaines. Il s’agit de l’Inde typique, comme on se l’imagine en Europe. On est très loin des plages et cocotiers du Sud… Malgré ceci, il fait bon y vivre… J’adore !!!!


Aux alentours de midi, on assiste également à la bénédiction des mariés.

Le marié (vêtu d’un costume clair et d’un turban), la mariée (tout en rouge), les sœurs du marié (en rouge également) et les parents arrivent sur les ghâts. On aperçoit à peine le visage de la mariée qui se cache sous l’écharpe qui lui couvre la tête. On entrevoit seulement la boucle qui relie son nez à son oreille. Pauvre fille ! Elle est là, près de son mari, en face du Gange, faisant une tête de déterrée et attendant sa bénédiction avant de devoir consommer son mariage.

En effet, à Varanasi, les époux ne passeront aux choses sérieuses, qu’une fois avoir été bénis par le Gange. Comment cela se passe t-il ? Les parents et la sœur du marié (je pense) préparent des offrandes. Puis le Brahame bénit les mariés en leur faisant une marque sur le front et en leur remettant dans les mains, des fleurs bénies, qu’ils jettent dans le Gange.

Enfin, après avoir fait une prière, le marié repart « tirant » sa femme à l’aide d’un foulard. Cette scène symbolise exactement l’état de soumission auquel sera réduit la femme indienne.

C’est vraiment une autre culture ! Je pleins vraiment de tout mon cœur ces femmes qui seront obligées d’aimer un homme qu’elles n’ont pas choisies…


Mes après-midi :


Durant ces 3 semaines, mes après-midi étaient assez variées :

- Soit je restais à la Guest house où je bouquinais (Dans la peau d’un intouchable ; Moi Phoolan Devi, Reine des bandits ; Un garçon convenable tome 1 et 2 ; La nuit bengali ; Fou de l’Inde, délires d’occidentaux).


- Soit je partais avec Om faire une petite ballade en barque sur le Gange. C’était super sympa sauf lorsqu’il en profitait pour faire une petite sieste…

De toute façon, j’avais toujours de quoi m’occuper car la vue des Ghats à partir du Gange est vraiment exceptionnelle : tous ces bâtiments colorés, ces gens, ces couleurs, ces odeurs… Le Gange est vraiment un endroit magique… à l’exception de quelques rencontres inattendues : des morceaux de corps non consumés, des squelettes humains, des chiens ou des bœufs morts dont on peut apercevoir la tête ou les intestins, tout genre de détritus …

Bref !on ne viendra pas me dire après ceci, que l’eau du Gange est sacrée et surtout pure… Ca m’écoeure un peu de voir ces hindous se laver le corps, les cheveux ou les dents avec l’eau du Gange, sans compter sur notre boatman qui la buvait pour se désaltérer… Quel dégoût !!!

Un après-midi, on a même assisté à la prise par un pêcheur d’un poisson de 40 cm de long. Non merci, le poisson sur Varanasi pour moi, c’est fini … c’est bon pour attraper la mort…


Enfin le Gange sert aux dizaines de Dobi wallah à laver le linge. Je me demande comment le linge peut ressortir propre et blanc… Mais bon, c’est comme ça la vie sur Varanasi…

- Soit je me perdais des heures entières dans les ruelles de Godaulia pour faire du shopping. Une véritable caverne d’Ali Baba…

Je ressemble désormais à une véritable indienne : vêtements, bijoux… Les locaux me font de beaux compliments sur mes tenues.

- Mais ce que j’adorais par-dessus tout lorsque je promenais sur Godaulia, c’était de m’arrêter en plein milieu du carrefour pour prendre des photos de la circulation indienne au milieu des vaches et des chiens. Les flics hallucinaient de me voir agir ainsi…


- Enfin, tous les soirs vers 18h30, je participais sur Dasaswamedh Ghat, à la grande Puja (cérémonie religieuse) qui réunissait plusieurs centaines de personnes. Un jour, je suis même tombée sur Baba et Zaara que j’avais quitté à Mysore 1 mois auparavant. J’étais trop contente de les retrouver là…


Mes soirées :

Mes soirées se ressemblaient à peu près toutes. Je rentrais à la Guest house où je retrouvais mes amis (Prakash, Annan, Jeeja, Shiva, Bhola, Om et Delphine) ainsi que pleins d’autres touristes avec qui l’on passait la soirée. On écoutait de la musique, papotait, échangeait … bref une « véritable petit famille ».

Vers 23 heures, je mangeais avec eux le repas préparé par leur sœur. Puis dodo, soit dans mon lit bien confortable, soit avec eux sur le tapis par terre dans le hall d’entrée. Seul point négatif, le réveil à 6h du mat…

J’ai vraiment trouvé dans cette Guest house, une « famille de cœur ». Ils sont tous si adorables.

Même Prakask et Om parlent de moi en tant que membre de leur famille. Ils m’amènent partout : mariage, soirée… Il n’existe entre nous aucune réelle différence culturelle.

Om par exemple, est très cultivé. Il a fait des études, parle couramment l’anglais, l’hindi, le bengale, ainsi que plusieurs langues locales. Il a participé à l’enregistrement d’un documentaire vidéo sur Varanasi, à l’écriture de 3 livres coréens sur l’Inde et à la traduction de différents documents.

Quant à Jeeja, Bhola, Pounema Annan et Shiva, je les aime tous vraiment beaucoup. Ils sont vraiment exceptionnels.

Voilà le résumé de mes journées bien remplies.


Les autres jours :


 Un après-midi, Bhola, Om et moi sommes partis à Sarnath.

Sarnath est un grand centre de pèlerinage bouddhiste. C’est en effet ici que Bouddha aurait fait son premier sermon à cinq disciples après avoir atteint l’illumination.

C’était vraiment sympa, ça changeait un peu de Varanasi.


 J’ai également profité de mon long séjour sur Varanasi pour travailler bénévolement au dispensaire de Sœur Thérésa.

Je m’occupais d’adultes handicapés, changeais les draps, leurs habits, les faisais manger…

Tout ça pouvait aller même si ce n’était pas simple tous les jours … mais un beau matin, la Mère Supérieure me confia une nouvelle mission : laver les habits et les draps des malades dans le Gange. J’ai commencé à rire jaune car il était hors de question que je mette un doigt ou un orteil dans l’eau pourri du Gange…Toutefois, je n’ai pas eu le choix. Comme je ne voulais pas passer pour une occidentale dont la vie n’est que luxe, j’ai remonté mon pantalon et ai commencé à laver le linge dans le Gange. Ce n’était pas facile car je n’avais pas de gants et les draps et les habits étaient vraiment sales (excréments, urine …).

Je crois que c’est la pire chose que j’ai pu faire durant mon séjour au dispensaire, et pourtant …

A vrai dire, j’ai toujours fait très attention en allant faire du bateau de ne pas rentrer en contact avec l’eau et là, je me retrouvais les deux pieds et les deux mains complètement immergés dans le Gange. Je ne faisais pas la maligne, il me tardait qu’une seule chose, c’était de rentrer à la Guest House pour me laver car je me sentais vraiment sale et j’avais peur des infections car ma blessure au pied c’était ré-ouverte.

Personne sur Varanasi n’est au courant de mon expérience avec le Gange. Je ne m’en suis pas vantée tellement je me sentais sale…

Bien sûr, j’ai déjà barbotée en France dans des points d’eau pas toujours très propre, mais là, j’étais en Inde, dans Ganga…

Avec du recul, j’ai été stupide de réagir ainsi car il ne m’est rien arrivé … et j’ai même aperçu quelques jours plus tard des japonais qui y faisaient leurs ablutions. Je pense que tout ça, c’est de la psychose. Le Gange est certes très très sale, mais ce n’est pas la fin du monde si l’on a le malheur de le toucher…



 Un autre des moments forts de mon séjour sur Varanasi fut l’arrivée de Zaara dans la Guest House. Il s’agit d’une petite chienne qu’Om est allé chercher dans un élevage pour me faire une surprise quelques jours avant mon départ.

Il me demanda de choisir son nom en souvenir de mon séjour sur Varanasi. Zaara, sans aucune hésitation … car c’est le titre du film que l’on a tous été voir au cinéma et le CD que l’on écoutait à longueur de journée dans la Guest House.

Cette petite chienne est vraiment adorable. Elle passe ses journées à embetter Jeeja qui doit nettoyer le sol toutes les cinq minutes tandis que la nuit, elle s’endort sereinement dans les bras de Prakash ou d’Annan. Une vraie petite princesse. Elle va beaucoup me manquer une fois de retour en France…


 Enfin, vers la fin de mon séjour, un évènement atroce frappa Varanasi L’explosion d’une bombe (ou bombonne de gaz) tuant une vingtaine de personnes sur Dasaswamedh Ghat.

Ce jour là, une bonne étoile veillait sur moi car je me trouvais sur les lieux à peine 30 minutes avant l’explosion. En effet, vers 14h50, j’ai quitté mon ami Ram qui m’apprenait un peu l’hindi et me suis arrêtée comme tous les jours au chai shop pour boire mon thé. Je n’y suis restée que 5 minutes, juste le temps de dire bonjour à mes potes indiens, et je suis rentrée à la Guest House.

Là-bas, à peine arrivée, un ami de Shiva et Om appella pour savoir si Delphine et Romane étaient rentrées car un terrible accident venait de se passer sur les ghâts près du chai shop. L’horreur !!! Delphine et moi avons été trop chanceuses. Moi, qui suis partie 30 minutes avant l’explosion, mais surtout Delphine qui est partie 20 minutes après moi. Elle a vraiment eu de la veine car elle passait habituellement toutes ses après-midi assise sur la chaise à discuter et boire son chai ; mais ce jour-là, Romane s’étant mise à pleurer, elle a décidé de rentrer plus tôt . Heureusement ! Mais dans le malheur, 7 personnes sont mortes sur le coup dont 4 amis de Shiva, Om et Delphine. J’avais énormément sympathisé avec l’un d’entre eux et on avait même pris des photos ensemble. Ca me fait drôle aujourd’hui de regarder ces photos. Pauvre gars !!!

J’ai vraiment une bonne étoile qui veille sur moi ….

Sur les Ghâts, tout le monde est affolé. Je n’y suis pas allée, mais l’on m’a rapporté qu’il y avait de la chair et du sang de partout, des personnes décapitées, des blessés que l’on transportait en hâte par rickshaw à l’hôpital. Bref, l’horreur !!!

Au départ, tout le monde croyait à un simple accident, l’explosion d’une bombonne de gaz. Mais le lendemain, lorsque les experts sont venus sur les lieux, il s’est avéré qu’il s’agissait en fait d’un attentat contre les hindous (source à vérifier …) et que la bombe aurait dû exploser à 18h30 lors de la Puja qui réunit quotidiennement 300 à 400 personnes.

Le lendemain, toutes les boutiques étaient fermées en réaction à cet évènement. La tension était au maximum. Ram, me conseilla de ne pas trop m’aventurer dans les rues car un accident est vite arrivé…

La tension était telle que quelques jours plus tard, ce sont les flics eux-mêmes qui se tiraient dessus entre eux pour X raisons.

Comme dirait Obélix : « Ils sont fous ces Indiens … »


17.09.2005

Varanasi : 1er mars 2005

Mardi 1er mars

J-2 avant mon départ pour la France.

La pression commence à monter et je me sens de plus en plus triste à l’idée de quitter ce merveilleux pays dans lequel j’ai rencontré des gens formidables et vécu d’incroyables aventures.

C’est assez difficile d’imaginer que tout s’arrête là, ce soir, lorsque je prendrai mon train pour Delhi.

Je passe ma journée à faire mes bagages, le cœur serré. Les adieux vont être horribles, je n’ose pas y penser … Heureusement que Bhola et Om ont proposé de m’accompagner sur Delhi.

Vers 17h30 après avoir dit au revoir à tout le monde sauf Prakash et Zaara qui ne sont pas là, on s’en va en vitesse à la gare.

Dans le rickshaw, mes nerfs commencent à lâcher et je me mets à pleurer. Je suis tellement triste, je ne veux pas partir …

A la gare, vu que je suis en larmes et accompagnée par deux indiens, les policiers nous ont à l’œil et nous suivent de très près à chacun de nos déplacements sur le quai.

En me comportant ainsi et en étant complètement déprimée, je n’ai pas réalisé le risque que je faisais courir à Om et Bhola.

Je m’apercevrai de mon erreur que plus tard dans le train…

En effet, après un petit « accrochage » sur le quai de la gare car j’étais à bout de nerfs d’être complètement ignorée depuis 1 heure et demi, je suis montée dans mon wagon pensant qu’Om et Bhola iraient dans le leur (nous n’avions pas réussi à avoir des places à côté).

Mais 1 heure plus tard, ne les voyant toujours pas venir, je décidai de traverser les 6 wagons qui nous séparaient pour voir ce qu’ils faisaient et m’excuser de mon comportement. Malheureusement, arrivée là-bas, je m’aperçois que suite à ma réaction sur le quai, ils ne sont pas montés dans le train. Je commence à m’effondrer, le ciel me tombe sur la tête, qu’est ce que j’ai fait mon Dieu, qu’est ce que j’ai fait comme connerie !!!

Je décide spontanément de descendre du train à la prochaine gare et de retourner sur Varanasi pour m’excuser car il est hors de question que je rentre en France sans leur avoir dit au revoir et surtout pardon.

2 heures plus tard, me voilà donc sur le quai de la gare à Allahmabad.

On est le 1er mars, il est 22 heures et mon avion part de Delhi le 3 mars à 7 heures du matin… Je me rends au guichet pour me renseigner sur les trains et acheter un billet retour pour Varanasi.

Là-bas, une queue immense me précède, ce n’est pas gagné…mais un indien me fait comprendre que je peux doubler tout le monde car je suis une fille. Je n’ose pas trop car les gens me dévisagent mais il insiste et je gagne ainsi une cinquantaine de places. C’est bien la première fois qu’être une Femme en Inde est un avantage…

Bref, j’ai mon ticket en poche. Il est 22h30 et mon train n’arrive qu’à minuit et demi. Je vais donc sur le quai et j’attends sagement mon train assise sur un banc. Je suis complètement déboussolée et je m’en veux énormément. Je ne réalise que maintenant l’ampleur de mes paroles. Je les ai vraiment déçu et j’espère vraiment qu’ils me pardonneront … Mais eux aussi, ils auraient pu m’expliquer que s’ils m’ont complètement ignoré c’était à cause de la police. Je ne suis pas indienne et leur culture m’échappe très souvent car la vie là-bas est très différente de la notre… Je ne suis pas habituée à vivre cachée, à faire attention à tous mes faits et gestes, mais je peux vous dire que ça m’apprendra… Désormais, j’essaierai de penser aux conséquences avant de parler.

Je suis de plus en plus mal et mon train n’arrive toujours pas. Je fais la connaissance d’un Indien, qui me voyant complètement désespérée, me prend sous son « aile ». Il est 2 heures du mat, mon train arrive enfin.

Le problème, c’est que j’ai un ticket sans réservation, ce qui veut dire que je vais devoir passer mes 3 prochaines heures, qui au final auront duré 5h30, dans un wagon avec les « 3ème classes », c'est-à-dire avec la population locale, très « locale » pour ce coup.

Je rentre dans le wagon avec l’indien. Il y a des gens partout : suspendus aux fenêtres, assis ou allongés dans le couloir, des chiens, des chèvres, des gamins à poil… L’indien essaie de pousser une gitane pour que je puisse au moins poser une fesse sur le banc. On doit être une vingtaine dans un petit compartiment, tous, les uns sur les autres, et moi, avec mes gros sacs…

Franchement, heureusement que j’ai fait la connaissance de cet indien qui s’est occupé de moi car je ne sais pas comment j’aurai fait seule dans cette partie du wagon, en pleine nuit… J’ai lutté contre le sommeil toute la nuit, mais je ne voulais pas m’endormir de peur qu’on me vole.

Varanasi : 2 mars 2005

Mercredi 2 mars


7h30 du mat.

Ca y est, j’arrive en gare de Varanasi. Je ressemble à un zombie, je pue, j’en peux plus… Je ne sais pas comment je vais faire pour être demain matin à l’aéroport de Delhi, mais je verrai plus tard…

Vers 8 heures, j’arrive à la Guest house. Om n’est pas là et Bhola est en train de dormir avec Prakash dans le temple de la Guest House. Je m’allonge avec eux 1 heure car je suis épuisée.

Puis à 9 heures, je décide d’aller à l’agence pour essayer de changer mon billet d’avion. Je ne vous raconte pas la tête du mec quand il a vu que j’étais encore sur Varanasi. Il me dit : Mais Candy, qu’est ce que tu fais là ??? Je lui réponds que j’ai eu un petit problème de dernières minutes et que je dois absolument changer mon billet pour la France. Il me dit qu’il va s’occuper de ça et qu’il viendra vers midi à la Guest House.

Entre temps, je retrouve Om et Bhola auprès desquels je m’excuse. Ils m’avouent qu’ils n’ont pas du tout compris ce qu’il m’est passé par la tête, que je les ai beaucoup déçu sur le coup mais qu’ils sont supers heureux de me revoir…

Vers 13h30, le mec de l’agence vient me dire que la seule date valable pour repartir en France est le 17 mars. Je suis super contente car je vais pouvoir passer 15 jours supplémentaires ici. Mais au moment de faire les papiers, il s’aperçoit que mon billet n’est valable que 3 mois et que je ne peux pas l’échanger même en payant une pénalité. Grosse panique… Seule possibilité… prendre un vol interne à destination de Delhi. Encore faudrait-il qu’il reste de la place ? Ouf, c’est bon… Mais mon vol part à 15h30 et l’aéroport se trouve à 1 heure de route. On part en courant à la Guest House, juste le temps de reprendre mes sacs, de dire un dernier au revoir à tout le monde et Om, Bhola et moi partons en courant attraper un taxi.

A peine arrivés à l’aéroport, la police me presse pour faire le check-in et me force à rentrer dans la salle d’embarquement.

Je suis là, devant Om et Bhola que je ne peux pas prendre dans mes bras pour leur dire au revoir. C’est vraiment très très dur. Je craque une nouvelle fois et malgré les interdictions, je les serre très fort dans mes bras avant de rentrer dans la salle d’embarquement complètement effondrée.

Dans 1 heure je serai à Delhi et dans 24 heures en France.

Je n’ai rien vu venir. Mes 90 jours en Inde se sont écoulés à une vitesse …

J’ai l’impression que c’était hier que je débarquai à Delhi, de ma France natale.


Varanasi : 3 mars 2005

Jeudi 3 mars

17H30, mon avion atterrit à Toulouse.

Ca y est, je suis de retour en France après 3 mois de pur bonheur. C’est avec plaisir que je retrouve ma famille qui est heureuse de me voir saine et sauve après l’explosion et le tsunami.

Toutefois, le lendemain matin au réveil, un sentiment étrange m’envahit : Ai-je rêvé, est ce la réalité ?

Je saute sur mon appareil photo numérique pour visualiser mes clichés qui me font prendre conscience de la réalité. Non ce n’était pas un rêve, oui j’étais bel et bien en Inde.

candy la rajasthanaise

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France : 3 mois après

Aujourd’hui, pratiquement 3 mois plus tard, je ne me suis toujours pas remise de ce voyage qui a chamboulé toute ma vie et ma personne.

J’ai tant reçu de l’Inde, que je ne pourrai jamais oublié. Dans ce monde de misère, je me suis retrouvée face à moi-même et, à travers la dureté de ce que j’ai vécu, j’ai pu relativiser sur ce que je vivais en France.

Je ne passe plus une seule journée sans ressasser tout ce que j’ai pu vivre.

J’ai laissé tant de choses et surtout de personnes là-bas que j’en souffre quotidiennement.

Au départ, « on croit que l’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui nous fait ou nous défait ».

«Impressions contradictoires, sentiments opposés cohabitant et remuant les émotions, c’est ça l’Inde. Une foule qui se presse, une vache qui urine, un homme qui se penche et boit à cette fontaine sacrée puis repart comme si de rien n’était dans l’indifférence générale. L’INDE c’est cela, de l’imprévu au coin des rues, des flashes qui font crépiter l’inconscient. Nous sommes égarés dans cette culture où le langage, les cadres référentiels habituels sont totalement étrangés »Régis Airault in Fous de l’Inde : délires d’occidentaux et sentiment océanique.

Aller une fois en Inde, c’est s’exposer à y retourner. Pour quoi faire ? S’éprouver ? Retrouver une sensation oubliée ou une partie de soi ?

Dans tous les cas, on revient en Inde parce que l’on s’y sent bien, comme s’il y avait là-bas quelque chose, une intensité particulière, qui redonne des couleurs à la vie.

Après tout ceci, si vous me posez la question : Candy, pourquoi es tu partie en Inde ? Je vous répondrai que je crois que l’on va en Inde en grande partie pour savoir pourquoi on y va !!!!

Mais une chose est sûre, c’est que J’Y RETOURNERAI... (Prochain départ le 23 octobre 2005)




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Salut à Tous

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore,
Je m'appelle Candy,
J'ai 26 ans.


J'espère vraiment que vous aurez aimé mon blog et que je vous aurai transmis ma passion pour l'Inde.

A très bientôt ....

Candy

16.09.2005

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